‹ Les célébrites du jour 18601861Chapitre 21 sur 63 · I.AMAUTINt · texte numérisé non relu

I.AMAUTINt

ceux qui lu soulèvent , sous les accusez d'une perturbation qu'ils signalent mais qu'ils u'out pas faite. Vous l’écartez eu sain de vos pensées, comme un nuage sur notre horizon. Elle éclatera en mie explosion terrible tùt ou tard, si la société ne la résout pas. » Les collègues de Lamartine continuaient à dire : c'est un rêveur ! Qu'attendre d'un homme qui ne se pliait au joug d'aucune coterie, qui élevait la politique à de telles hauteurs !

Quand vint la discussion des trop fameuses lois du septembre qui furent le contre-coup de l'attentat Fieschi , Lamartine lit à cette législation draconienne la plus généreuse et la plus vive opposition. La liberté de la presse trouva en lui un défenseur éloquent et convaincu ; eu la défendant contre des attaques insensées, contre des passions aveugles et irritées, il défendait sou propre berceau, il défendait une des forces vives de tout pays libre. C'est une justice à lui rendre qu’en toute circonstance, au pouvoir comme hors du pouvoir et dans les circonstances mêmes où il eut le plus à se plaindre des injustices de la presse, il fut l'inébranlable avocat de celte liberté précieuse. Dans un splendide discours il prononça ces prophétiques paroles qu'on ne saurait trop redira : « Les gouvernements libres, difficiles par la presse, sont impossibles sans elle ! 11 faut la supporter ou renoncer à la liberté. 11 faut la vaincre en la mettant dans sou tort ou la tourner pour soi. Mais la nier, mais la briser, mais l’étouffer, c'est une entreprise insensée qui retombe sur ceux qui la tentent. Cela mine en arrière et les nations ne reculent pas pour longtemps. Cela mine à Moscou ou à Prague par le chemin de la tyrannie et de l'aveuglement ou par le chemin de la révolte... Je repousse ces lois comme un humiliant désaveu que la liberté , à laquelle j'ai foi, ferait d’elle-mème ! Nous avons combattu quarante ans pour la discussion libre et nous reviendrions de quarante années eu arrière par un seul vote ! Je ne suis pas un homme de Juillet, mais je suis un homme du pays et du temps ; lu honte du pays et du temps rejaillirait sur nous ! »

Le taleut oratoire de Lamartine grandissait daus chacune de ces luttes. Sa parole pompeuse acquérait cette précision et cette netteté qui sont les qualités essentielles du l'orateur politique. Sa carrière parlcmen taire ne fut certes pas sans

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