L’EMP E R E U R D AU TRICHE
e 20 mai-s IMS, au moment où le contre-coup de la Révolution de Février ébranlait toutes les luonnrrliies de l'Europe et le vieil empire Autrichien, l'archiduc Régnier, fils du vice-roi de la Lombardo-Vénélie, écrivait h son frère : « Nous devons celle belle situation à notre gouvernement dc> femmes, se composant: d’nn idiot pour empereur, d'un ladre pour successeur présomptif, d’un gamin présomptueux pour prince héréditaire, et à la suite de ceux-ci, de Fimpératrice-
n 1 ère , Sophie, puis T*** et tutti quanti, les appartenant à
chacune deilcs. De cette façon et par cette race périra notre monarchie qui était si forte! Melternieh est en fuite, tvollowrath. Fonde Louis, et sans doute aussi les autre» ministres se retireou n'en nommera pas d’autres sans faire de nouvelle» concessions, et nous tomberons ainsi dans le précipice qui nous engloutira tous ! En pensant ?t celle suite d’événements, comme je le l'ai dit, les cheveux se dressent sur ma tête, 11 no manquerait plus que la Russie nous refusât l’argent qu’elle nous a promis , et qu elle nous déclarât la guerre ! C'est
nuit ,
l.'KMI'KHEUH U'AUTHICHE.
pour le coup >|ue nous pourrions dire : adieu l'empire ! et nous Taire inscrire comme ciloveus dans la garde civique 1 ■>
Le parti n'eût peut-être pas été aussi mauvais que l'archiduc Régnier a l'air de le croire. Les princes de la maison de Habsbourg n'auraient rien perdu à montrer moins de répugnance pour les institutions modernes. Ce qu’il y a de sûr du moins, c'est que, sincère ou non, c'est à ces institutions qu'en 1 818 comme aujourd'hui le gouvernement Autrichien s’est attaché pour ne pas tomber.
On le voit par le fragment de lettre que nous venons de citer, les périls de la monarchie étaient pressants, il fallait, pour la sauver, une main ferme; le vieil empereur abdiqua ; sou frère l'archiduc François-Charles eu fit de même, et son fils François-Joseph ceignit la couronne. C'était ce gamin présomptueux dont l'archiduc Régnier vient de parler.
Le nouveau règne unissait au milieu des orages. Vienne était pour ainsi dire encore au pouvoir de l’insurrection ; l'Italie et la Hongrie soulevées tenaient en échec les armées impériales. Le gouvernement jugea qu'il n'avait pas pour le moment d'autre force que celles que lui prêteraient les idées de liberté constitutionnelle ; il parut les adopter entièrement ; « Appuyé sur les bases d'une vraie liberté, disait François-Joseph U dons son manifeste, sur le principe de l'égalité des droits entre tous les peuples qui composent notre empire, sur l'égalité de ses ogeuts devant la loi, sur le droit acquis aux représentants du peuple de s'associer à notre gouvernement, noire pays va retrouver son ancienne gloire. L'édifice que nous allons tous ensemble reconstruire pourra braver les orages de ces temps difficiles et formera comme une vaste tente sous laquelle viendront s'abriter, plus unies que jamais, sous la protection du sceptre que nous tenous de nos ancêtres, les diverses races que nous sommes lier de gouverner. »
Ces promesses étaient encourageantes, et c'est sous l'influence de l’heureuse impression qu'elles venaient de produire que l'Assemblée constituante de Kremsier continua ses délibérations. Elle discutait la constitution future de l'Empire, lorsque, tout à coup l'Empereur en promulgua une de son propre mouvement, et fit suivre cette promulgation de la dissolution de l’Assemblée. Ce revirement subit était dû à la nouvelle des avantages que l'armée autrichienne venait de remporter en Italie.
L’Empereur ne s'était pas réservé dans le nouveau pacte une part d’iufluencc beaucoup plus grande que celle des autres monarques constitutionnels. 11 exerçait le pouvoir législatif simultanément avec la dicte de l'Empire, et
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