‹ Les célébrites du jour 18601861Chapitre 36 sur 63 · ROI DES BELGES · texte numérisé non relu

ROI DES BELGES

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cl nos catholiques n'eurent «le repos que lorsqu'ils curent aussi celte précieuse liberté. Avec celte lilierté, eu effet, ils peuvent délier toutes les libertés; avec elle, avec leurs corporations puissantes, avec l'influence dont ils disposent, avec le concours de la chaire, du confessionnal, les cléricaux peuvent faire à l'enseignement de l'État et à renseignement laïque en général une concurrence redoutable; ils peuvent s'emparer de l’esprit des jeunes générations et dresser contre le progrès de redoutables barricades.

La regret table et folle expédition connue sous le nom de Iiisqiums-tout donna beau jeu au parti clérical belge. Il lui donna barre sur l'opposition libérale.

Cependant le roi Léopold demeura fidèle à son programme. Les réformes qu'il avait librement consenties n'étaient point des concessions in extremis , elles étaient depuis longtemps dans sa pensée, il les avait mûries et les clameurs, les hostilités, les calomnies ultramontaines ne le firent point dévier de la ligne qu'il s’était tracée.

Eu 1849, aux réformes déjà accomplies vint s'ajouter la réforme postale. L'année suivante, le roi Léopold fut de nouveau et très-cruellement frappé dans ses plus chères et ses plus intimes affections. La reine, qui avait conquis, dans sa patrie d'adoption, d'universelles sympathies, mourut à Ostcude le tt octobre 1850. Sa mort causa dans toute la Belgique, dans tous les partis, une impression de douleur profonde. Celte noble femme, dont notre grand Ary- Scheffera immortalisé les traits, fut pleurée par ce peuple qu'elle aimait, par les pauvres dont elle était le soutien et la consolation. Et ce n'est pas là une phrase de circonstance ; nous n'avons guère l'habitude de flatter les personnes royales, mais nous nous faisons ici l’écho de l’opinion générale en Belgique. La reine ne se bornait pas à faire distribuer des aumônes ; cette charité est si facile aux riches 1 Elle allait elle-même, sous do simples costumes, secourir et consoler de pauvres familles affligées, elle soignait les enfants et les malades, elle avait des agents spécialement chargés de lui signaler les infortune» dignes do son intérêt.

Ce socond veuvage affligea profondément le roi; il avait aimé d'un tendre amour sa première femme, la princesse Charlotte, niais lu mort vint sitôt briser ce lien qu'il put à peine apprécier l'étendue de la perte qu’il venait du faire. La mort de la reine lui porta un plus rude coup. 11 avait eu le temps, cette fois, do compter les rares qualités qui distinguaient le rieur et l’esprit de la princesse Louise; il avait appris à l'estimer; elle avait été sa fidèle compagne et souvent son Égérie. Pour distraire sa douleur, il s’occupa plus que jamais des affaires politiques dont le fardeau n'effrayait pus sa vigoureuse vieillesse.

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