DE CAVOUR
peut-Ctre lo plus utile des nombreux ^el•vi(•es rendus k sa patrie par M. de Cavour (juc (l':i\(iir poiiularisé (('Ile grande idée parmi les populations italiennes. L'œuvre capitale de notre siècle consiste h <létruire l'inllucnce teniporellt; de tout clergé (piel qu'il soil. Il n'y aura pas de liberté possible en effet tant qu'une corporation sacerdotale, ca(liorK|ue ou protestante, musulmane ou Israélite, pourra exercer iine iniluence quelcompie, dans l'ordre teuipond, sur des po|tulations ignorantes. L'œuvre d'émanci|)alion politique et sociale ([ue poursuivent tous l(!s espiits généreux sera entravées tant <pu' les cdergés ne seront pas renfermés exclusivement dans leurs attribulious spirituelles.
M. de Cavour aura la gloire d'avoir puissamment contribué h ce grand résultat; nous devions mettre particulièrement en lumière cette face de sa vie politifpie.
Nous devons aussi dhv. (juebiues mots du dissentiment (|ui s'est élevé entre M. de Cavour et (laribaldi, lors de rhér()ï([ue (expédition de ce dernier eu Sicile, et de sa piise de possession de la capitale aI)andonnée par le Roi de INaples. Bien des gens ont fait de ce dissentiment un grand crime à M. de Cavour et lui ont reprocbé d'avoir entravé l'œuvre libératrice du Dictateur. Ce reproche ne nous paraît pas aussi fondé qu'on a bien voulu le croire.
Nous sommes trop portés à juger les hommes que les événements mettent en évidence comme s'ils étaient des Dieux. Les hommes, si grands qu'ils soient, sont des hommes, c'est-à-dire des êtres soumis à toutes les imperfections de la nature humaine. Mieux ils sont doués et plus énergique est leur ambition de suflire à tous les besoins , à tous les périls de la situation qu'ils dominent ou dans laquelle ils sont engagés.
Entre deux personnalités aussi éminentes, aussi originales que celle de Garibaldi et celle du Comte, la nature, l'éducation, le milieu social ont creusé un abîme qu'il n'est pas facile de combler. Les procédés employés par l'un différent essentiellement de ceux que l'autre affectionne. Celui-ci est habitué à agir sur les masses, à ne tenir compte d'aucune des difficultés que soulèvent la diplomatie et,les exigences des relations internationales; il va droit au but et il n'hésite pas à prendre la révolution pour moyen, l'épée pour argument. Celui-là, au contraire, se montre habile à tourner les difficultés que l'autre dédaigne; il tend au même but, mais il y marche par d'autres voies; il ne brise pas les obstacles, il met son habileté à les aplanir: il sait ce que vaut l'opinion des cabinets Européens et il la ménage.
Qu'y a-t-il donc d'étonnant à ce que deux hommes placés à des points