‹ Les cavaliers athéniensChapitre 62 sur 86 · I. ■— Les hipparques · texte numérisé non relu

I. ■— Les hipparques

Dans Athènes, comme dans presque tous les Etats grecs, à l'exception de Sparte, les divisions militaires correspondaient aux divisions civiles. L'Attique, depuis Glisthène, est divisée en dix tribus; ces dix tribus, nous l'avons dit (1), servent de base à la formation et à la division de l'armée. Le corps des hoplites est formé de dix régiments , cpi>).ai ou xàistç , composés chacun des hommes de la même tribu et commandés par un taxiarque. Pour la cavalerie aussi , chacune des dix tribus fournit un escadron ((fuXri) de cent hommes, qui était commandé par un phylarque ; le commandement général était entre les mains de deux officiers supérieurs , les hipparques.

Gomme les stratèges et les taxiarques , les hipparques et les phylarques sont élus par le peuple à mains levées : « N'élisiez-vous pas à mains levées, » dit Démosthène (2), « en les choisissant parmi vous, dix taxiarques, dix stratèges, dix phylarques, deux hipparques ? » Ce témoignage est confirmé par un grand nombre d'autres textes (3).

(1) Voir plus haut, p. 355.

(2) Philipp., 1 , 26 : « OOx sxsipoToveÏTe S' s$ 0(xwv aOrtov Séxa taltàpxou; xai axpaTriyoù? xai ©uXàpyou; , xai iTruàpyouç ôuo. »

(3) PoUux, VIII, 94 : « "iTiuapyoi ôè 6uo ê^ àTrdcvxwv 'Aôrivaicav alpeOévTeç ÈTtijxe- Xoùvrai Twv TroXéfJiwv • ol Ôè çùXapyoi 6éxa, dç àizo çuXi^ç é>cà(7TYiç, t65v Ittttéwv TrpotaxavTat xaGocTiep ol xa^iapyoi twv ÔTcXtxtov. » Cf. aussi VIII, 85 et suiv. Harpocr., "luTTapxoç ; Photios, "luTcapxot . — l^ys., XVI, 8 : « SxpaxyiyoOç xai luTiàpyouç x£xeipoxov?i[jL£vouç. » Dém., c. Mid., 171, 173. Hyper., pro Lycophr., XIV. Xén., Mém., III, 3, 1 : « Kai iTtTrapxeïv Se xivi ■^pYi[X£vw. » Aristoph., Aves, 799. Cf. encore [Xcn.] , Rép. des Ath. , 1,3; Xén., Banquet, I, 4; Eschine, c. Clés., 13; Aristote, Polit., III, ï, 9 (1277 h, 9 et suiv.). L'élection des hip-

On sait que dans Athènes les fonctions publiques, les magistratures , ce qui était proprement les àp/^ai , comme dit Eschine (1) , étaient données ou bien par la voie du sort ou bien par l'élection. Les charges obtenues })ar l'élection étaient les moins nombreuses, mais les plus importantes; à partir du cinquième siècle, elles furent recherchées par tous ceux qui désiraient jouer un rôle dans l'Etat. De ces charges, la plus élevée, celle qui donnait le plus de pouvoir réel , était la charge de stratège. Ces magistrats n'avaient pas seulement en main toutes les affaires militaires, ils dirigeaient aussi toute la politique étrangère. Dans la hiérarchie des honneurs, l'hipparque vient immédiatement après le stratège : quand on veut désigner les premiers emplois de la république , on cite les stratèges et les hipparques ; ces deux noms sont très souvent associés. « Le peuple, » dit Lysias(2), « les a comblés des plus grands honneurs : il a fait d'eux des hipparques , des stratèges, des ambassadeurs. » Dans un autre discours, le même orateur, voulant montrer que le peuple n'est pas en réalité si hostile aux cavaliers qui ont servi sous les Trente, donne pour preuve que quelques-uns de ces cavaliers sont devenus membres du Conseil , que d'autres même ont été élus stratèges et hipparques (3).

En temps de guerre , l'hipparque était sous les ordres du stratège : c'est, par exemple, Phocion , stratège, qui donne l'ordre qu'on envoie en Eubée ceux des cavaliers qu'on a laissés dans Athènes (4). Il semble, au contraire, qu'en temps de paix l'hipparque avait une situation plus indépendante : dans toutes les affaires qui sont de son ressort, il agit de lui-même ; il semble n'être subordonné qu'à une seule autorité, celle du Conseil, qui, comme nous l'avons vu , a un droit de haute surveillance sur la cavalerie. Un des actes les plus importants de l'hipparque était le recrutement de son corps (5). Chaque année, en entrant en charge, cet of&cier constitue à nouveau sa cavalerie ; il n'a le plus souvent

parques avait lieu à la même époque que celle des stratèges ; sur cette date, cf. Hauvette-Besnault , Les Strat. ath.^ p. 29.

(1) C. Ctés., 13 : a 'Apxàç ôè çyiaouatv èxetvaç eTvai, &ç ol 6eatJLo6éTai àTcoxXyipoûcriv èv Tw Qr\<jd(û , xàxeîva; &; ô ô^jjloç et(o6e yeiçoxo'^eXv èv àpxaipeaiatç aTpaxriYoùç xaî iTtTcàpxouç xaî tàç {xerà toutwv àpxà;. »

(2) XXVI, 20 : « ToiyàpToi àvxl toutwv aÙToOç ô 6^[aoç xaiç (JieYtffTaiç xijxai; rexCfXYixev , iTtuap/eiv xai (7TpaTy)Y£iv xal upeaêeueiv. »

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