EXÉCUTERA UNE SONATE DE VIOTTI
S'il faut s'en rapporter à la tradition, le père de M. Ingres, à l'instar du père de Mozart, aurait donc destiné son fils à la carrière d'enfant prodige, et c'est en cette qualité que le chef de iK>tre grande école de peinture classique aurait reçu
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los proniiôrps couroniics de ses coiicil(ijfii.s. Ingres [li-w s a|)j)ir'(uil suiis (Umlc. à (•(iiKliiiic sdii lils <î l'aris, loisqiic le hasard vint détruire ses projets, et emptîcher le jcmic Ingres de dispnler pins lard la puliiie du violon à Lalbiit et à l'.oncJKM'.
11 y avait au musée de Toulouse un dessin de Rapluu'l. (|ue personne ne regardait: le moment de Raphaël n'était pas encore venu. (Jn se contentait d'admirer Fragonard, Greuze, Vauloo, Boucher, etc. ; les petits amours du dixhuitième siècle empêchaient de voir les anges de la renaissance, les nymphes remplaçaient effrontément les madones, partout le joli l'aisaK ouhlier le heau. Mais l'heure de la réaction allait hientôt sonner.
Montez avec nous au Capitole, suivez nos pas dans la salle des tahleaux, et regardez cet enfant qui semble en extase devant une œuvre de Raphaël : ses yeux s'arrêtent tour à tour sur chaque personnage, dont ils semblent dévorer les contours. Cet enfant, c'est l'apôtre du dessin, le futur restaurateur de l'antiquité, un jeune Grec de Montauban , destiné par la muse à tirer la ligne de l'oubli, et à chasser la couleur du trône usurpé de la peinture.
Cet enfant, c'est le virtuose dont nous venons de parler.
Dès qu'il eut vu le tableau de Raphaël , Ingres fils déclara à Ingres père qu'il ne serait jamais un grand violoniste, et qu'il se sentait appelé à devenir un grand peintre. Des pinceaux et plus d'archet! il fallut bien obéir à ce cri d'une vocation impérieuse. Le père mit son fils à l'école de dessin.
A cette époque, florissait à Toulouse un peintre du nom de Roques, qui a tenu le pinceau d'une main ferme jusqu'à l'âge de (juatre-vingts ans. Les innombrables produits d'une si longue carrière remplissent les églises à plus de dix lieues à la ronde. Il n'y a pas dans la Haute-Garonne, dans le Tarn-et-Garonne et dans le Tarn, de chapelle de village qui ne puisse montrer un ou plusieurs Roques aux amateurs. C'est à ce maître fécond que le jeune Ingres fut confié. Disciple fervent de David , ne s'inspirant que de l'histoire romaine et de l'histoire sacrée , ne voyant dans la couleur que l'humble servante du dessin, Roques était bien le guide qui convenait aux instincts de l'élève qu'on lui confiait . Il a vécu assez longtemps pour jouir de sa gloire, car la Parque ne trancha le fil de ses jours que plusieurs années après la révolution de juillet.
Un jour Roques, dans sou atelier, corrigeant les dessins de ses élèves, passa
l'iS i\(;r, Ils
s;ms s'niTf'li'i' (li'\;iiil lucres, ijiii ci-iil ;i une ilisli'.iclinii. cl m m (■(nirmiia pus iiiniiis son li'a\;iil ; le Icinlciiiain cl le siii-lcndciii.iiii iiiciiic niilil!. Cela dura ainsi pcndanl liudc la sciiiaiiii'. Iiim'cs se di'cida eidiii à deiiiaiider à son inailre la raison de sa cniiduiie.
— Jeune lidinnie. lui [■(''|)itiidit l{(ii|nes, e Vsl à un autre (|ue \ons de\e/ v(Uis adresser désornuiis pour nous e(Hriji('r.
— A qui dune?
— A David.
Quel(|ues jours après, hif^res parlait pour Paris.
Paris était alors dans la lièvre de plaisirs et de fêles (pii succéda aux émotions lerrihles de la ivvolntion. Ouoi(iu'il quittât une grande ville, le jeune Ingres n'eu dut pas moins éprouver une vive surprise à la vue de cette capitale si bruyante, si animée, si avide d'amusements. La foule en trouvait partout et les acceptait tous. Le nouveau déljarqué pouvait choisir entiv le jardin d(^ Tivoli, rendez-vous de la société élégante, et le jardin des Capucines, fréquenté par le peuple. C'était alors le beau temps des saltimbanques: tous les acrobates, tous les funambules, tous les hercules, buis les prodiges, tous les monstres contemporains, se donnaient rendez-vous au jardin des Capucines. Là, une femme sauvage mordait à belles dents dans une poule crue; ici un Indien avalait des cailloux; plus loin, un hercule, le corps attaché à une chaise par la nuque et par 1(> tendon d'Achille, soutenait le poids de cinq ou six vigoureux gaillards, et chantait la romance Fleuve du Tage. C'est dans le jardin des Capucines (pie s'éleva le premier cir(pie des frères Franconi ; c'est là f|ue le physicien Roltertson jeta les fondements du grand art de la fantasmagorie et de la prestidigitation. Il y avait également dans ce jardin une salle de spectacle, où Ingres se rendait aussi souvent que l'état de ses finances le lui permettait, théâtre enfumé où Vernel débuta tout enfant, où brillèrent tour à tour et ensemble Potier, Tiercelin, Brunet, Odry, Cazot et Bosquier-Gavaudan.
A l'autre extrémité de Paris, sur le boulevard du Temple, même tumulte, mêmes distractions. Voici d'abord le théâtre du sieur Nicolet, puis le Pelit-Lazari, rAmbigu-Comi(iue, le cabinet de Curtius, puis enfin le tréteau de Bol»èche el Galimafré, de\ant leqiiel l'ex-élève de Roqvies aimail à s'arrèler. Au sortir de
ce j)aii(l(i'iii(iiiiiiiii ni |il('iii \ciil. Il icii;i;:ii;ul s;i (Iciiiciirc ;i l;i clai le (loiilcnsc (les r('V('rl)('res, en soiigoaiil à Hajili;ul . cl en iiH'diliiiil les Iccuiis de llavid, après a\()ii' ri aux facéties de Zo/o.
(V(''fait l'âge d'or des coucous cl des j^riscllcs. 0 MoiiIuku'cucj ! tes oniltraf^cs épais ne \irent pas errer le jeune artiste deTarn-ct-(iaronue avec une compagne eu rolte d indienne et en petit lichu ; sa jeunesse austère sut se préserver des flèches (lu petit dieu malin, connue on «lisait à (■elle ép(i(]ue; ou ne le \il ])oiid non |dus prendre de Foruarina dans une bouti(pie de modiste ou dans un aleliei' de couturière, ni donner dans les excentricités de toilette des jiunies peintics d(ï sou épo(jue, (|ui se promenaient eu pa'pluin sous les arcades du Palais-Royal, et allaient applamlir Elleviou vêtus d'une toge h la romaine. Déjà, à cette épo(pie, on songeait à la réfoi'rae du costume: grande ipiestion ahandonnée pendant trente ans pour être reprise à la révolution de juillet, à latjuelle on n'a pas l'air de songer, et qui, demain peut-être, sera discutée avec une vigueur nouv(?lle. En 1830, la mode était au moyeu âge, et la réforme voulait nous ramener au costume féodal; sous le Directoire et sous le Consulat, ranti({uité était en faveur, et on s'habillait comme les contemporains de César. Quoi(pie David eût dessiné le costume de la Réforme, (iuoi«|ue Talma le portât, Ingres garda obstinément ses gros souliers et sa longue redingote de Tarn-et-Garonne, objets des railleries des rapins ses contemporains.
A propos de rapins , ces messieurs , s'il faut s'en rapporter cette fois enc(n'e h la tradition, se seraient comportés d'une façon plus (pie h^gère à l'égard du camarade (jue la cité de Clémence Isaure leur envoyait, et ne lui auraient épargné aucune des épreuves aux(juelles il était d'usage de soumettre les nouveaux venus dans les ateliers. On prétend (jue M. Ingres fut mis à récliel/c. C'est un fait (jue nous donnons sous toutes réserves, comme on dit aujourd'hui.
En 1801, le sujet de composition donné i)ar l'Académie aux élèves de l'école des Beaux-Arts admis à concourir pour le prix de Rome , était : V Arrivée dans la tente d'Achille des ambassadeurs envoyés par Aijamemnon pour apaiser la colère du fds de Pelée.
Inspiré par ce sujet, (pii nous semble aujourd'hui peut fait pour enllammei' l'inspiration d'un ai'tiste, Ingres remporta le premier grand ])rix. L'année pré--
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(•(■'(ItMilc. il a\;iil (lrj,"i (ililciiii le sccmid , dans le (•(iiicdiirs doiil le sujet , aussi Ici'iic poiii' le iiKiiiis (|uc ctlui ijuc nous venons de roproduiro, était Antiochus vcnvoijani son fils Sciinmi fdil prisouuicr sur mer. (le pi'ix lui civail valu l'exeniptiiin (\c la eousci'iptidii, ci.' (|ui n'était |)as un mince avantage à celte époque.
En 1801, udus avions liieu une eciile de peinture à Homo, mais l'école maii- (|uail de liuduel. Voilà donc noire lauré.it forcé d'allendre, avant (le se rendre en Italie, (|ue les linaiices de la France devieniu'nt assez prospèi-es pour peiniellre à 1 Ktal de pourvoir à son eidielien. dette alteide dnia quatre années, pendant lesquelles M. Ingres vécut en faisant des portraits qu'on ne lui payait pas aussi cher (|u'anjourd'liui. Enfin le budget de l'école fut rétabli, et le pensionnaire en disponibilité put enlin pi'cndre le chemin de la ville éternelle.
Pendant la dernière année de ses étmles oflicielles, Ingres avait envoyé au Salon OEdipe et le Sphyuxe\ Jupiter et Thésée. Les expositions étaient alors l'objet du plus vif empressement de la part du public ; les théâtres leur consacraient une revue spéciale; les dames de la halle s'en occupaient; on les voyait entrer par groupes de cinq on six au Salon; elles appelaient cela aller aux tableaux. David n'exposait jamais sans que les dames de la halle ne se fissent un devoir de venir lui offrir un bouquet. Un tableau, pourpeu (pi'il eût de succès, inspirait une centaine de pièces de vers, odes, épîtres, quatrains, aux poètes du moment. Non-seulement les tableaux de M. Ingres n'obtinrent pas l'honneur d'être chantés, mais encore ils furent l'objet de critiques assez vives de la part des journaux; le Lycée français, entre autres, publia s\ir Jupiter et Thésée un article, attribué à Tissot par les uns et à Arnault par les autres, dont M. Ingres se montra profondément ulcéré. Dès ce moilienl, il se mit en bouderie réglée avec Pai'is, et d-éclara qu'il ne remettrait plus les pieds dans cette \ille, ne \oulant sans doute pas respirer le même air (jue ses détracteurs.
C'était sans doute faire preuve d'une bien grande susceptibilité, mais M. Ingres croit h son mérite, et ne supporte pas la contradiction en matière d'art. Quelque temps avant son départ pour Rome, il était sur le point de se marier. La demande était faite, les conditions arrêtées, et il ne s'agissait plus que de remplir les formalités. Tout à coup le fiancé se retire et déclare que tout est rompu, ([u'il n'épousera jamais une femin(? qui a soutenu une discussion contre lui sur la peinture, et manifesté en matière d'esthétique des opinions diamétralement opposées à celles qu'il professe.
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iM. lucres, ikhis rjnmis dil, lioiidnil Paiis; aussi. s(iri Icnips de pensionnaire expiré, se garda-l-il liirii de rcvciiii' dans celle inf^rate ville, oii le laleid rcicevail, |)(tni' tonle irconipense. des injures de iMM. Tissolet Aniaull. Il assisia de Idin aux gloires et aux malheurs delà Franee, et il se consola de la chute de l'Kmpire eu son;.;eant à celle des Césars, demi les mines l'environnaient. C'est à Rome que M. Ingres a le plus vécu et le plus liavailh'. C'esl là cpie, saus compter un assez grand uomhre de portraits, de co|)ies, de dessins, d'esquisses, il a l'ait : Jupiter el Thétis. — Raphaël et la Fornarine. — Virgile iisani l'Enéide devant Auguste. — Françoise de Rimini et Paolo, et une variante du même tableau, dout la Société des Arts de Paris ne voulut pas pour cin(| cents francs. — La Chapelle Sixtine. — L'Aretin refusant la chaîne «l'ur (pie lui envoie Charles- Ouint. — L'Aretin chez Tintoret. — Don Pedro de Tolède baisant l'épée de Henri IV portée par uu page. — Raphaël et le cardinal Bibieua. — L'Odalis(pie, commandée par la reine Caroliue de Naples. — Philippe V et le maréchal de de Berwick. — Le duc d'Albe à Sainte-Gutlule, recevaid du pape Pie V, après l'expulsion du prince d'Orange, l'épée et le drapeau bénits dans la nuit de Noiq. — Henri IV jouant avec ses enfants, au moment où vient d'entrer l'ambassadeur d'Espagne. L'un d'eux est sur son dos : ^ Ètes-vous père, monsieur l'ambassadeur? dit le roi. — Sire, j'ai ce bonheur. — Eu ce cas, je puis continuer le tour de ma chamktre..» — La Mort de Léonard de Vinci. — Roger délivrant Angélique. — Jésus-Christ remettant les clés à saint Pierre. — N'oublions pas en outre de mentionner le Somje d'Ossian, grande peinture qui lui avait été commandée par Napoléon, pour orner le plafond de sa chambre à coucher, an palais de Moute-Cavallo. Un j(jur M. Ingres, eu se promenant dans les rues de Roni(% aperçut à l'étalage d'uii marchand de hric-à-hrac une toile rovdée; l'idée lui vint de la faire déployer: c'était le Songe d'Ossian, moins les oreilles et le nez du barde, rongés par les rats.
M. Ingres ne quitta Rome (pi'en 1820 p<iur se rendre à Florence. C'est dans cette ville qu'il composa un de ses meilleurs tableaux : le Vœu de Louis XIII, commandé à l'artiste, en 1820, pour le prix de 3,000 francs; la direction des Beaux-Arts crut devoii- doubler la somme, après le succès obtenu ])ar cette toile au Salon de 182'). L'entrée de Charles V dans Paris, composition (pii, par le ton
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ri |i.ir rjiiriiimctiKMil, pariiil soiildir se lapiiidclicr des laldraiix de ICcnlc loiiiaiilii|ii('. (laie ('nalcmciil <lii si'jnui- ilc M. Iii^i'cs à KIoi'CiU'c.
Oiii'l(|iic Iciiips a|)r('s sdii ani\('c dans la \ill(' rlcnicllc. .M. Iii^i'cs srlail iiiaric. M rue dame riaiicaisc, d un iiahncl l'nrl ciijdiK', laninlc-l-il à un d(! ses Itiof^raplics, M. Tliropliilr SilNcsIri', ({ni scndilc |>aiTnis a\(pif sk^iidfiraplin'' les paritlcs dn inailic. nie pailail sinncnl d une paicnir i|n! laisail à (lui'icl nn pelil (•(inunci'cc de linLîclic, et elle lui ('nisail : c N'icns chcichcr nn inaii à " Ronu^! 'I KUe > viiil. en cilrl ; je la \is pour la pi-cniirre lois à la pronimado auprès (lu tonilteau de I\(''nHi. ('.rllc Icinnic, le niodrlc dn drNducnicul, a l'ail la consolalion de ma vie; j'ai eu la (hndcur de la perdre en IHiW; je me suis reinaiie (Un\x ans après. <> Le ménaj^e ne lui pas d'aixird heureux, au point de \ue (le la l'oi'tune s'entend, car M. Iiii^i'cs \ienl de nous le dire, sa l'en mie a lait le iHiidn'ui' de sa \ie; mais ((unnie il elaii plus lahoi'ieux ipu' l'écond, et comme (ni ne |)ayait pas alors les (eiivres au |)oi(ls de I (M'. connue on a pu le \oir par le )«'» de Louis XIII, les niari(''s coniinrenl, sinon lout à l'ait la misère, dn moins la iin\(\ une sd'iir (|ni lui ressemble beaucoup. M. Ingres cepeiuiant ue se décourageait pas : «J'ai toujours vu mou étoile, a-t-il dit depuis, mais je n'ai eu du paiu que dans la vieillesse, ue voulant pas imiter l'exemple des artistes de nos jours, qui n'aiment que l'argent et le travail facile.
M. Ingres avait mis trois ans et demi à terminer le Vœu de Louis XIII. Au moment d'envoyer ce tableau à l'exposition, l'auteur, soit par tendresse paternelle, soit qu'il ne craignit plus les attaques d'Arnanlt et de Tissot, ne voulut pas s'en séparer. M. Ingres suivit donc sou œuvre à Paris. Elle ligura avec éclat au Salon de 1824. Cette année-Là, M. Ingres reçut la croix d'honneur. L'année suivante, il était membre de l'Académie des Beaux-Arts.
Ce n'était pas seulement l'amour du succès qui avait .engagé M. Ingres à (|uifter sa retraite de Florence; il volait au secours de la peinture menacée par les barbares de l'expression et de la couleur.
David, le grand David, celui (|ne ses élèves avaient toujours appelé monsieur David, était mort dans l'exil, ne laissant (|ne quelques imitateurs plus tenaces ([u'intelligents de son système de peinture. David a\ail fait passer dans ses œuvres le sentiment de la révolution. Ses derniers disciples, adorateurs serviles de la forme du mailie. n'en comprenaient plus l'esprit. La Iradition inerte de
David s'i'lail |)('i'|)(''(ii6e sous la lU'sliuiratioii, dans les alclicis de H<'j.>tiaull. de (iirndcl, de (iriai'il. do rMi<''riii, do Tjctliif'ro, f^raiids-pivd'cs d'iiiif rcli^'ioii doiil la loi sV'Iail rotiivo, ol (|iii iio pivsontait plus ((iio dos rorimilos; ils pi'atifiiiaiciit sans lo coiiiproiuiro lo «lo^^mo do David, lorsquo doux novalours. deux jn'-irsiar(|iios, Gt'i'ioaull ol Drlacroix, sortiroiil ('(iinino loiijoiirs du sriiiitiairc, c'csl-àdiif (lo l'alcliri- de (iiirriii. Un troisième |iors(iiiiiaf;o so pioscnla liioiilùl jxjiir (•(Micilici' riK'iosio avec la rolii^ioii : co fui Paul Dolaidolic.
C'osl alors (|iio iM. liini-os \iiil do Uoiiic |Miiir oiiiidiallic I li(''i(''sio cl IV'cIcctisnio, ol |)(>iii- sauver la i'olif>ion do David on la IransInnnanl.
Toiups nioni(M'al)los du Salou de 1827, temps honmiuos de la peinture inodorno ! Votre souvenir n'est point encore sorti (h la ni(''inoire des contemporains, et ceux (pii ne les ont point vus regrettent do no les connaître que par Ihistoire. Quel hruif, quel mouvement dans la galerie du Louvre! Vovez autoui' de la Mort de Sardanapalc, lo groupe chevelu dos amis d'Eugène Delacroix, poussant des cris d'admiration devant ce l)ùc!ior (jui va consumer bientôt le grand voluptueux de l'orient, ses richesses et ses femmes; plus silencieux, mais non moins fervents, les ingristes admirent dévotement k' plafond d'Homère; (|uel(iues-uns seraient tentés de s'agenouiller, la plupart semblent dans l'extase. En passant devant les tableaux de Delacroix, l'ingriste détourne la tête pour ne pas voir la toile blasphématoire; le i^apin, le romantique, montrent le poing au vieux rapsode. Contenus parla majesté du lieu et par la présence des gardiens, les disciples des deux maîti-es se contentent de se mesurer des yeux, dans le Louvre; mais, à peine sortis du palais, ils se dédommagent de la contrainte, et l'on assure (ju il fallut plus dune fois transporter chez le pharmacien voisin quoique romantique à l'œil poché, ou quoique classiipie au nez tuméfié et saignant.
Los journaux prenaient une part non moins vive à la discussion, la querelle des romantiques et dos classiques déjà entamée, s'engageait sous une nouvelle forjne, les feuilletons ci'oisaiont la plume pour lo dessin ou pour là couleur, pour le mouvement ou pour la composition, pour Rubons ou pour Raphaël. Le combat duia vingt ans, et aujourd'hui on no sait ]>as encore à qui appartient la victoire.
Dans cette lutte mémorable, M. Ingres a sans doute déployé beaucoup d'énergie et beaucoup de talent; c'est un grand homme si l'on veut, nuiis un grand homme en airiéro. Il ii a fait (pio ressusciter l'école de David. Du reste, lui-même l'avoue et s'en fait gloire; il n'est (lu'un élevé de ce peintre. « David, dit-il au biographe (jue nous avons déjà cité, est le vrai restauratoui- do l'art français et un très-grand