CI. A., II
cette île avaient consacré à la déesse Salamis, probablement après le combat de cavalerie, dans lequel les Athéniens vainquirent Pleistarchos , frère de Gassandre (1) :
01 tTTTreïç T^ 2aXa{j,tvt àveôecrav
i7r7rapj(oç ©eoyevyiç 0£O[ji,eSouç 'EXsuaivioç
Suivent les noms sur deux colonnes ; un peu plus bas , entre les deux colonnes , on lit : « '0 Sîifxoç ©soysvyiv 'EXsuaivtov. » Le peuple avait donc décerné une couronne à l'hipparque.
De cette inscription athénienne, on peut rapprocher deux inscriptions de Béotie ; dans l'une (2) , les cavaliers d'Orchomène qui ont fait partie du contingent envoyé en Asie à Alexandre , consacrent, à leur retour, un monument à Zeus Soter; dans l'autre , les cavaliers de Lébadée , vainqueurs aux exercices de cavalerie exécutés à la fête des Pamboiotia, consacrent un monument à Trophonios (3).
Après une campagne , on avait soin de faire graver sur une stèle les noms de tous ceux qui avaient été tués. Nous possédons plusieurs monuments de ce genre ; le plus important est le marbre de Nointel, monument élevé par la tribu Erechthéis à ceux de ses membres qui ont été tués à Gypre , en Egypte, en Phénicie , à Alia , à Egine et à Mégare. La liste des morts est sur trois colonnes ; cette liste commence ainsi sur les deux premières colonnes :
ffTpanr)Yô5v OdtvuXXoç
O . . . . )^oç 5^ . . vtoç
Bœckh , avait lu : «JTpaTYiYwv OavuXXo; cp[uXap]xoç x-.vioç
(1) Paus. , I, 15, 1 : « "ETiecnt 6à ol TpoTuatov 'A0r]vaîa)v i7r7ro[xax^qt xpaxYiffàvTwv riXeCarap^ov, ôç t^ç Ïttttou KaaaàvSpou xçxl tou Çevixoû t^Jv àpxi^v àSeXçèç wv èueté- TpauTo. » Plut., Démet., 31, 32.
(2) Bull, de corr. helL, III, p. 453. Larfeld, Sylloge insc. Boeot., n» 11 :
Toi iTCTTeïeç To]i èv xàv 'Âaïav aT[paT£uaà[xevoi BaaiXeïo;] 'AXe^àvôpw (jTpaTaytovTOç [t(x> Sïvoç 0e]oS(ript(o FiXapxtovToç , Ait S(OT£(t)pi àv[£6iav. Suit la liste des noms.
(3) C. l. G. , 1588 ; cf. p. 199 , n. 2. Larfeld , op. cit. , no 66 , a reproduit ce texte avec quelques changements :
Toi iTTuoTri Aeêaôennwv àvéôiav Tpeçwvfoi vixàaavTeç ÎTrTuaaiï] HafAgoitoTta, lUTcapxiovToç , suit le nom de l'hipparque et de deux hilarques.
Cette restitution n'est plus acceptée aujourd'hui ; on ne croit pas que le mot <jx^oLxr\yS>^ se rapporte au nom qui est à côté sur la seconde colonne, mais au nom qui est au-dessous dans la première ; on restitue donc (TTpaTïiycov (ï)[puvc]x^oç. 11 faut donc renoncer à voir la mention d'un phylarque sur ce texte (I).
Ce n'étaient pas seulement les tribus qui faisaient graver sur une stèle commémorative la liste de leurs morts : les corps comme les cavaliers rendaient le môme honneur à ceux de leurs membres qui avaient été tués. Nous possédons l'inscription des cavaliers tués dans la guerre de Gorinthe en 394. Cette inscription (2) a été trouvée au Céramique, là où était le monument public dans lequel on ensevelissait tous ceux qui avaient été tués pour la patrie (3) ; un phylarque, cette fois , est bien au nombre des morts :
Ofôe ÎTCTrsYiç aTTsôavov sv Kopivôw •
cpuXap;(oç 'AvTicpavv)ç ,
MeX7)(7iaç, 'Ovy)TopiSYiç, Auffiôsoç, IlavStoç, Nixo{jt.a-;(Oç ,
©eàyyeXoç, Oav7)ç, Ayi[ji.oxX£ir]ç , Ae^iXecaç , *'EvS7)Xoç.
'Ev KopwvEioc •
NeoxXstSviç.
Pour un de ces cavaliers , Déxilée , il y avait une stèle particulière (4) élevée probablement par les parents ou par les amis ; cette stèle , outre l'inscription , porte un beau bas-relief représentant un cavalier levant l'épée contre un ennemi renversé :
AeitXetoç Auaavtou ©opixtoç • eyeveTO lui TetaàvSpou àp)(ovToç • aTOÔavE Itt' EuêouXiôou iy KopivÔw Tcov TrsvTS lUTcecav.
Parmi les nombreuses inscriptions funéraires que nous possédons de l'x^ttique, celle-ci est la seule qui porte une date; Dexiléos est né sous l'archontat de Tisandros en 414; il est mort sous l'archontat d'Euboulidès en 394; il avait vingt ans; c'est probablement cette circonstance qu'on a voulu indiquer en donnant la date de la naissance et de la mort. Nous ne savons pas à quoi se
(1) Pour cette inscription, cf. C. 1. G., 165, et C. I. A., I, 433.
(2) Kuinanudis, 'Euiypaçai èTciTuixê toi, n" 13 ; Cf. L. Hicks, Manual, n» 68 ; Dittemb., Sylloge, 56.
(3) Cf. mes Notes sur l'héortologie athénienne,
(4) Kumanudis, 'Etciy- ÈTTiT.. n» 540; Hicks, Man., n» 69; Dittemb Syll, 55.
rapporte la mention, qui se trouve dans la dernière ligne , de ces cinq cavaliers à Corinthe ; il y a probablement là une allusion à un événement de cette guerre : peut-être cinq cavaliers athéniens s'étaient-ils distingués par un acte particulier de bravoure. Il faut obsei-ver que, dans cette inscription, les lignes 3 et 4, donnant les noms des cavaliers , contiennent chacune cinq noms ; avonsnous , dans la ligne 3 , les noms des éy Kopivôo) tôSv ttsvts ÎTTTrewv ?
Nous avons déjà parlé de la première de ces deux inscriptions (l), nous avons exprimé des doutes sur l'explication généralement acceptée, d'après laquelle le monument aurait été élevé par tous les cavaliers athéniens ; nous croyons que la stèle a été consacrée seulement par les cavaliers d'une seule tribu. Il est extraordinaire que, dans ce texte, le nom de la tribu ne soit indiqué ni pour les onze cavaliers tués à Corinthe, ni pour le cavalier tué à Goronée. Dans les catalogues funéraires que nous possédons, le nom de la tribu est toujours indiqué , et de deux façons différentes : quand la stèle est consacrée par une seule tribu , le nom de cette tribu est gravé en tête , souvent en gros caractères , qui tiennent toute la largeur de la stèle (2) ; quand la stèle est une consécration de toutes les tribus , le nom de chacune d'elles se trouve gravé dans les colonnes avant les noms des morts qui lui appartiennent (3). C'est ce dernier procédé que nous trouverions employé sur l'inscription des cavaliers de Corinthe , si cette inscription était une consécration de plusieurs tribus. Peut-être aussi le démotique se trouverait-il indiqué à côté du nom de chaque personnage , comme cela se présente sur des monuments non funéraires , par exemple sur le monument élevé par les cavaliers à la déesse Salamis (4). Il n'y a rien de pareil sur l'inscription de Corinthe ; le nom de la tribu manque sur la stèle et, pour les personnages , ni le démotique ni le patronymique ne sont indiqués. Nous croyons que cette inscription doit être rapprochée de l'inscription des morts de la tribu Erechthéis (5) ; le procédé est le même ; on peut alors supposer ou bien que le nom de la tribu était indiqué sur une partie de la stèle qui manque aujourd'hui, ou bien que la stèle faisait partie d'un monument consacré par la tribu Acamantis. Si l'explication que nous proposons est vraie ,
(1) Voir p. 129.
(2) Voir surtout la célèbre inscription des morts de la tribu Erechthéis, C. /. i., I, 433.
(3) C. I. A., I, 440, 443, 445, 446, 447, etc.