‹ Les cavaliers athéniensChapitre 68 sur 86 · DE PAIX · texte numérisé non relu

DE PAIX

En plusieurs circonstances, nous trouvons les cavaliers formant un petit corps délibérant ; ils décernent des éloges , des statues ; ils consacrent des monuments aux dieux. Il ne faudrait pas tirer de ces faits la conclusion que les cavaliers sont ainsi une troupe militaire permanente ; les hoplites agissent de la même façon que les cavaliers ; le taxiarque Boularchos , par exemple , est honoré d'un éloge et d'une couronne d'or par les hommes de sa tribu à cause de la bienveillance qu'il a témoignée aux hommes qui servent sous ses ordres (1 ). Dans Athènes, toute réunion, toute société, les membres d'un dème , d'un thiase, les acteurs, etc., se constituent en corps délibérant; cela se fait on peut dire naturellement; il discutent , ils prennent des résolutions à la majorité des voix ; tous ces petits groupes se constituent et se gouvernent comme autant de petites républiques.

Une inscription (2) de l'an 299/8 nous montre les cavaliers votant un éloge et une couronne d'or aux trésoriers de la déesse , sous l'archonte Hégé machos. Ces trésoriers ont rendu divers ser-

(1) C. /. A., II, 562 ; voir aussi un éloge voté à tous les taxiarques, Bull, de corr. hellén., VIII (1884), p. 327.

(2) C. /. A., II, 612 : « ...iiùv 'AvTtcrOevou Tei6pà(Tto; eTuev • èîcetÔT^ ol Tajxiai tûv Tîîç ÔeoO ol èiri 'Uye^dypv àpxovro; (01. 120, I, 300/299) èTcejAeXTQOriaav {jieTà tûv lir- Tîdcpxwv 6'n:(t)(i àv ol luTctiç tov xe (TÏtov xofJiia-tovTat uapà toû ôt^jjlou tôv ô<pei>>6(xevov aÛToïç xal xàXXa Ttàvra 6iaT£>oO(Tiv TrpaTTOvxeç rà auvçépovxa çiXotCjwoç ÛTcèp tûv ÎTCTcéwv, Tuxsi àyaôet ôeSo^ôai toïç tuueOcnv eTcaivécrai toùç xa[jitaç tûv t^; 0eoO toù; inl 'Hyeixàxou àpxovxoç xal axecpavàiaai aOtoù; XP^^*Ï* axeçàvw àpex^ç ëvexa v.cd çiXoTt|xiaç ^q èyovzec; ôtaTéXoucriv eïç xe xoùç ÎTrueiç xal xàv ô^[xov xàv 'Aôirivaiwv , àvaypàvj/ai 8è x65s xo ^'^Q'ptcrjxa xat xàv crxeçavov xai xà ôv6[xaxa xc5v xajJLiwv ev «txtqXt;) Xiôtvei xal ax^aai èv àxpoTtoXei, x6 ôè àvàX(û[xa xà elç xyjv (txtqXyiv xai xtjv àvaypaçt^v a XI àv YéviQxat ôoùvai xoù; iTruàpxouç. »

vices aux cavaliers; en particulier, ils ont, de concert avec les hipparques, donné leurs soins à faire payer aux cavaliers la solde qui leur était due par le peuple ; il est dit dans l'inscription que la résolution votée par le corps des cavaliers, rb ^(fia^oL, sera gravée sur une stèle de marbre , on y inscrira aussi les noms des trésoriers, et cette stèle sera déposée sur l'Acropole ; il est spécifié que les hipparques fourniront l'argent nécessaire à l'achat de la pierre et de la gravure. Peut-on supposer que les hipparques fourniront l'argent de leurs propres fonds ? Gela n'est pas probable ; les cavaliers auraient donc eu une caisse qui aurait été administrée par les hipparques?

Parfois , c'était l'hipparque qui recevait une couronne , comme un témoignage honorifique, de la part de ceux qu'il commandait. L'hipparque Lycophron, dans la défense qu'Hypéride a composée pour lui , rappelle qu'il a été couronné par tous les cavaliers et par ses collègues dans le commandement (1). Nous possédons l'inscription du monument que les Athéniens en garnison à Eleusis, à Panactos et à Phylé ont consacré en l'honneur de Démétrius de Phalère , d'abord hipparque et puis stratège (2).

Dans la courte étude que nous avons consacrée à quelques-unes des familles des vainqueurs aux jeux équestres qui sont indiquées sur les catalogues agonistiques des Théséia et des Panathénées , nous avons vu que la famille Echédémos-Arkétos se distinguait par ses nombreuses victoires ; un des membres de cette famille avait reçu un témoignage honorifique de la part des cavaliers (3).

D'autres fois, ce n'est pas le corps des cavaliers tout entier, c'est un seul escadron qui a élevé le monument :

Malheureusement , le reste de l'inscription a disparu (4).

Quand un événement heureux leur arrive, les cavaliers, comme le feraient d'ailleurs tous les Athéniens, en pareille circonstance, s'empressent de témoigner leur reconnaissance aux dieux ; on élève généralement un petit monument. On a trouvé récemment à Salamine un monument (5) que les cavaliers en garnison dans

(1) Hyp., pro Lyc, XIII : « èatecpàvcû^xai ô'ÛTrà tê twv Imtéonv TtàvTOJV àvSpaYa6(aç ëvexa xal Ottô tûv cruvapxovTcov. » Cf. p. 384 et 390.

(2) Rangabé, Ant. hell., 1079; nous avons donné le texte p. 389.

(3) Voir le texte p. 277.

(4) Mitth. d. d. Ârch. Inst., VI, p. 319.

Page 1