IM
formellement cuire les mains des plénipotentiaires un dépôt dont les circonstances ne lui permettent plus de se charger avee honneur, t mur luimême, et avantage pour In- Grec* vu les intérêts généraux de t Europe
Cette lettre, qu'un si sage esprit avait inspirée, attira plus vivement encore sur le prince l'attention de l'Europe.
La Belgique, en se détachant des Pays-Bas, venait de prouver qu’elle avait compris et mis il profit les leçons qu’avaient données aux peuples les gouvernements protecteurs de la Grèce.
Maîtresse d’ello-même, ayant conquis sou indépendance et sa nationalité, la Belgique voulut un roi. Spontanément, elle offrit le Irène il un des fils de Louis- Philippe, le duc de Nemours; des raisons politiques sur lesquelles nous n’avons point à revenir ici, la crainte fatale de blesser l’Angleterre engagèrent le roicitoyen à refuser cette offre. La Belgique songea alors à l’honnéte prince qui avait refusé de régner sur la Grèce parce que le vœu du peuple ue lui était pas unanimement favorable.
Une députation du Congrès national belge se rendit il Londres, auprès de Léopold, le 26 juin 1831, lui offrit la couronne, et, moins d’un mois après, le 26 juillet, le nouveau roi fit son entrée soleuuelle dans sa capitale, acclamé par toutes les classes de la population. Avant de mettre le pied sur le sol de la patrie qui l’adoptait pour son chef, Léopold avait remercié de leurs services les officiers et jusqu'aux serviteurs anglais attachés ti sa personne. Il avait eu outre renoncé à la pension de oO.OOO livres sterling qu'aux termes de son contrat de mariage l’Angleterre devait lui payer pendant tout le cours do sa vio; le souverain d'un pays libre ne pouvait être le pensionnaire de la Grande-Bretagne. Sans cette renonciation, l'Angleterre aurait aujourd’hui payé près de 60 millions de francs , sans compter les intérêts, à un prince de la famille Cobourg pour la peine qu'il voulut bien se donner d'épouser, en 1816, une belle et charmante jeune fille appartenant à la famille royale.
Le jour même de son entrée à Bruxelles , Léopold prêta le serment constitutionnel cobqu en ces termes : s Je jure d’observer la Constitution cl la loi du peuple belge , de maintenir l'indépendance nationale et l'iutégrilé du territoire.» Ce serment a été et est encore loyalement observé. S'adressant eux membres du Congrès, Léopold prononça ces paroles qui produisirent «ne profonde sensation : « Si, malgré tous les sacrifices pour conserver la paix, nous étions menacé# de guerre, je n’hésiterais pas à en appeler au courage du peuple belge, et j’espère qu’il se rallierait tout entier à son chef |kjui- la défense du pays et de l 'indépendance nationale. «
no I DBS BBU’.BS.
11 tint parole, et quand les Hollandais recommencèrent brusquement les hostilités, Léopold su souviul qu'il avait été général au service de la Hussie, et il alla se mettre il la tète de l'armée belge qui fut battue à Louvain ; mais, grâce à l'intervention de la France, lu jeune royaume fut sauvé.
L'échue de Louvain avait fait sentir au roi Léopold la uécessité de réorgauiser l’armée et surtout d'en fortifier les cadres. 11 demanda au gouvernement français un certain nombre d'officiers généraux et d’officiers supérieurs do diverses armes pour mener à bonne liu cette tâche. Les susceptibilités de l'armée belge furent bien un peu inquiètes, Famour-propro de nos chatouilleux voisins s'alarma à l'idée qu’il fallait des Fiançais pour drosser des Belges au métier des armes, mais le roi Léopold voulait atteindre lo but et il n'hésita pas sur les moyens.
Pendant cette même année , la duchesse douairière de Saxe-Cobourg- Saalfcld, mère de Léopold, mourut à l’ége de 7ü ans.
La Belgique avait un roi ; à ce roi il fallait une cour. Or, il n'y a pas de cour sans femmes. Léopold songea à se remarier. Des négociations furent entamées, et il fut décidé qu'il épouserait la princesse Louise d'Orléans, fille aînée de Louis-Philippe. Le mariage fut célébré à Compïègne , le 9 août 1832; il u’eut pas lieu à Paris parce que le roi Léopold était protestant, et que AI. de (juélen, archevêque de Paris, se fondaut sur la lettre de certains canons du l’Église qui prescrivent de ne procéder au mariage entre protestants et catholiques qu'à la porte du temple, s’était opposé à ce que la bénédiction nuptiale fût donnée aux époux dans la cathédrale du chef-lieu diocésain.
Marier un roi et la fille d'un roi sur la place publique eût été chose inconvenante. On alla donc à Compïègne. L’évêque de Meaux fut plus accessible que l’archevêque de Paris; il parait qu'il est avec les canons de l'Église des accommodements. L’évêque officia pour la princesse, et le pasteur Gcepp pour le roi. Les chambres françaises votèrent à la jeune reine une dot d'un million de francs.
Ce u 'est pas le tout que d'avoir une cour; il faut un Ordre de Chevalerie; un ordre quelconque bariolé de couleurs vives ; 11 faut qu’un roi puisse distribuer des croix et des cordons. L'ordre du Léopold fut créé ut tout
l.f.Ol'OI.l)
Tut pour le mieux dans le plus petit et le meilleur des royaumes possibles. Oui, le meilleur h coup sur, car la constitution belge qui fut promulguée en 1833, est sans contredit la plus libérale des constitutions; elle consacre tous les droits et toutes les libertés: droit d'association, droit de réunion, liberté de la presse, liberté de renseignement, séparation de la société civile et de la société religieuse, sénat électif, etc., etc.
La Belgique doit à celte constitution, à la probité du roi qui la respecte, le développement de sa prospérité et de sa richesse. Dés l'année 1834, avant même que la France ne songeât & construire ses deux petits chemins de fer de Saint-Germain et de Versailles , la Belgique construisait son réseau , cl elle devait à ces voies de communication perfectionnées un prodigieux élan commercial et industriel. la banque de Bruxelles était créée; la Société générale pour favoriser t Industrie nationale activait tous les progrès, et le roi, par sou initiative, prenait une part intelligente à toutes ces citations utiles.
En même temps, par des traités habilement négociés et heureusement conclus, le roi Léopold créait au dehors, à la Belgique, des débouchés et des appuis. Des traités de commerce fureut successivement conclus avec l'Angleterre, la France, la Porte Ottomane, l'Espagne, la Hollande elle-même, lo Zollwcrein, etc., etc. Ce fut à la suite de ces divers traités, en 1811, sous le ministère Nothomb, que des tentatives d'union douanière entre la Belgique et la France causèrent dans les deux pays de si vives émotions. Les journaux jetèrent feu et flamme, les uns approuvant, d'autres criant à la trahison; il y eut une avalanche de brochures, tous les intérêts menacés ou favorisés par le projet d’union prirent la parole pour ou contre et l'imion douanière ne fut pas réalisée.
Après cet échec , la Belgique essaya de fonder un système colonial il Guatemala, et elle ne fut pas plus heureuse.
la- roi Léopold est essentiellement visiteur et comme il exerre l’hospitalité aussi volontiers qu’il la reçoit, il en résulte que son palais est une hôtellerie princièru et que lui-même se met en route avec autant de facilité que s’il était un simple gentleman. Tous les rois, tous les grands-ducs,