‹ Les cavaliers athéniensChapitre 72 sur 86 · C. L A., II · texte numérisé non relu

C. L A., II

(4) Col. I, 1.67.

(5) Tactique, XVIII (éd. Hercher-Eberard , p. 119). Suidas, èçinTcwvôvo- (laxa.

pour la tarentinarchie. Le phylarque, à la belle époque, quand la cavalerie avait ses effectifs complets , commandait un escadron de cent hommes ; le tarentinarque , dit Arrien, a sous son autorité une troupe de deux cent cinquante-six cavaliers. Dans Athènes, au deuxième siècle , au contraire , nous trouvons , au lieu d'un phylarque, deux tarentinarques : les nouveaux officiers auraient donc commandé une troupe inférieure de la moitié à celle que commandaient les phylarques ? Malheureusement , le renseignement est trop isolé pour que nous puissions en tirer autre chose que des probabilités. Pourquoi, à propos du prix d'eûavSpia, est-ce l'hipparque qui est nommé à côté de la tribu Léontis , à qui a été décernée la victoire? Pourquoi, sur l'inscription 448, ne trouvons-nous plus qu'un seul nom d'officier (1) pour chacun des deux concours d'eûavSpia et d'eûoTrXia de la cavalerie ? Toutes ces raisons commandent la plus grande réserve.

Les inscriptions des Théséia nous montrent donc, au milieu du deuxième siècle, les phylarques remplacés par les tarentinarques dans le commandement de la tribu de cavalerie. Une seule inscription est explicite, et encore, dans ce texte, n'y a-t-il sur cette question qu'un unique passage. Cependant , un fait est significatif, c'est que le nom des phylarques ne se trouve pas une seule fois dans cette inscription : on peut donc en conclure que les tarentinarques ont été substitués aux phylarques comme commandants de l'escadron ; ces tarentinarques sont naturellement des citoyens athéniens ; ils ne font pas , du moins sous l'archonte Phaidrias, de concours comme en faisaient les phylarques. Ce qui est surtout obscur pour nous, c'est la question de savoir de quelle force était la troupe placée sous le commandement du tarentinarque ; dans l'inscription 446 , nous trouvons deux tarentinarques là où auparavant il n'y avait qu'un phylarque. L'hipparque est encore un officier supérieur. Un seul hipparque est mentionné pour la victoire de la tribu Léontis au concours d'gûavSpia des cavaliers (col. 1,1. 53). Ce qui encore a de l'importance c'est que, sur les inscriptions 447 et 448 , les Tarentins sont mentionnés là où auparavant nous trouvions le nom des cavaliers.

On constate chez les divers peuples grecs, au moins à partir du troisième siècle , une tendance plus marquée à comprendre des corps d'élite dans leur organisation militaire , ou plutôt peut-être à donner à divers corps le titre de troupes d'élite. Dans Athènes,

(l) Pour TeOavSpta, l'officier est du dème de Mélite (1. 21) ; pour l'eCiouXia, l'officier est du dème d'Eitéa (1. 24).

pour l'infanterie , nous trouvons, à l'époque macédonienne , les ÈTTiXexTot; à l'époque impériale, nous aurons les TrapeuxaxToi (1). Evidemment, on ne pouvait refuser à la cavalerie l'honneur de posséder un corps d'élite : on créa donc le corps des Tarentins. Primitivement, les Tarentins n'ont été qu'une partie du corps des cavaliers ; c'était une cavalerie légère , et c'est probablement à ce titre qu'on leur fait faire une lampadodromie. En a-t-il été autrement plus tard ? La cavalerie athénienne n'a-t-elle été un jour composée que de Tarentins? La chose ne semble pas probable (2).

Les Tarentins avaient une façon particulière de combattre que nous trouvons décrite plusieurs fois dans les ouvrages de tactique. Voici ce que dit Arrien (3) : « On peut appeler tirailleurs ceux » qui n'en viennent pas aux mains, mais qui lancent des traits » de loin, et, parmi ceux-ci, les uns dans le tir se servent de ja- » velots, les autres d'arcs ; et ceux qui lancent- des javelots sont » appelés Tarentins, les autres archers à cheval ; et même, parmi » ces Tarentins, les uns se contentent de lancer les traits en se » tenant arrêtés à distance ou bien en tournoyant sur le front des » lignes, et ceux-là sont proprement les Tarentins; les autres lan- » cent d'abord leurs traits , ensuite ils en viennent aux mains » avec les ennemis , soit avec la seule pique qu'ils ont conservée » de toutes celles qu'ils avaient, soit aussi en se servant de la » longue épée ( (juàÔY) ) : et ceux-ci sont appelés les cavaliers » légers. »

Il y aurait donc deux sortes de Tarentins : les uns ne font que lancer des traits ; les autres , après avoir lancé leurs traits , en viennent aux mains avec l'infanterie. Cette explication d' Arrien se trouve aussi dans Suidas (4) et dans d'autres auteurs (5). Nous trouvons cependant que les Tarentins de Philopémen, d'après Tite-Live (6), menaient avec eux deux chevaux ; l'on rapproche (7)

(1) C. I. A., III, 107 et peut-être 109. Cf. Notes sur l'Héortologie athénienne.

(2) Il est quelquefois difficile de distinguer les cavaliers dits Tarentins des habitants de la ville de Tarente. L'inscription suivante (Lebas, Attique, 248 ; Rangabé, Ant. helL, 1158 : « OlTapavxTvoi ànb tc5v TïoXefxttov àvsôeaav ») concernerait, d'après Rangabé, les habitants de Tarente; elle serait de l'époque de Pyrrhus ; cela est-il bien certain ?

(3) Tactique, IV, 5 et suiv.

(4) Voir tTCTrixy).

(5) Voir plus loin le passage du lexicographe du manuscrit 347 Coislin.

(6) XXXV, 28 , 8 : « Dein Cretensis auxiliares et quos Tarentinos vocabant équités, binos secum trahentis equos. »

(7) Cf. surtout Weissenborn, Tite-Live, loc. cit., PoUux (I, 131) appelle àfxtTc- 7101 les àçiTTiroi. Voir ce que nous avons dit des àiiiTcuoi p. 410.

alors ce que dit Suidas des ofcptTciroi : ils ont deux chevaux attachés ensemble et sans couverture (sans selle) ; ils sautent de l'un sur l'autre chaque fois que c'est nécessaire (t). Il est assez difficile de comprendre les Tarentins dans les acptTTTrot : la tactique des uns est complètement différente de la tactique des autres. Y a-t-il sur ce passage une erreur de Tite-Live? A-t-il confondu les Tarentins avec d'autres cavaliers ? ou bien la méthode à laquelle la ville de Tarente donna son nom a-t-elle d'abord consisté simplement en des exercices de parade, en des tours d'agilité ou d'adresse ? On connaît les ludi tarentini des Romains aux jeux séculaires : là est peutêtre l'explication de l'erreur de Tite-Live. Arrien , Suidas, le lexicographe du Coislinianus 346 croient que les Tarentins font véritablement partie delà cavalerie ; ils considèrent au contraire les a^tTCTToi comme n'étant pas proprement cavaliers ; ils distinguent clairement les deux tactiques : nous croyons que c'est leur explication qui doit être acceptée. Nous reproduisons, à la page suivante, le tableau qui est donné par le lexicographe du Coislinianus (2) des diverses divisions que comprenait la cavalerie :

(1) Suidas, V. îirTrixio • ToO 6è iTCTCtxou to [xèv àuXtoç outw xaXeîxai ItitcsT; xac tTTTTixov, xà 6è àçtTTiroi • xai àfiiiizoï {xèv ol ènl Suoïv àaTpwTOiv auvSeôejxévotv ôxou- (xevoi • ol xat [xeTaTCYiôwatv aTi' à>Xou in:' àllov ôxav y) y^çda. Y.ak^. »

(2) Montfaucon, Biblioth. CoisL, p. 502 : « Codex CCCXLVII, membranaceus, antiquissimus, IX vel X sseculi... Varia lexica conlinet. » P. 505 : « Hinc sequitar fol. 168, opusculum brève de Tacticis, in quibusdam consonans cum iEliani et Arriani Tacticis. SéS diverso prorsus ordine, acnon pauca proferens, quae a neutro illorum illata sunt. » Le tableau que nous reproduisons est à la p. 508.

Toîi 8k XUpiWÇ ÎTtTTtXOU

To (X£V £(7Tt

xaTdcfppaxTOV, 0 xai Touç i'tt- Tcouç xal TOÙÇ I7t- Tiéaç Tcecppay- (xevouç 7rap£)(eTai.

oî [XEV Soparocpopot rj xovTOcpopot Y] ^uarocpopot.

xaXouvxat yàp To'tç Tptalv ôvo{j,a(Tiv. o^rot §e statv 01 aTuo twv feTTWv xal Tïkfiaiov

ToTç 7toX£|J(,lOtÇ So-

pacrt {jt,a)(0[jL£VOt.

TOUTWV Se

01 [xÈv xai 6u-

peoùç £^OVT£Ç

6up£0'^o'po[ xaXouvtat.

01 Se aTrXwç ôopaxocpo'pot

TO ôè àxardcippaxTOV

01 Se axpoêoXiaxai , oTov

01 TCo'ppwÔEV PaXXoVTEÇ.

01 [jt.£v Sopariotç j^pôovTat, ot xa- Xouvxat Tapavxïvot.

oî Se xo^otç ot XEyovxai

ÎTTITOXO^OXat.

o\ [X£V {/.OVOV

àxovxi^ouatv, SIC §£ x.s'tpaç

XOTç TToXEJXlOtÇ

oùx içiyovTOLi xal

xaXoîivxat iTiTraxovxiffxai xal iS^wç TapavxTvot.

01 Se x^ [JI.EV TrpwTa IXa^ppotç àxovx{otç àxovxi^ouat TToppo)-

ÔEV • ETTElXa Se

xal TrXyicta^ovxEç (TU[i,7rX£xovxat xo^tç TtoXsfxioiç Y) ffTTaôacç v*, TcsXsxEaiv àiro- . {ji,a)(0[ji,£Vot , o3ç cpaaiv IXacppouç.

Page 1