C. LA., II
(4) C. i. A., II, 469, 1. 83 ; 595, 1. 17 ; 593.
(5) Pro Lyc, XV : « Tfxeï; cb; toioùtov ôvxa {xe àTreaxéXXexe èxetae Trapaxa- TaTi6£[ji,evoi Suo TîoXetç tûv ufxeTépcov aOTÔv. »
(6) Voir deux inscriptions relatives à ces épimélètes dans le Bull, de corr. hell., IX (1885), p. 49 et 54. Nous avons vu (p. 141 , n. 3) que, dans une inscription (C. /. A., II, 274), il était question d'un épimélète et d'un hipparque; n'est-ce pas plutôt à l'envoi de magistrats civils et militaires dans une colonie que se rapporterait ce passage ?
(7) VIII, 94 : « *E7rt{xeXoOvTai tûv TcoXé^xwv. »
(8) Voir notre travail : Quomodo Graeci ac peculiariter Alhenienses foedera puhlica iureiurando sanxerint, le dernier chapitre et la conclusion.
avons dit que , dans la hiérarchie des charges militaires qui sont données par l'élection, l'hipparque vient immédiatement après le stratège ; on voit cependant combien il lui est inférieur. Le champ d'action de l'hipparque, le domaine dans lequel s'exerce son autorité est très restreint ; il reste enfermé dans ce qui concerne exclusivement la cavalerie ; le stratège est non seulement le supérieur hiérarchique de l'hipparque, mais les attributions dont il jouit sont des plus étendues ; il dirige deux des grands services publics, la guerre , y compris l'armée de terre et l'armée de mer, et les affaires étrangères ; il est véritablement le premier magistrat de l'Etat. Ce qui relevait l'hipparque, c'est que, même en temps de paix, il avait un service très actif et très en vue ; il commandait une troupe composée des jeunes gens les plus distingués de la cité (1). Il n'y a presque pas de fête sans défilé de cavaliers ; ils font partie de la tto^xtcti, ils en sont l'ornement le plus brillant; une bonne part du prestige qui environne le corps entier, revient naturellement à celui qui le commande ; quel plaisir de caracoler à la tête de cette brillante jeunesse, d'attirer sur soi seul les regards de la foule ! Xénophon voit que la plupart de ceux qui veulent devenir hipparques ne pensent qu'à ces fêtes et à ces parades , qu'ils n'ont d'autre désir que de briller aux processions à la tête de leurs escadrons ; il les blâme , il leur montre que leurs fonctions sont sérieuses , qu'ils peuvent rendre de grands services à la patrie et à ses dieux (2). D'autres fois, au contraire, il essaie de tirer parti même de ce désir de briller , qu'il blâme ailleurs si vivement; c'est ainsi qu'il conseille à l'hipparque de former pour lui-même une sorte de garde du corps , une turma praetoria ; il pense que cela excitera les phylarques à se bien équiper pour pïiraître à la tête de leur escadron (3). Assurément le rôle de l'hipparque est moins élevé, moins important que le rôle du stratège ; il avait cependant un éclat, un prestige qui faisait de cette charge une fonction très enviée (4).
Les charges de stratège et d'hipparque sont des charges aristocratiques. L'auteur de la République des Athéniens dit que le peuple ne recherche pas ces deux charges : il comprend qu'il doit les
(1) Dinarque, III, 12 : « "iTrTcapxiQxà); àvSpûv xaXûv xàYaôwv. »
(2) nepî lîTTrixyjç , XI , 10 : Memor., III, 3, 1 ; Hipparch., tout le chap. III.
(3) Hipparch., I, 25. Je suis l'explication de Weiske, cf. F. Rûhl, Bemerkungen, p. 403.
(4) Dans certaines cités, l'hipparque est un personnage qui a un rôle encore plus important, en Thessalie par exemple. A Cyzique, il est le magistrat cponyme, C. /. G., 3658, et la note de Bœckh.
laisser aux mains des premiers citoyens ; il ne recherche, lui, que les charges lucratives (1). On trouve cependant dans la liste des stratèges athéniens les noms de personnages qui ont été notoirement pauvres comme Lamachos et Phocion ; il est certain, d'ailleurs , comme le dit l'autour de la République^ que les stratèges sont souvent des citoyens des premières classes, qu'ils soient tièdes'pour la démocratie, comme Nicias, ou franchement hostiles, comme Phocion. Il y avait des familles dans lesquelles cette charge était héréditaire ; elles appartenaient à l'aristocratie , par exemple la famille d'Andocide (2), celle de Gallias (3). Il en était certainement de même de la charge d'hipparque ; elle était donnée surtout à des citoyens des premières classes ; Dieitréphès, d'après Aristophane (4), parti de très bas, était arrivé à être phylarque, puis hipparque, enfin stratège; le témoignage d'Aristophane mérite- t-il d'être accepté? En tout cas, nous voyons, parmi les rares hipparques que nous connaissions , des personnages très influents et très riches comme Midias, comme Démétrius de Phalère et, plus tard, le petit-fils de ce dernier.
Dieitréphès n'est pas le seul Athénien qui ait été tour à tour hipparque et stratège; Philoclès, qui fut général à la bataille de Chéronée, avait été, au moment où Dinarque l'attaqua, trois ou quatre fois hipparque et plus de dix fois stratège (5) ; Démétrius de Phalère, avant d'être nommé thesmothète par An-
(1) I, 3 : « ... OÛTS Tûv axpaxYiYiwv oïovxai (T<picrt XP^''»' [xersivai oûte xtov Itzizctg- Xtûv • Y'V^w^yïtei yàp à ôïjiioç ÔTt TiXeio) w^eXeÏTai èv tcS [xtP) aOxàç àpxeiv xauxaç xàç àp/à;, àXX' èâv xoOç ôuvaxwxàxouç dcp^eiv ' ÔTïoaai ô' elatv àp^al [xioOofpoptaç èxouaai xaî tbçeXeCa; elç xàv oTxov, xauxaç Çy]X£Ï ô ô^fxoç àp^eiv. » Les hipparques recevaient-ils une solde? Evidemment, ils étaient ici dans la même situation que les stratèges ; la question de savoir si les stratèges touchaient une solde est encore obscure; M. Hauvette-Besnault croit que les charges de stratège, d'hipparque, de taxiarque et de phylarque étaient gratuites {Strat. ath.^ p. 139); nous restons indécis; le passage d'Aristophane {Acharn., 593 et suiv.) ne tranche pas la question ; nous avons peine à comprendre comment Lamachos et Phocion , qui étaient pauvres , ont pu être longtemps stratèges sans toucher de solde ; surtout Phocion, qui a été stratège pendant quarante-cinq ans.
(2) De Myst. ,146.
(3) Xén.. HelL, VI, 3, 4.
(4) Cf. Aristoph., Aves, 798 et 1442 ; Cratinos, frag. 233 de Koch ; Thuc, VII, 29 ; Paus., 1 , 23, 3 ; M. A. Kirchhoflf ne croit pas que ce Dieitréphès soit le même qui avait, sur l'acropole, une statue dont on a trouvé la dédicace, C. /. 4., 402; Loewy, Inschriften, n° 46.
(5) Disc. c. Phil., 12 : « "Oç, w 'Aôrivaïoi, xplç (xèv ii xexpàxtç iTCTiapxïixà)? àvôpûv xaXwv xàYaôûv, TrXeovàxiç ô' ^ Sexàxiç crxpaxyiYàç O9' 0(xc6v xexetpoxovY){i.évoç oùx àÇioç &v. » Sur ce passage, voir A. Dumont, EphébiCf p. 169 et suiv. ; Gilbert, Handb., p. 297, n. 2. *
tigone , avait été stratège et hipparque ; il paraît avoir été lai aussi passionné pour la cavalerie ; il remporta la victoire à la course des chars, apijiaTi, aux grandes Panathénées, aux jeux Déliens, aux jeux Herméiens (1). Les Athéniens lui élevèrent trois cent soixante statues ; sur la plupart de ces monuments il était représenté soit à cheval, soit sur un quadrige, soit sur la (juvwpiç (2). Son petit-fils fut aussi hipparque ; il avait pour maîtresse une Corinthienne nommée Anaxagora, qu'il aimait beaucoup. Cité devant l'aréopage et sommé de suivre un meilleur genre de vie , il répondit qu'il vivait en homme libre , qu'il ne nuisait à personne : il vaut mieux, ajouta-t-il, avoir une maîtresse que d'être adultère comme tel ou tel aréopagite dont il cita les noms. Antigène fut si content de cette conduite qu'il nomma Démétrios nomothète. Pendant qu'il était hipparque, il fit élever, sur l'agora pour la fête des Panathénées , une sorte de tribune très haute, pour que sa chère Anaxagora pût bien voir défiler la procession (3).
Nous aurions encore un exemple d'un hipparque ayant été aussi stratège dans Pamphilos, cet officier mentionné à propos de l'acte d'indiscipline commis par le jeune Alcibiade ; Pamphilos , dans cette circonstance, semble bien être un hipparque (4). C'est probablement le même personnage qui va, en 388, bloquer Egine en qualité de stratège (5) ; peut-être est-ce encore lui qui est attaqué par Aristophane dans la comédie du Plutus (6).
Un des discours d'Hypéride découverts dans ce siècle est con-
(1) Rangabé, Ant. hell.^ 1079 (texte complet dans Loewy, Inschriften no 104) :
'Aôrivaiwv ol TexaYfxévoi vnb toù Syjijlou év 'EXsucivi xat IlavàxTw xal sui ^uXîq , tôv OTpaTYiYÔv AïiixT^xpiov <l>avo(yTpàTOU <ï>a>y]péa <7Tecpav60(7avT£ç Ayi[JLriTpi v.od Kopet àveÔYixav 'AOyivatcûv 'Aôr)vat'ov 'AOrjvafœv i] pou>:^
ol T£TaY[xé ol Texayfxe ol rsiay ô ôrjfxoç
voi 'EXeuaïvi vot £(x Ha (jlévoi tTCjrapxvi
vàxTfo ÈTTt 4>u)>eT cavTa.
ScùffiOeoç 'AÔTjvaïoç èTTOiriae navaOrî 'EXeuaC Ar\kia, *Ep(i.aïa
vaia rà [xe^à viot &p[jLaTi âptxaTi
la écpfxaxt
(2) Diog.-Laer., V, 5, 1 : « Kat eîxovmv yi^iwOyi ^a^^^wv é^iqxovxa upôç xatç xpiaxoataiç, (ov al uXei'ou; è<p' i'ttuwv ■^^av xai àp[j.àxwv xal auvcoptStov. »
(3) Athénée, IV, 64 = 167 e; cf. p. 150.
(4) Lys., XV, 5, avec la note de Frohberger.
(5) Xén., Hell., V, l, 2.
sacré à la défense de l'hipparque Lycophron , accusé d'avoir outragé une Athénienne, sœur de l'athlète Dioxippos. Pour repousser cette accusation, Lycophron fait le tableau de sa vie passée (1) ; il a plus de cinquante ans; lorsqu'on a vécu d'une manière irréprochable jusqu'à cet âge, est-il admissible que l'on devienne tout d'un coup criminel , surtout que l'on commette l'espèce de délit qui lui est imputé? « Je n'ai jamais été l'objet d'une pour- » suite et je n'ai jamais, moi, poursuivi personne. J'ai passé toute » ma vie à élever des chevaux, mettant à ce soin tout mon zèle , » faisant même bien plus que ne me permettait ma fortune; j'ai » été couronné pour mon honnêteté par tous les cavaliers et par » mes collègues dans le commandement. Car vous , ô juges , vous » m'avez élu d'abord phylarque , puis hipparque à Lemnos, et » j'ai commandé dans cette île deux ans de suite , ce qu'aucun » hipparque n'avait fait avant moi ; je suis même resté une troi- » sième année pour empêcher qu'on ne réclamât à vos conci- » toyens de cette île, qui étaient alors dans la gêne, la solde des » cavaliers. Pendant tout ce temps je n'ai été l'objet d'aucune » accusation ni publique ni privée; j'ai , au contraire , reçu trois » couronnes du peuple qui est à Héphaistia, j'en ai reçu d'autres » du peuple qui est à Myrrhine; ce sont là des preuves qui doi- » vent montrer la fausseté des accusations dirigées contre moi ; » car il n'est pas possible qu'il ait été un scélérat dans Athènes, » celui que vous avez connu honnête homme à Lemnos ; il n*est » pas possible que vous, vous ayez confié à ce scélérat deux villes » habitées par vos propres concitoyens. »
L'affaire était très grave pour Lycophron ; l'accusation était soutenue par Ariston et par l'orateur Lycurgue ; ce dernier prononça deux discours dans cette affaire et l'on disait que Démosthène avait transcrit dans son discours contre Midias quelquesuns des passages des Tîiç uêpewç Xoyot de Lycurgue (2).
L'hipparque que nous connaissons le mieux c'est l'ennemi de Démosthène , Midias. Disons-le tout d'abord , le témoignage de Démosthène ne doit être accepté qu'avec la plus grande réserve ; le grand orateur dépeint un ennemi qui depuis longtemps n'a cessé de lui nuire, qui s'est ingénié à lui susciter des embarras, qui, enfin, en plein théâtre, l'a mortellement outragé. Dans aucun discours de Démosthène on ne trouve de si violentes explosions de haine et de rage , un souvenir si vif de l'insultQ et un
(1) Ed. F. Blass, XII et suiv.
(2) Blass, édit. d'Hypéride, préface, p. xlii.
tel désir de la venger. L'éloquence judiciaire dans l'antiquité était encore moins scrupuleuse que l'éloquence moderne sur le choix des moyens ; tous lui étaient bons s'ils pouvaient blesser l'adversaire. Dans ce discours contre Midias, nous prenons aujourd'hui Démosthène en flagrant délit de mensonge; il affirme que Midias n'a pas été triérarque avant l'institution des symmories triérarchiques (1) ; il résulte au contraire, d'un document tout récemment découvert (2), que Midias fit, au moins une fois, les frais d'une triérarchie à lui seul', quand les triérarchies collectives n'avaient pas encore été établies. L'orateur va jusqu'à dire que Midias, en détruisant les couronnes que lui, Démosthène, faisait fabriquer pour les Dionysies, a commis un attentat plus criminel que cette mutilation des Hermès qui, en 415, donnait une secousse des plus violentes à l'Etat tout entier (3). Le témoignage de l'orateur contre son adversaire est donc tout d'abord suspect ; nous ne devons pas plus croire Démosthène attaquant Midias que Gratines ou Aristophane attaquant Périclès ou Gléon. Ces réserves faites, voyons de quelle façon Midias, d'abord cavalier, a ensuite exercé ses fonctions d'hipparque.
Gomme cavalier, Midias a pris part à l'expédition contre Argoura en Eubée (4) ; il a déployé dans cette circonstance un faste si ridicule que tous ses camarades se sont moqués de lui ; l'affaire même a fait assez de bruit pour que les hoplites qui se trouvaient sur un autre point de l'Eubée en aient été informés ; Démosthène servait dans ce corps d'hoplites. Midias furieux attaqua à son retour tout le corps des cavaliers ; il prétendit que cette expédition avait été une honte pour la ville, il insulta même Gratines qui était alors hipparque ou stratège. Gependant Démosthène est obligé d'avouer que ce même Gratines pourra, dans le procès, venir prêter son appui à Midias. La conduite de Midias comme hipparque a été encore plus ridicule et plus coupable. Le service dans la cavalerie était réputé bien moins dangereux à la guerre que le service dans l'infanterie; nous avons déjà vu des hoplites, au moment, d'une campagne, essayer de se glisser, contre la loi, dans les rangs des cavaliers. Midias, lui, a trouvé que ce service était encore trop dangereux; il se vante d'être de ceux qui dépensent leur fortune pour l'Etat ; il parle sans cesse de ses
(1) Cf. 155.
(2) C. LA., II, 794, col. I, 1. 30 et suiv.
(3) Cf. 147.
(4) Sur Midias, cavalier et hipparque, voir 132 et suiv., 158, 161, 166, 173.
liturgies ; si l'on prend les faits , ces libéralités se réduisent au don d'une galère; et ce don, il ne l'a fait que pour ne pas prendre part à la campagne , pour se dérober, lui chef de la cavalerie, au service militaire. Ce n'est pas pour être utile à la patrie qu'il a été triérarque, il n'a voulu que s'exonérer du service (1). Quoi d'étonnant d'ailleurs qu'un tel hipparque refuse de conduire ses cavaliers à l'ennemi? il n'est pas en état de les conduire dans les processions ; il ne sait ni monter à cheval, ni conduire la ttoixtxt] à travers l'aYopà ; bien plus, lui hipparque, lui un des deux chefs de la cavalerie athénienne , il n'a pas de cheval; et , quand il est de service, il se fait prêter le cheval d'un de ses amis. Il est vrai qu'il a un attelage blanc qu'il a fait venir de Sicyone ; c'est avec cet attelage qu'il conduit sa femme à Eleusis, pour les grands mystères; car il sait dépenser l'argent , il aime le faste et le luxe , il n'est économe que lorsqu'il s'agit de venir en aide à l'Etat. Il a enfin ruiné la cavalerie par des règlements qu'aujourd'hui il renie et dont il essaie de rejeter la responsabilité sur d'autres.
Il ne faut pas oublier que le personnage dont Démosthène fait ainsi la charge a exercé des emplois importants ; il a été trésorier (xafAïaç) de la galère Paralos^ une des trois galères sacrées, épimélète des mystères, hiéropoios, préposé à l'achat des victimes et bien autre chose encore. Nous aurons l'occasion (2) d'étudier en détail le personnage ; nous essaierons de montrer quels sont, dans le portrait qu'a peint Démosthène de cet hipparque , les traits qui appartiennent à la physionomie générale du cavalier athénien. Ici nous n'avons voulu parler que de l'hipparque ; mais , franchement, pouvons-nous juger d'après ce que dit Démosthène de quelle manière Midias a exercé son commandement sur les cavaliers?
De Midias, tel du moins que le peint Démosthène, on peut rapprocher un autre hipparque, celui-ci véritablement odieux et dont le nom est entouré d'une renommée tragique : c'est Lysimaque, un des deux chefs de la cavalerie sous les Trente. C'est lui qui dirige l'affaire d'Eleusis , un des actes les plus sauvages de l'oligarchie (3).
Les bons hipparques n'ont pas cependant manqué aux Athéniens , et Xénophon a pu connaître un des plus braves , Géphiso-
(1) Voir livre III,"chap. m.
(2) Voir livre IV, ch.fliii.
(3) Voir livre IV.rch. ii, 3.
doros (1); il commandait la cavalerie dans l'armée qu'Athènes envoya au secours de Sparte , lors de la seconde invasion d'Epaminondas ; Gryllos (2), le fils de Xénophon, était dans les rangs de la cavalerie sous les ordres de Céphisodoros , et tous les deux furent tués sur le champ de bataille de Mantinée ; Xénophon rend un éclatant hommage à la bonne conduite de la cavalerie athénienne dans cette campagne (3).
Voilà les hipparques sur les actions, sur la vie desquels nous pouvons fournir quelques renseignements; les autres ne sont pour nous que des noms. Ce sont d'abord les trois hipparques mentionnés sur les catalogues des Théséia : Nicogène, fils de Nicon , Ophôlas fils d'Habron , Pheidyllos fils d'Hiéron (4) ; nous connaissons enfin un hipparque envoyé à Salamine (5), et un autre à Lemnos (6) ; celui-ci est indiqué comme étant hipparque à Lemnos pour la deuxième fois. Il n'est pas sûr, nous l'avons vu, que Gratinos, d'abord l'ennemi puis le défenseur de Midias , soit un hipparque.
Peut-être faut-il voir un hipparque dans Simon ô ît^ttcxoç, le précurseur de Xénophon, le premier Athénien qui ait écrit sur la cavalerie (7). Aristophane donne le nom de Simon à l'un des deux chefs de son chœur des cavaliers dans la comédie des ^lizTzriç (8) et très probablement il faut, avec le scoliaste, voir dans ces deux chefs du chœur les deux hipparques. Ce Simon ô kTïtxoç était un personnage riche, puisqu'il fit élever auprès de l'Eleusinion un cheval en airain; il avait dû aussi jouer un rôle politique ou militaire, puisqu'il avait fait représenter quelques-unes de ses actions au bas du monument (9); le sculpteur qui avait exécuté cette œuvre était lAthénien Démétrios dont la période d'activité peut se placer (10) entre 460 et 420 ; la date conviendrait très bien. Il
(1) Diog.-Laër., Xén., 10, d'après Ephore. Paus., VIII, 9, 10. Photios et Suidas, V. Kï]<pia68opo(;.
(2) Diog.-[jaër. , loc. cit.; Paus., loc. cit. Une sorte de légende se forma sur Gryllos ; c'est lui qui aurait tué Eparainondas (Paus., IX, 15, 5). On lui avait élevé une statue équestre dans le temple de Mantinée (Paus., VIII, 9, 5) ; Isocrate aurait écrit son éloge, Diog.-Laër., Xén., 55. ^
(3) Hell, VII, 5, 15 et suiv.
(4) C. i. A., II, 445, 1. 15 et 17 ; 446, 1. 55. Voir p. 274, 275, 280.
(5) Ci. Â., II, 593.