‹ Les célébrites du jour 18601861Chapitre 25 sur 63 · ABD-EL-KADER · texte numérisé non relu

ABD-EL-KADER

es déplorables événements ilonl la Syrie a <'■(<■ le tluVilre pendant l ('' li' 1 de celle année. 1800, oui mis en relier, plus, el surtout autrement quelle ne l'avait été jusqu ‘ici. une îles plus belles et des plus originales physionomies île ce siècle. Les sympathies 1 île l'Kurope entière, relies île toute la chrétienté eiiviruuueiit aujourd'hui le nom d’Alul-el-Kailer d 'une auréole extraordinaire. (Ju'a fait Ahd-el-Kader ? Il s'est montré humain el tolérant, il a porté secours h des chrétiens, il en a arraché le pins qu i] a pu à leurs massacreurs; il a exposé sa vie, sa popularité parmi les musulmans, pour sauver la vie d'hommes étrangers à sa foi religieuse et qu'il a néanmoins considérés comme ses frères.

Pour nous, nous n'avions pas attendu cet acte héroïque pour admirer l'ancien et redoutable adversaire de notre domination en Algérie. Depuis le jour oh le nom d'Alvd-el-Kader retentit pour la prendère fois parmi nous, nous avons suivi avec soiu, étudié avee sollic itude ee henu earaelère, et nous espérons faire passer dans l'esprit de nos lecteurs une convielion que la eonnaissanre des faits et une longue observation ont lentement formée.

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Aiin-F.i.-K.vrtER.

Sirli— El— IIn<lji— Onlil— Malulv— K<l<liu A bd-el-Kader est ni'* vers 1807, ilans les environs du Mascara, sur le territoire îles tlacbems {plaine d’Eghreis). Son père. Sidi-Mahdy-Eddin, marabout très-vénéré de la province d'Oran, appartenait il .une illustre famille. Suivant les uns, sa généalogie remontai! jusqu'au prophète ; suivant d'autres, le mnrahrmt Mahdy-Eddin descendait des Beni-Isseren. famille cpii avait fourni des sultans il TIenieen.

Quoiqu'il en soit, l'illustre lils de Maluly-Kddin n'a plus besoin de parchemins, il a lui-même fait sa noblesse et attaché A son nom une gloire impérissable.

AUl-el-Kader fut élevé, avec «es deux frères, dans la Guetna (sorte de séminaire’ de sou itère. Des traditions locales nflirmeni que, dès son enfance, des prodiges annoncèrent ses hautes destinées. Abd-el-Kader fut précocement intelligent, savant et pieux. 11 excellait dans tous les exercices du corps et excitait l'admiration des Arabes. Nul ne montait à cheval avec plus de grAce et d'audace, nul ne maniait le yatagan avec plus de dextérité, nul n’avait plus d'affabilité et de fermeté dans le caractère, plus de sagesse dans les conseils.

Abd-el-Kader fil, bien jeune encore, avec sou prie, le pèlerinage de la Mecque; il en revint avec le litre de fiatlji (pèlerin) et une réputation de sainteté qui accrut son influence parmi (outra les tribus de l’Ouest. Des récits merveilleux ont circulé sur Ira divers*incidents de ce voyage et Ira Araltra y ajoutent une foi profonde. Ainsi, h ilagdud, dans une des chapelles élevées à la mémoire de Sidi- Abd-el-Kadcr-EI-Djelali. fondateur d'une corporation religieuse qui compte de nombreux adhérents parmi Ira Arabes de la province d'Oran, un ange serait apparu & Abd-el-Kader et lui aurait annoncé, de la part du Prophète, sa haute mission.

Abd-el-Kader avait vingt-trois ans lorsque la France, pour venger une offense faite à son représentant auprès du Dey d'Alger, entreprit la conquête de l'Algérie, œuvre immense doul, après trente ans d'occupation, nous entrevoyons à peine la grandeur -et les conséquences !

Le débarquement de notre armée il Sidi-Feruch, le 14 juillet 18;t0. la prise d’Alger, le départ du Dey, furent, dans toute l'Algérie, le signal d'événements très-graves. Les tribus de l’Ouest, sous la direction de Sidi-Malnly-Kddin , chassèrent Ira Turcs de Mascara et choisirent pour roi ce marabout vénéré. Plus que

APh-F.I.-KADRH.

iir.

personne If père avait foi dans Ifs destinée* du fils ; ne l'nvail-il pas vu on songe assis sur nu trône et rendant la justice? Il résolut dp remettre A Alwl-el-Kader l'autorité suprême que les Arabes venaient de lui conférer, niais il voulut auparavant avoir un entretien avec son (Ils; il l'appela sous sa tente et lui demanda comment il entendrait l’exercire du pouvoir royal : « Si j'étais sultan, répondit le jeune homme, je voudrais gouverner mon peuple avec une main de fer et un coeur d'or, et si la loi m'ordonnait de tuer mon père, j'obéirais h la loi. »

A res mots Mahdy-Eddin prit sriu fils par la main, parut aver lui sur le seuil de la tente et le présentant à la foule : « Voilà le fils de Zohra, dit-il, voilà le sultan (pii nous est annoncé par les prophètes ! » Kl la foule enthousiaste acclama le sultan Abd-el-Kader.

Au moment de son élévation, le nouveau souverain possédait pour toute fortune un cheval magnifique et quelques pièces de monnaie nouées dans mi coin de sou katek. « Dieu me pourvoira! » dit-il. En effet, on vint de toutes parts lui offrir de riches présents; le soir même sa maison était convenablement montée et le lendemain, quand il fit son entrée à Mascara, les Moxahiles et les Juifs lui livrèrent des sommes considérables.

Aussitôt il etfvoyn, suivant l'usage, ses ambassadeurs, chargés de cadeaux somptueux, auprès de l’empereur du Maroc qui ratifia l'élection du peuple et, en sa qualité de chef de la religion, prescrivit l’obéissance la plus entière au chef de la guerre religieuse contre les infidèles.

A peine investi du pouvoir, Ahd-cl-Kadcr ne perdit pas un instant. Il organisa la lutte avec une habileté À laquelle nos généraux nul rendu justice et il la dirigea, de sa personne, avec une bravoure calme et intrépide que noire armée a plus d'une fois admirée.

De toutes parts, les hommes les plus vigoureux, les cavalière les plus hardis venaient se ranger sous ses ordres. En 1832, il attaqua la plare d'Oran avec 10,000 hommes et ce ne fut qu'a près trois jours d'une lutte, héroïque de part et d'autre, .que le général Dover put repousser l'armée arabe. Au plus fort de l'action on avait vu sur les glaris Alxl-el-Kader A cheval, excitant ses soldats de la parole el du geste, servant de point de mire aux défenseurs de la plare sans se

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