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Les phy largues

La République, jugeant qu'il serait difficile à l'hipparque de suffire seul à sa tâche , lui adjoignit comme collaborateurs les phylarques (1) ; ces officiers étaient au nombre de dix, pris un par tribu (2).

Si l'hipparque a la direction générale de la cavalerie , ce sont les phylarques qui sont chargés des détails de l'administration. Ils ont dans chaque tribu, pour la cavalerie, les pouvoirs qu'avaient les taxiarques pour l'infanterie ; ils assistent l'hipparque dans l'opération du recrutement ; ils dressent le catalogue de leur tribu ; ils ont un rôle actif dans les levées (3). C'est aux taxiarques qu'Aristophane reproche de commettre des illégalités (4), d'inscrire les uns sur le catalogue des levées et d'oublier à dessein les autres ; nous voyons aussi un phylarque laisser Alcibiade le jeune se ranger illégalement dans la cavalerie (5). C'est à ces officiers que le peuple confie le soin de rechercher quels sont les cavaliers qui ont servi sous les Trente ; ils doivent dresser une liste et la remettre aux auvStxot , qui réclameront à ces cavaliers cette indemnité particulière appelée xaxadTaatç (6).

Un des soins les plus importants des phylarques était l'instruction des cavaliers. Le poète comique Mnésimaque les représente sur l'Agora, près des Hermès, exerçant leurs hommes à monter à cheval (7). Xônophon recommande à l'hipparque de savoir se faire de bons collaborateurs des phylarques (8). Ils doivent veiller à la bonne tenue et h l'instruction de leurs hommes.

(1) Xén., Hipparch., 1,8: « 'Euet ôè xai ^ iiôliç lalzTzb-^ Y]YiQ<î'a[xévYi Tauxa Tràvxa tov Ï7iuapx,ov [jlovov ôvxa xaxepyàCeaGac irpocaipeuai (jlsv aùxw (Tuvepyoù; çu- Xdcpxou;. »

(2) Voir, à la page 374, n" 3, le passage de Pollux , VIII, 94). Cf. Bekker. Anecd,, I, 313. 32; Harpocr., v. çuXapxoç; dans les inscriptions C. 1. A., II, 444, 445, les phylarques appartiennent à la trîbu qu'ils commandent.

(3) Lys., XIII, 79 ; XV, 5 ; dans XVI, 13, Orthoboulos doit être considéré comme un phylarque. Voir p. 396.

(4) Pax, 1172 et suiv.

(5) Lys., XV, 5.

(6) Voir plus loin, p. 335 et suiv.

(7) Voir p. 400, n. l.

(8) Hipparch., I, 8 : « 'AyaOov (jloi Soxeî eTvai toùç \lïv çuXàpxouç Ttapaorxeuàîieiv auveTCtOupLeïv doi xûv xaXûv xtp l7C7Xix(p. »

Nous avons'vu qu'ils interviennent avec les hipparques pour faire payer aux cavaliers 'la solde qui leur est due (l); en revanche, la loi leur donne le pouvoir de forcer les cavaliers à avoir l'équipement réglementaire (2). D'après Xénophon , l'hipparque doit savoir lancer le javelot, il doit aussi forcer les phylarques à se livrer le plus souvent possible à cet exercice (3) ; ce sera là un excellent moyen pour entraîner les cavaliers et les rendre habiles , à leur tour, dans l'exercice du javelot. Il veut que l'hipparque ordonne à chaque phylarque de conduire lui-même au tir les hommes de son escadron qui voudront se former au jet du javelot; il pense que l'amour-propre des phylarques sera ainsi piqué , qu'ils se feront un honneur de conduire à cet exercice le plus d'hommes possible (4). C'est encore à la cpiXorijAia , à l'amour-propre du phylarque que l'hipparque doit s'adresser pour qu'ils aient des escadrons bien équipés (5). Il arrivait, en effet, très souvent que le phylarque ne s'occupait que de sa propre parure; il n'avait d'autre souci que d'avoir un beau cheval , que d'être brillamment équipé pour parader à la tête de son escadron (6). Xénophon veut qu'il s'occupe aussi de ses hommes : il lui rappelle que la plus belle parure d'un commandant de cavalerie, c'est la belle tenue de ses cavaliers ; un article du règlement de la cavalerie faisait un devoir au phylarque de s'occuper de ce soin.

Les cavaliers, dans la vie mondaine, sont une sorte de jeunesse dorée; ils sont, nous le verrons, les élégants d'Athènes : les chefs de cette brillante troupe devaient , plus que tous les autres, avoir ce caractère; c'est en effet ainsi qu'ils nous sont très souvent représentés (7).

Nous avons vu quel rôle les phylarques avaient dans les jeux publics (8) ; c'est après le quatrième siècle que la cavalerie est admise à concourir : on institue pour elle, dans l'àywv ÎTTTraoç, deux sortes de concours : un pour les simples cavaliers, ex tîov ÎTTTréwv ; un pour les phylarques , Ix twv cpuXapx wv. Ces courses des

(1) Voir plus haut, p. 3Sl.

(2) Hipparch., I, 22 et 23; sur ce dernier paragraphe, voir p. 341.

(3) Htpparc/i. , I, 25.

(4) ibid., I, 21.

{b)lMd., I, 25.

(6) Ibid., 1, 22 : (( *AXXà ixt^v xat toO xaXwç ye ôuXiaôrivai toùç ÎTtTceaç ol (pO)ap- XOt àv {xoi ôoxoOai {xeytaTov CTuXXa|xêàv£tv, el TreidôeTev ôti ttoXO èatt upôç t^ç ttoXewç eùôoÇorepov x^ t>5; çuXrjç Xa(X7rpÔTïiTi xexo(T(xî5cr6ai 9i (xovov x^ lauTtSv axoX^. »

(7) Voir liv. IV, ch. m et iv.

(8) Voir plus haut, ch. VI et VII passim et p. 280.

cavaliers et des phylarques sont presque toujours à cheval monté; aux phylarques seuls il est attribué des courses Iv o7c>voiç.

Nous avons déjà parlé et de quelques-uns des phylarques qui sont devenus hipparques (1), et des phylarques dont le nom se trouve sur les catalogues des Théséia et des Panathénées (2). Rap^ pelons seulement ici le nom de deux autres phylarques : l'un est Antiphane, probablement de la tribu Acamantis (3); il a été tué en 394 à la bataille de Gorinthe ; l'autre se nomme Orthoboulos ; nous trouvons, dans le discours de Lysias pour Mantithée (4) , un personnage du nomd'Orthoboulos, remplissant les fonctions d'officier de cavalerie. Quand Mantithée demande à servir comme hoplite, c'est à cet Orthoboulos qu'il s'adresse pour que son nom soit effacé du rôle des cavaliers. Dans un traité d'Athènes avec Byzance, il y a, parmi les ambassadeurs, un Orthoboulos du dème des Gérameis (5). Le Mantithée de Lysias est très probablement de la même famille que le Mantithée pour lequel Démosthènes a écrit deux discours (6), et qui est du dème de Thoricios, dème de la tribu Acamantis ; le dème des Gérameis, auquel appartient Orthoboulos , est de la même tribu : on peut donc supposer que ce personnage est le phylarque de la tribu à laquelle appartient le Mantithée de Lysias.

Xénophon (7) mentionne, après les phylarques, des décadarques ; ils seraient nommés par les hipparques avec l'assentiment des phylarques. On a conclu (8) de ce passage qu'il y avait dans la cavalerie athénienne des sous-ofïiciers appelés SexàSapx^ot. L'existence de ces sous-officiers n'est indiquée par aucun autre texte. Le passage de Xénophon a-t-il le sens qu'on lui attribue ? Nous ne le pensons pas : il n'est question, dans ce chapitre, que de réformes proposées par Xénophon pour rendre les manœuvres de la cavalerie plus rapides, plus efficaces dans les combats, comme, dans le chapitre suivant, il proposera des réformes pour que les manœuvres soient plus brillantes dans les fêtes. Dans le passage qui nous occupe, Xénophon a surtout en vue l'organi-

(t) Voir p. 388 et suiv.

(2) Voir p. 280.

(3) Voir notre discussion sur ce point, p. 416.

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