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son orgueil, d'autres son âpreté au gain, parce qu’il se fait lui-même l'éditeur, le réviseur de ses œuvres complètes. Le grand crime eu effet!
Mais poursuivons ! , .
La révolution de 1848 éclata; il l'avait depuis longtemps prévue. Nous serions tenté, si l'exiguité de ce cadre ne s'y opposait, de rappeler jour par jour la glorieuse initiative qu’il y prit , les services immenses qu'il rendit dans ces difficiles circonstances, la popularité prodigieuse de son nom, tant il semble que tout cela ait été oublié par la génération actuelle qu'aux jours du danger il vit, pour ainsi dire, à ses pieds.
L’histoire mentionnera cette gigantesque ingratitude.
Elle dira que, pendant la plus Hévreusc tourmente qui ait jamais ébranlé les hases de l’édifice social, quelques hommes courageux prirent en nuiin la direction des affaires ; que leur premier soin fut de décréter l’abolition de la peine de mort en matière politique, de prononcer Catiolition de l'esclavage, de supprimer le plus impopulaire des impôts, celui des boissons; que, sous leur gouvernement provisoire, il ne fut porté atteinte ni â la propriété, ni h la liberté, ni à la vie d'aucun citoyen, et que ces hommes, sous l'influence d'une réaction fatale, furent proscrits, oubliés, calomniés, hais.
Elle dira que le poète illustre, le grand orateur qui avait, au prix de sa vie, lutté sur la place publique contre les factions, contre les opinions extrêmes et les utopies dangereuses , tendit un jour la main à ses compatriotes, implorant un seeours pour racheter son patrimoine, et que la grande majorité de ses compatriotes, sourde à sa prière, se détourna de lui.
Elle dira que cet homme consacra sa vie, son talent, son génie, à la défense des plus généreuses causes, des principes les plus sacrés, ut elle lui en saura d'autant plus de gré que, pour ai arriver là, pour patruuer une révolution, pour se faire l'avocat du peuple, Lamartine dut rompre avec les traditions, les préjugés, les affections de son enfance et de sa jeunesse, avec sa première foi politique, avec le culte de l'ancienne monarchie, culte dans lequel U avait été élevé. Pour franchir de tels obstacles, il faut une vigueur d'esprit, une indépendance de caractère que, pour notre part, nous admirons sincèrement.
Il a été île mode ira instant de railler ou de blâmer Lamartine à propos
LAMARTINE
Il*
de lu souscription ouverte en su faveur par ses amis. Si nous avions eu l'honneur d'être au nomhre de ceux que le pauvre grand poète consulta, nous aurions protesté contre cette funeste idée. Mais une fois l'idée acceptée, le fait accompli, nous avons imposé silence à notre sentiment et nous avons tenté tout ce qui était en notre pouvoir pour réveiller des sympathies que l'oubli et l'ingratitude avaient engourdies, et que l’illustre écrivain n'avait point cessé de mériter.
Quo Lamartine ait eu tort nu raison de laisser une souscription publique s'ouvrir en son nom; qu'il ait bien ou mal géré ses intérêts privés; qu'il ail gaspillé ou non sa fortune; lit n'est point la question. Du jour oh il en était, ou croyait en être réduit ft ce point qu’il dflt faire appel au concours de ses roncitoveus, un tel homme avait droit h ce concours; il avait droit sure tout au respect, il avait droit d’espérer que la calomnie ne travestirait pas ses intentions, qu’on ne lui attribuerait rien de lias , rien d’ignohle. Il avait pour répondant sa vie entière, son dévnûment à la chose publique, les manifestations éclatantes de son génie.
Il est riche, disaient les uns, et il mendie! Pourquoi s’est-il ruiné en prodigalités, en dépenses folles? disaient les autres. Mais qui donc a le droit de pénétrer dans sa vie, de lui demander compte du bien qu’il a répandu, des aumônes qu'il a faites, de l'existence qu'il lui a plu de mener? Lamartine a vécu surtout de son travail. Quand la tempête a éclaté, quand vous l'avez porté à l'Hôtel de Ville, quand la France l'a acclamé , quand, au milieu de vos terreurs, vous lui avez demandé l’aumône de son éloquente parole pour faire rentrer dans son lit le torrent révolutionnaire prêt à déborder, pour apaiser des passions surexcitées, vous a-t-il marchandé son temps? Vous a-t-il dit ; J'ai chez moi des travaux importants que je dois finir? A chartin ses affaires ! J’ai les miennes, faiti-s les vôtres ! Avant de répondre, a-t-il recherché comment et pourquoi, par quelle série île négligences ou de fautes, vous en étiez venu h laisser te produire une situation si dangereuse?
Non ! il était là à votre premier appel. Amis, famille, intérêts, affections sacrées, traditions du fovêr! il a tout quitté, il a renoncé à tout; il a tout donné : son temps, son intelligence, sa gloire, sa santé, son repos, sa fortune. Il ne s’est pas demandé ai ceux qui allaient avec lui manœuvrer et guider, à travers les écueils, lo vaisseau en péril étaient ses amis de la veille, s'ils seraient ceux du lendemain; si la république était ou non dans ses prévisions et dans ses aspirations politiques. Il s'est jeté sur le navire et n’a rien épargné pour le mener au port.