‹ Les célébrités du jourChapitre 24 sur 42 · LÉOPOLD, ROI DES BELGES · texte numérisé non relu

LÉOPOLD, ROI DES BELGES

1101 DES REl.r.ES

couronne Quand

>|^,n dira un jour: le roi Li'opnld — tnufo irrrxf'rencp h part ^^' t't t""'os différences gardées — comme on <lit : le roi d'Vvelot. L'aufïuste personnage dont nous allons retracer la vie est en effet rindi\idualilr la plus originale, l'unique sans doute, qui ait jamais figuré dans la galerie des sou- '^.'ih verains. Nous ne disons pas cela parce qu'il est immensément instruit, — d'autres l'ont été autant — prodigieusement r habile, — d'autres l'ont été davantage — profondément honnête, — il y a eu d'honnêtes gens parmi les rois, — mais parce que ce monarque constitutionnel ne doit la couronne qui ceint son front, le trône sur lequel il est assis, qu'au suprême dédain (ju'en toute occasion il a manifesté pour un ti'niie et pour une quels qu'ils fussent.

les souverains s'attachent avec un Apre acharnertient à conserver

1fi2 I.KOl'Ol.l)

(III ;i (''Iciidrc leur |ii(ii\(iir, ;'i Inmlci' leur (Kiiaslic, (|u ils iKiiiili.iidciil Iciifs sujets pliitnl (pic (le se laisser ilc'ln'iiiei' par eii.\ ; le roi [.(''npiiM , an cdiitraire, est toujours <lisposé h céder sa iilace. Au iiidiiulre si^iie de niécoufenlonieut, il prend sa canne el son cliii[)oau, l'ail \iser sou passeport, ollVe sa déniissiou et annonce à son peu])le riiilcidiou d'aller vivre paisihh'uu'ut et n'importe où de ses rentes. Voyant cela, le peuple supplie sou l'oi <le rester et il ri^ste.

N'allez pas croire au moins que ce soil là luu^ ruse, une tacti([ue royale. Non! le roi Léopold offre très-sincèrement sa démission ; il w lieut |)as du tout à la royauté, c'est la royauté qui tient iï lui. En voulez-vous une preuve? Il ('tait bien jeune encore, quand les puissances européennes lui oH'rireul d'être roi de la (irèce, nouvellement émancipée ; il se fit prier, puis il finit par accepter. Mais (piaud il vit que les Grecs ne le voyaient pas fous d'un lion œil, qu'il n'était pas sympathique à tous les partis, il écrivit aux puissances qu'il refusait la couronne et il persista dans cette résolution.

Un roi qui, très-sincèrement, ne tient pas à être roi, qui ne consent h l'être (pi'à la condition d'être aimé de ses sujets, voulu par eux, est certes un roi oi'iiiinal et un type. rare.

C'est de ce type que nous allons vous parler.

Georges-Chrétieu-Frédéric-Léopold de Saxe-Cobourg-Saalfeld appartient à cette forte race des Cpbourg qui a le privilège de perpétuer les races royales de l'Europe et d'offrir aux jeunes filles des familles souveraines un bel assortiment de fiancés sains et robustes, aptes à faire tout ce qui concerne leur état. Le prince Léopold naquit le 16 décembre 1790; il a donc soixante et dix ans. aujourd'hui et il est, assure-t-on, le plus vert des monarques Européens. Il était le troisième fils du duc François de Saxe-Cobôurg-Saalfpld, ccunmandant en chef les armées alliées des Pays-Bas à l'époque où les guerres de la Révolution française éclatèrent. C'était un vaillant homme que le duc François, feld-maréchal au service d'Allemagne ! Il fit donner h ses fils, mais surtout au jeune Léopold, une éducation très-brillante et une solide

itni i)i:s iir.i.cF.s inn

iiislniclioii. Son jx'm'C suivail ses prii^irs iwor mic |)alcrii('ll(' sipllicilinlc cl rnllVail eu cxcinplft .'i ses frères : (( Léopold ira loin ! » leur disiiil-il. l'A en cll'i'l. Fj(''(i|i(»I(1 a l'ail son cliciiiiii.

Le iiiaria^'e de sa sunir, la |)iiiiccsse .lidiciiiie, avec le grand-duc (voiislanlin déiciiiiiiia le jciiiie lioiiune à eiilrer an service de la Russie, et en 1808 il accompagna l'empereur Alexandre h Erfurlh, en qualité de général.

Dans ce (eui])s-là Napoléon I''' faisail iiiaud'uvrer Ii>s rois el les princes de l'Europe aussi aisément qu'il l'aisail manœuvrer sa vieille garde et sa grande armée. De sa propre autorité il s'était nommé pi'oleclenr de la Confédération du Rhin, et comme il se connaissait en lionnnes, il [H'ia le jeune prince de quitter le service de la Russie et de venir administrer, sons sa protection, la principauté de Saxe-Cobourg-Saalfeld. Il fallait ohéir; mais ([uand vint, en 1813, le commencement de nos désastres, quand le premier tintement du glas funèbre retentit, Léopold reprit du service dans l'armée Russe en qualité de général de cavalerie.

11 se ])attit bravement contre nous et se distingua h Lutzen, à Raut/.en, à Leipsick, h Brienne, ta Arcis-sur-Aube, à La Fère-Champenoise, douloureuses étapes! La Russie le décora de l'oi-dre de Saint-Georges, l'Autriclie de celui de Marie-Thérèse, deux ordres militaires spécialement destinés h récompenser les faits de guerre, les actions d'éclat sur les champs de bataille.

Dans le courant de l'année 1814, les souverains alliés se réunirent <i Londres; l'Angleterre, qui payait les coalitions, avait bien le droit d'exiger cette marque de déférence ! L'empereur Alexandre estimait fort le jeune prince; il le désigna pour l'accompagner. Léopold était alors un grand beau garçon de 24 ans, aux larges épaules, un vrai Cobourg! La princesse Charlotte, fdle du prince de Galles et héritière du trône de la Grande-Bretagne, était déjà iiancée au prince d'Orange. Elle, vit Léopold, elle put apprécier, nous ne dirons pas les brillantes mais les solides facultés de son esprit, et elle éprouva pour lui une vive sympathie. Cette princesse était une femme d'un remarquable esprit ; elle possédait une vaste et solide instruction; elle était artiste distinguée ; elle parlait et écrivait, indépendamment de sa langue maternelle, le français, l'allemand, l'espagnol et l'italien avec une grande perfection.

Malgré les impérieuses obligations de son rang et les exigences de la politique, elle déclara positivement qu,'elle aimait le prince Léopold de Sax(!-Cobourg et qu'elle n'épouserait jamais le prince d'Orange. Sa résolution fut inébranlal)le et il fallut bien que sa famille y consentît.

ici I.KOIMIM)

L(''opol(l ('lail (Irjà Allciiiainl de naissance, un peu Aiiliicliirn cl Ix-aiicmip Russe. Il se lil iialnraliscr anglais h' 27 mars JtSKi cl le 2 mai suivant il épousa riiérilière du Irùue (l'Antileleiie. L(; Parlement anglais fit liien les choses : il ddiina au piiu(c le litre de i]\\v de Kendal, le rang de prinec! du sang, nu millicin et demi de francs pour liais de pi'eniier élahlissement, et, en cas de prédécès de la princesse, il lui assura nne pension annuelle el viagère de 50,000 liv. sterling (1,250,000 fr.) plus l'ordre de la Jarretière par-dessus le marché.

Malheureusement Charlotte mourut en couches le 5 novembre 1817 , moins de dix- huit mois après la consécration de cette union que rien n'avait troublée. Elle était tellement aimée que sa mort fut pour Londres un deuil public; tous les magasins furent spontanément fermés, les affaires suspendues. Le prince fut longtemps inconsolable. Il se retira d'abord à Claremont. Le roi, qui avait pour lui une sincère affection, essaya de le distraire en l'attachant à de hautes fonctions, il le nomma feld-maréclial, puis membre du conseil privé. Léopold se livra avec ardeur à ses deux passions favorites : l'étude et la chasse; il voyagea, puis il retourna en Anglelei-re, eut la louable fantaisie de passer son examen et de recevoir à Oxford le titre de docteur eu droit. Il parcourut ensuite l'Italie, la Suisse, vint souvent à Paris où le duc d'Orléans l'accueillit avec distinction. L'héte du Palais-Royal ne se doutait guère alors qu'il recevait ainsi son liitiir gendre et que le gendre et le beau-pèi'e seraient rois en même temps.

La révolution, qui devait opérer de si grands changements dans les destinées de ces deux hommes, éclata en 1830. L'Europe était en é! iillilion. La France a seule ce privilège d'émouvoir le monde dès qu'elle s'émeut!

Les gouvernements anglais , français et l'usse avaient , quelques années auparavant, professé devant l'Europe attentive im cours de politifp'c démocratique, dont les peuples devaient un jour profiter. A eux trois — el Dieu nous garde de les en blâmer! — ils avaient aidé la (irèce à s'allVancliir du joug que le Sultan, sou souverain légitime, faisait peser sur elle. Us avaient battu le Sultan, détruit sa flotte, et afin qu'il fût bien convenu et établi une lois pour toutes que les peuples ont le droit <le se soustraire

uni l)i:s i;i;i,(;i:s ,„^

'"' '•'"'"'■!''■■ •'•' '-''irs seiiNcrains l,Vili,„rs, ,|M;n..l .-..llr ,„,|o,,lr csl al.iisiv.. .... npi,ressLve, ils prèlr.v.H ,|mH.,,„. aii^cnl k la iUvrv pn,.r l'ai.lrr a numUr son nu^naye ol sVlaMii' en lovaiime.

A toul royaume il faut ,.„ nu. .Mais ,,,„.| n,i pn,p,.srr ;, ,v||r ,,.iilr naiK'i. Kn;'r.|.... i,„ui' quVIIc ii'omis(|,... ni k Fraiin. , ni la Hnssir ni rAu;;Ie(e.T. ? Les (rois puissances alli.Vs cp.i avaimf .i.w.nr an .nnn.lr ce l.el exenipl... ,p,i avaient pix.(é-é le faillie <-ontir le IV.,! , un p:.;,j,|,. conh-e son souverain, soudèrent au p,-ince L.V.pold. Dans la CnnlVr.-.nr,. ,in i l.-'v.-,er 1830, elles lui avaient ollert le t.ùne ; il posa ses conditions; en en accepta q..elques-unes . on repoussa les anln-s. notamment celles',, ni étaient relatives à la délin.italiu.i .les frontiè.^es du nouvel État. Il passa outre. Mais les Grecs voulai.mt .^ue leur souve.-ain adoptât la ivliKi.ui .mII.odo.xe; il refusa net. Quelques m.'contentemcnfs se manifestèrent alo.s. Vovant cela, Léop.,ld p.àt sa canne et son chapeau, déposa la couronne .'t ec.ivit'aux représentants des trois puissances cette belle lettre .jni lionorera éternellement dans l'histoire l'honnête homme qui l'a é..-ite, le cœur loyal qui l'a .li.t.'e: « Le caractère et les sentiments du soussigné ne lui permettent pas de se soumettre à être ainsi imposé à im nexiple mécontent, et de se .•et.'onver rattaché, dans l'esprit des Hellènes, ù une diminution d. t.Ma-ifoi.e à 1 abandon de leurs forces en armes et à l'évacuation de leurs te.-res et n.ai- ^.ons, d'où les Turcs ne les avaient expulsés JL.squ a ce moment que par une mrni'sir.u temporaire... Le soussigné av"it diVlai^ ne Doivoir -onveri.er les Grecs conformément à un traité qui pouvait avoir pour résultat 1 effusion du sang et le massacre de leurs frères; il avait élevé des objections contre les nouvelles frontières à cause d.- bnn- faiblesse sous le point <lo vue nnhtaire, et réclamé pour les Grecs /. ./..// ./. s'opposrr ,} .a noounat>on... Lorsque le soussigné prévoyait .p.'il deviendrait souverain de la «>r.re, c.tait dans l'espoir rA'/r. reconmi librement et w.mimenmU ,,ar tu nation (jrerqae, et d'éti-e accueilli par elle comme l'ami qui récompenserait sa longue et l.eroique lutte par la sûreté de son territoire et l'.'.tablissement de son indépendance sur .les bases permanentes et honorables. C'est avec le pins p,olond regret ,p.e le sous.signé voit ces espérances déçues H rem.-t

Ifili l.lall'dl.l)

rdiincllciiifiil ciilic les mains des |il(''i:i|i(il('iiliaii('S un (l('|)('il diml les ciiconslanccs uo lui jicrnicllcnl jilus de se cliarj^ci' (trcr li(iiiii<'iir , noiir liiiiiiriiii', cl ar<(nt(tijr jKinr les Grecs ou les iiilrrvls jjvni'iiiii.r de f Eiiroiic... n

Cotlo lettre, qu'un si sage esprit avait inspirée, atliia plus \i\('nieiil encore sur le prince l'iittentign di; l'Europe.

La lJelgi(|ue, en se délacliant des Pays-Bas, venait de prouver qu'elle avait compris et mis à prolit les leçons ({u'avaient données aux [)euples les ,i;ou\ernements protecteurs de la Grèce.

Maîtresse d'elle-même, ayant concpiis son indépendance et sa nationalit(', la Belgique voulut un roi. Spontanément, elle offrit le trône à un des tils de Louis- Philippe, le duc de Nemours; des raisons politiques sur lesquelles nous n'avons point à revenir ici, la crainte fatale de blesser l'Angleterre engagèrent le roi- ■ citoyen à refuser cette offre. La Belgique songea alors à l'honnête prince qui avait refusé de régner sur la Grèce parce que le vœu du peuple ne lui était pas unanimement favorable.

Une dépntation du Congrès national belge se rendit à Londres, auprès de Léopold, le 26 juin 1831, lui offrit la couronne, et, moins d'un mois après, le 26 juillet, le nouveau roi Jlt son entrée solennelle dans sa capitale, acclamé par toutes les classes de la population. Avant de mettre le pied sur le sol de la patrie qui l'adoptait pour son chef, Léopold avait remercié de leurs services les ofliciers et jusqu'aux serviteurs anglais attachés à sa personne. Il avait en outi'e renonié à la pension de 50,000 livres sterling qu'aux termes de son contrat de mariage l'Angleterre devait lui payer pendant tout le cours de sa vie; le souverain d'un pays libre ne pouvait être le pensionnaire de la Grande-Bretagne. Sans cette renonciation, l'Angleterre aurait aujourd'hui payé près de 60 millions de francs , sans compter les intérêts, à un prince de la famille Cobourg pour la peine qu'il voulut bien se donner d'épouser, en 1816, une belle et charmante jeune fille appartenant à la famille royale.

Le jour môme de son entrée à Bruxelles , Léopold prêta le serment constitutionnel conçu en ces termes : « Je jure d'observer la Constitution e( la loi du peuple belge , de maintenir l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire. » Ce serment a été et est encore loyalement observé. S'adressant aux membres du Congrès, Léopold prononça ces paroles qui protluisirent une profonde sensation : « Si, malgré tous les sacrifices pour conserver la paix, nous étions menacés de guerre, je n'hésiterais pas à en appeler au courage du peuple belge, et j'espère qu'il se rallierait tout entier à son chef pour la défense du pays et de l'indépendance nationale. »

iioi ni'S fîKLci'S.

Il tint parole, cl .juaii.l ],>• Hollandais roconimoiid'iriit hniS(|iionient k-s iiostililés, Léopold se soiiviiil .lu'il avait été général au service de la Russie, H il alla se .uellro à la tête de l'année l.el-e ,|ui r„| |,aiue à Loinaini mais, grâce à l'inlorvonfion de la France, le jeune royaume l'ut sauvé.

L'échec de Louvain avait fait sentir au i-oi Léopold la nécessité de réorganiser l'armée et surtout d'en fortillcr les cadres. Il demanda au gouvernement français un certain nombre d'officiers généraux et d'ofliciers supérieurs de diverses armes pour mener à bonne fin cette tâche. Les susceptibilités de l'armée belge furent bien un peu inquiètes, l'amonr-propre de nos chatouilleux voisins s'alarma à l'idée qu'il fallait des Français pour dresser des Belges au métier des armes, mais le roi Léopold voulait atteindre le but et il n'hésita pas sur les moyens.

Pendant cette même année, la duchesse douairière de Saxe-Cobourg- Saalfeld, mère de Léopold, mourut à l'âge de 75 ans.

La Belgique avait un roi ; à ce roi il fallait une cour. Or, il n'y a pas de cour sans femmes. Léopold songea à se remarier. Des négociations furent entamées , et il fut décidé qu'il épouserait la princesse Louise d'Orléans , fille aînée de Louis-Philippe. Le mariage fut célébré à Corapiègne , le 9 août 1832; il n'eut pas lieu k Paris parce que le roi Léopold était protestant, et que M. de Quélen, archevêque de Paris, se fondant sur la lettre de certains canons de l'Église qui prescrivent de ne procéder au mariage entre protestants et catholiques ([u'à la porte du temple, s'était opposé à ce que la bénédiction nuptiale fût donnée aux époux dans la cathédrale du chef-lieu diocésain.

Marier un roi et la fille d'un roi sur la place publique eût été chose inconvenante. On alla donc à Compiègne. L'évêque de Meaux fut plus accessible (jue l'archevêque de Paris; il paraît qu'il est avec les canons de l'Église des accommodements. L'évoque officia pour la princesse, et le pasteur Gœpp pour le roi. Les chambres françaises votèrent à la jeune reine une dot d'un million de francs.

Ce n'est pas le tout (pie d'avoir une cour; il faut un Ordre de Chevalerie; un ordre (luelconque bariolé de couleurs vives; il faut qu'un roi puisse disti'ibuer des croix et des cordons. L'ordre de Léopold fut créé et tout

108 i.i':oi'oi,o

lui poiii' le iiiir'ix dans le |)liis |iclil cl Ip meilleur des royjuiinrs possii)lcs. Oui, le iiieilleiii' à (((iiii mu-, car la ciiiisliliilioii bcl^c i|iii fui idoiiiul^uéc eu 18.'ti{, es! sans ciuiliedil la plus lihérale des coiistidilioiis ; elle cdiisacrc tous les droits et foutes les libertés: droit d'association, droit de r(''niiion . liberté île la presse, liberté de l'enseignement, séparation de la société civile et de la société religieuse, sénat électif, etc., etc.

La Belgique doit h cette constitution, à la i)robilé du roi (pii la i-especte, le développement de sa prospérité et de sa richesse. Dès l'année 1834, avant même que la France ne songeât à construire ses deux petits chemins de fer de Saint-Germain et de Versailles , la Belgique construisait son - réseau , et elle devait à ces voies de communication perfectionnées un prodigieux élan commercial et industriel. La I?an(|ue de Bruxelles était créée; la Société générale pour favoriser riixlustric nationale activait tous les progrès, et le roi, par son initiative, prenait une part intelligente à toutes ces créations utiles.

En même temps, par des traités habilement négociés et heureusement conclus, le roi Léopold créait au dehors, à la Belgique, des débouchés et lies appuis. Des traités de commerce furent successivement conclus avec l'Angleterre, la France, la Porte Ottomane, l'Espagne, la Hollande elle-même, le Zolhverein, etc., etc. Ce fut à la suite de ces divers traités, en 1841, sous le ministère Nothonib, que des tentatives d'union douanière entre la Belgique et la France causèrent dans les deux pays de si vives émotions. Les journaux jetèrent feu et llamme, les uns approuvant, d'autres criant ;i la trahison; il y eut une avalanche de brochures, tous les intérêts menacés ou favorisés par le projet d'union prirent la parole pour ou contre et l'union douanière ne fut pas réalisée.

Après cet échec , la Belgique essaya de fonder un système colonial ù Guatemala, et elle ne fut pus plus heureuse.

Le lui LéopohI est essentiellement visiteur et comme il exerce l'hospitalité aussi volontiers qu'il la reçoit, il en résulte que son palais est une luMellerie j)rincière et que lui-même se met en route avec autant de facilité que s'il était un simple (jcntlemun. Tous les rois, tous les grands-ducs,

iioi ih;s lii.i.cKs. Kio

tous li'S [(rimes rovaiix cl lirirdilaircs de ri"jiii)|)(' (uil passi' pai- lîiiixrllcs et tous ont (Ht- oiirliaiilrs de racciicil digne f( siiii|)lc (|ii'ils \ mif rrcu.

Lt^opold est un grand soigneiir, dans l'acception toute rnodcrnc du uh»(. Ce n'est ni un ])liilosopli(' ni un [kiMc, c'est un Imrnuic |ira(i((U(' et iiosilil; il est de son siècle, il eu conipicud les besoins, il sait où lend le uKinde, et n'a pas la Inlle préieulidu de le l'aire l'étrograder. Sa lielle et remarquable intelligence s'est l'aniiliaiisée avec tons les grands problèmes de nolii' temps; sa \aste instruction lui pernu'l de les étudier avec fruit, d'en clioicber la solution possible. Il fait en conscience son métier de loi. Il .sait (pi'il tient sa couronne du peuple, et il consacre à ce peuple, à son élévation, au développement de son bien-être toute son acli\ité, tout ce' qu'il a de meilleur en lui.

Quoique protestant, il a poussé le respect de la liberté jusqu'à laisser h; clergé catbolique prendre dans son royaume une influence di'saslreuse, et nous avons vu les évêques belges attaquer le gouvernement du ini Léopold avec ces violences, ces intempérances de langage, au.xquclles le clergé français nous a malbeureusement, lui aussi , habitués. Le clergé Itelge ne pardonne pas au roi sa fidélité , son attachement à la communion religieuse dans laquelle il est né. Il vérifie la parole que prononça l'abbé de Haerne, lors de l'élection de Léopold au trône de Belgicjue : '«Prenez garde! ce protestant .sera odieu.x aux masses catholiques. » La sinistre prédiction ne s'est pas réalisée, en ce sens que Léopold a su conquérir les sympathies des masses catholi(|ues, mais certains hommes n'ont rien épargné et n'épargnent rien encore pour lo leur rendre odieux.

Ces menées, ces intrigues, ces mauonivres du pai'ti (dérical en Belgique laissent le roi impassible. Il gouverne avec la majorité ([ue les élections législatives lui envoient ; il change ses ministres et orienlc ses voiles selon !c vrnt parlementaire. Il laisse passer les folles clameurs et attend tout du bon sens de son peuple. Il fait respecter la constitution et les lois, le reste ne l'inquiète guère. Dans ses luttes avec le clergé il a fait preuve d'une habileté e( d'une dignité personnelle très-remai'qnables ; jamais il ne lui a donné prise sur lui pai' une inconséquence ou une imprudence. Léopold possède au plus haut degré le plus rare des esprits, l'espril de condnile et cette vue droite, cette nellelé de l'esprit que nous nommons le bon sens. Il \\l noblement et simplemeni, sans fasîe et sans morgue; il est bienveillant sans afTabililé; il force ses adversaires euxmêmes à l'estimer; il a dans .sa forme la raideur britannique.

Loi'S(iue lu princesse Adélaïde, sœur du roi Louis-Philippe, mourut, il lit

ilO l.i:(M'oi,|)

lin \(i\;ij;c à l'aiis. (111 il icviiil d aillciiis li('s-s(ni\ciil, soi! seul, soil a\('(; la iciiic, puis il alla il LniuliTs. A peine de rcldiiià nriixcllcs, il apprit les ûvéuenieuLs de IV'mici- IS'iiS t'I U' drparl d(î sim licaii-piTi! poiii' l'exil.

Ainsi (pi'il arrive loiijuiirs , notre révolution eut eu Europe dos contre- (oups retentissants. Quelques niouvenienls répuhlieains se manifestèrent eu i!elL!i([iie : on diseutait très-haut la (|uestion de savoir si le trône serait niainlemi, si Lèopold continuerait à être roi des Belges. Pendant que l'on discutait assez tumultueusement sur la place publique, Léopokl arri\a inopinément, — il aime à se mêler aux foules, à les voir de "près, — il se présenta devant le peuple et, dans un discours d'une remanjuable simplicité, il offrit sa démission. Nous n'avons pas le texte de ce discours sous les yeux, mais en voici le sens : <( Je suis très-lionoré sans doute d'être votre roi, mais pour peu (jiie nous a\e/. d'autres idées et que ma présence vous gêne, je suis fout disposé à partir. Je ne suis pas né et je ue tiens pas à mourir sur un trône. Vous n'avez qu'un mot à dire et je m'éloigne. »

Je NOUS laisse à penser si ces paroles furent couvertes d'applaudissemeuts. Ou garde toujours un roi qui veut s'en aller.

Léopold resta.

Le parti ch'rical alors , en Belgique comme en France , était lùen loin d'avoir les allures menaçantes et cassantes que nous lui voyons depuis quelipies années. II était humble , il faisait des sermons démocrati(|ues et sociaux, il exaltait la souveraineté populaire. Les mandements épiscopaux respiraient un parfum révolutionnaire. Le Pape était libéral et le Cardinal Antouelli affirmait qu'il était du devoir et de l'honneur de la Papauté de délivrer l'Italie du joug autrichien. C'était le bon temps! Le roi Léopold profita sagement des terreurs du parti clérical pour réaliser d'importantes et intelligeules réformes. On supprima le timbre des journaux, on réduisit le cens électoral et on augmenta notablement aussi le nombre des électeurs, on fit bien d'autres choses encore; le clergé ne dit mot. C'était l'époque où les évoques en France bénissaient les arbres de la liberté et revendiquaient la devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité! Le clergé belge fit de même; il savait bien (ju'armé de la liberté de l'enseignement il reconquerrait aisément le terrain perdu. Aussi le mot d'ordre fut donné en France

HUl DliS lil':l,(iE!i. 171

et nos catlioli(iuos n'oiirenl de repos que lorsfpi'ils ciiient aussi code prt'cicusc liberté. Avec celle lil)ert('", en ell'el, ils peuvenl délier toid(!s les libertés, avec elle, avec leurs corporations puissantes, avec l'influence dont ils disposent, avec le concoui's de la chaire, du confessionnal, les cléricaux peuvent faire à l'enseignement de l'État el à l'enseignement laïque en général une concurrejice redoutable; ils peuvent s'emparer de l'cîsprit des jeunes générations et dresser contre le progrès de redoutables barricades.

La regrettable et folle expédition connue sous le nom ào. Risquons-tout donna beau jeu au parti clérical belge. Il lui donna barre sur l'opposiliou libérale.

Cependant le roi Léopold demeura lidèle à son programme. Les réformes qu'il avait librement consenties n'étaient point des concessions in e.rtroim , elles étaient depuis longtemps dans sa pensée, il les avait miiries et les clameurs, les hostilités, les calomnies ultraniontaines ne le firent point dévier de la ligne qu'il s'était tracée.

En 1849, aux réformes déjà accomplies vint s'ajouter la n-forme postale. L'année suivante, le roi Léopold fut de nouveau et très-cruellement frappé dans ses plus chères et ses plus intimes affections. La reine, qui avait conquis, dans sa patrie d'adoption, d'universelles sympathies, mourut à Ostende le II octobre 1850. Sa nsort causa dans toute la Belgique, dans tous les partis, une impression de douleur profonde. Cette noble femme, dont notre grand Ary- Scheffer a immortalisé les traits, fut pleurée par ce peuple qu'elle aimait, par les pauvres dont elle était le soutien et la consolation. Et ce n'est pas là une phrase de circonstance ; nous n'avons guère l'habitude de flatter les personnes royales, mais nous nous faisons ici l'écho de l'opinion générale en Belgique. La reine ne se bornait pas à faire distribuer des aumônes ; cette charité est si facile aux riches ! Elle allait elle-même, sous de simples costumes, secourir et consoler de pauvres familles affligées, elle soignait les enfants et les malades, elle avait des agents spécialement chargés de lui signaler les infortunes dignes de son intérôl.

Ce second veuvage affligea profondément le roi; il avait aimé d'un tendre amour sa première fenmie, la princesse Charlotte, mais la mort vint sitôt briser ce lien qu'il put à peine apprécier l'étendue de la perte qu'il venait de faire. La mort de la reine lui porta un plus rude coup. Il avait eu le temps, cette fois, de compter les rares qualités qui distinguaient le cœur cl l'esprit de la princesse Louise; il avait appris à l'estimer; elle avait été sa Adèle compagne et souvent son Égérie. Pour distraire sa douleur, il s'occupa plus que jamais des affaires politiques dont le fardeau n'effra\ait pas sa vigoureuse vieillesse.

172 l.i:()iMii.ii

Il rcliiMil en IS.i2 des iclalidiis (li|il(iiiia[ii|ii('s ('iilr(^ son j^duvciiictiiciii cl la llnlIaiKlc. I.rs rclalums cuire les dmix suii\c'i'aius at(|uii'eiit jtrcsiUK! un farailrif d inlimité.

Son lils aiur, le duc de Itcaltaiil . prince royal, allcii;iiil en IS."),'i sa inajtnih' c(insli(iiti(innelle. lui ièlant le lils, la Ucli;i(|nc hoiioiait encore la niéiiioire de sa nièi'o. Le peuple piil une part réelle aux réjouissances pul)li(jiies ordonnées à l'occasion de cet avènement. Le président de la ("lianiltir, des Députés lui l'organe du pays lors(|ue, s'adressaut à Léopold, il lui dit ces paroles: <( Il faut que son affection soit bien profonde pour qu'un peuple » nalurelleuient calme et peu porh', par caractère, aux démonstrations bruyantes, » manifeste un enthousiasme qui dépasse eu vivacité et surtout en spontanéité » ce ipii se voit ailleurs dans des ciiconstances analogues. .Si la famille royale )) es! si populaire, c'est à vous surtout, Sire, qu'elle le doit, h vous qui avez ') rendu au pays tant de services signalés, à vous (|ui avez consacré notre » iudépendauce et notre nationalité, h vous çi/i avez respecté et fuit respecter )) nos liljcrtrs , h vous dont la l)onté et l'afTabilité ont su gagner tous les ') c(eurs. I)

Malgré la présence du roi ces paroles furent couvertes d'applaudissements. Cet éloge était mérib', il n'était pas seulement sur les lèvres du président de la Chambre, il était dans son ctrur et dans tous les conirs. Tant il est vrai (pi'un roi, honnête iiomiue, n'est pas chose commune, e( (|n'un roi prêt ù déposer la couronne et à abandonner son trône le jour où il cesserait d'avoir le cou'^O'irs de son p-^nple est chose moins commune encore.

Nous avons dit l'activité et l'habileté avec lesquelles le gouvernement Belge avait négocié des traités de commerce. En 1834, la Belgique s'unil avec l'Autriche par un traité de cette nature. En cette môme année Léopold eut une entrevue à Calais avec Napoléon 111, et pour cimenteries bonnes relations des deux souverains et des deux pays, le petit-fils de Louis-Philippe vint visiter l'Empereur des Français aux Tuileries, dans ce palais que son grand'père avait fui si tristement en 18i8. Parlant de cette visite, Léopold dit dans son discours d'ouverture des chambres : »Le voyage du duc de Brabaut en France, l'accueil ijui lui a été fait nous ont mondé quel rang élevé la Belgique occupe entre les nations. »

uni DKS liKI.CKS. 17:)

Lo l'ail csl ([UO le iciiiic pi-iiicc avait rir accueilli avec s\iii|iallii(' par li; peuple parisioii cl (pic la coiii' des Tuileries avail mis (picl(|iic coqiiellorie à lo bien recevoir. Aussi, à sfni r(!lour, les partis cxli'ètiics repidclicient-ils au duc de Hi'alianl d'a\(>ii- sulii l'inducnce de la prilili(pic fiaiicaisc. On a dil liien souveut (|ue, les Helges élaieul des Français coulfei'uils. L(î mot n'est pas juste. Les Helges ont une individualité. La comumnaulc de, mieurs et de laiii^age qui existe entre les deux peuples, la facilité ave*- laquelle ils s'assimilent les progrès réalisés hors de chez eux, ne doivent |)oiid nous faire illusion. Le peuple helge a des (jualités et des défauls (pii lui sont prypi'es et ses qualités peu éclatantes, mais solides, méiilenl liien (pieh|ue respect.

La Belgique a céléliré, eu IS.'jli, le vingl-cimpiième anniversaire de rav(''nement au li'ônc du roi Léopold ; oi-, comme c'est de cet avéïiemenl ipic; datent la nationalité et l'indépendance Belges, on comprend que la céléhiation d'un pareil anniversaire ait été une fête puhliipie, la fêle de la nati(»n. .\ussi se pressa- t-elle tout entière autour de son chef et les témoignages d'affection et de dévoùment furent unanimes. Seul, le parti clérical mit des restrictions à son enthousiasme. Battu dans les élections, c'est-à-dire par le pays, qui, de plus en plus, s'éloigne de lui. il contint mal sa mauvaise humeur et l'occasion de la manifester ouvertement ne larda pas h se montrer.

Le ministère soumit aux Chambres, en 1857, un projet de loi sur la charité et les établissements charitables. Quelques dispositions de ce projet touchaient aux privilèges du clergé. Ce fut pour le parti ultraniontain le prétexte d'une levée de boucliers. Kxcitant les plus mauvaises passions, les préjugés les plus grossiers, montrant la religion menacée, il parvint à soulever des mécontentements qui se tiaduisirent par des actes de violeiicj déploi'ables.

Le roi lit alors ce (pi'un nio!iar(pu^ consliliilionncl doit l'aii'e : il prononça la dissolution de la Chambic et lit apitcl au pays, l'engageant à être juge lui-même du contlit qui venait de, s'élever. Les élections eurent lieu. Le parti clérical comprit que ce duel était sérieux ; aussi n'épargna-t-il rien : menaces , intrigues , promesses , effroi des consciences , fout fut mis en œuvre et échoua devant la souveraine puissance de l'opinion. Le scrutin donna raison au roi, à son gouvernement, à sa politique, à la raison en un mot. Mais le parti ultraniontain est incorrigiljle ; les leçons qu'il reçoit ne l'instruisent pas; elles l'irritent. Dès le le lendemain, il recommença ses intrigues avec plus d'acharnemeut que jamais.

Le peuple belge est un peuple actif et laborieux, mais il est peu artiste.

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LropoM a l'ail loiil ci' (|ii il riail Iminaiiicmciil possililc de lairr pour di'xcliippcr ni lui le i^nùl îles ails. (Vrsl à lui (|iii' la ii('li;ii|iii' doit sns expositions (riciiiialcs de pciiiluri', la créiilion d'uiif classe des licaiix -aris et d'un prix d'iiistoiic à rAcadcinio royale. C'est par son initialivi! «pic des statues uionuuienlalcs ont r\r ('"levées à Ruhens, h Tirétry, au ijénéral Helliard, à ("diarles de Lorraine, à Orlando Lassus , h Vosalc. et(! C'est sons son règne (pie le monument du Congn^'s national a ('U'^ ('■lev('' ; (jue le musée royal de peinture et de sculpture a ('ti- organisé.

Les premifîreR expositions agricoles oui (■t(' ouvertes en Belgique ; un prix y a t'it' iomh'' pour le nu'iUeur ouvrage sur ragrionllure générale; d'autres prix sont décernés aux familles laborieuses, qui se distinguent par lenr moralité , leur lionne conduite « Pt Jour propreté. »' D'excellentes choses, en un mot, ont été faites sons ce long règne (pii compte aujonrd'iini près de trente années d'existence.

La Belgique constitutionnelle et libérale et le roi qu'elle s'est choisi donnent aux rois et aux peuples de l'Europe un exemple utile , en ce moment surtout où tant de trônes chancellent et tombent, non pas comme on le dit dans les gazettes monarchiques ou religieuses, sous le coup de la révolution , mais sous le coup de la désaffection des peuples. Le roi de Naples , le souverain temporel des États-Romains , les grands-ducs de Parme, de Modène et de Toscane, issus de races royales , rois et princes de droit divin , se croyaient affermis dans leur pouvoir , bien mieux que ce petit roi de Belgique, élu par un peuple. L'Autriche croyait son autorité sur son royaume Lombard- Vénitien bien plus solide que ne pouvait l'être celle du roi Léopold en Belgique; la volonté nationale l'avait porté sur le trône, la même volonté pouvait l'en renverser. Est-ce que le pouvoir souverain est compatible avec de telles éventualités , avec des chances si douteuses? Est-ce qu'il est digne d'un Roi de reconnaître des principes subversifs, de compter les peuples pour quelque chose, de leur demander autre chose que de l'argent?

Eh bien ! ce petit roi de Belgique est roi depuis trente ans . il l'est en-

MOI ni:s iii;i.(i.i:s.

rnrc. il le sera (Iciiiaiii . cl rni-nni|,.,isc Aiilii.j,.. n pcniii la Lmiihanli.. . la V.'iirlic lui rcliappc, clin nVst pas sure (l<! la Uoiv^vh]

Co poHl Roi (le I{(>lf.iqiic, élu par lo peuple, est sur son tiinm ^d le |{„i (le Napics es! enfcniK'; dans Gaëte, al)fin(lonn(5 par ses sujets qui, à l'unanimité, votent leur annexion au Piémont et font acte de soumission à Victor- K m manuel.

Léopold est roi de Hclgique et le Pape a perdu une partie de ses États, et sans la France qui a la bonté de le soutenir, il y a longtemps que ses sujets, respectant son autorité spiritu.^lle, l'auraient pri,'- de vivre en paix et de laisser Rome à l'Ilalie unie et indépendante.

L'élu d'un peuple est solidement assis sur un trône qu'il occupe depuis trente ans. Où sont les grands-ducs de Parme, de Toscane et de Modène?

C'est donc quelque chose que le peuple ! C'est quel.|ue chose que son affection! On peut donc tout avec lui et onne peut rien sans lui! Léopold n'est pas un homme de génie, c'est simplement un homme distingue, et cet homme, par cela seul qu'il a compris que les rois étaient faits pour les peuples et non les peuples pour les rois, a trouvé le moyen de donner h son pouvoir une solidité, une hase plus large que celle sur laquelle repose le pouvoir des monarques absolus. Il y a là, ce nous semble, matière à sérieuses réflexions.

De son mariage avec la princesse Louise, fille du roi Louis- Philippe , Léopold a eu deux fils et une fille.

L'aîné des fils est né le 5 avril 183o, c'est le duc de Brabant, prince royal, général-major, ç(3mmandant honoraire du régiment des grenadiers. Il s'est marié à la duchesse Marie, archiduchesse d'Autriche, fille de feu l'archiduc Joseph, palatin de Hongrie. Dpux enfants sont nés de ce mariage: la princesse Louise et le comte de Hainaut.

Le second fils de Léopold est le comte de Flandre, général - major , commandant honoraire du régiment des guides; il est né le 26 mars IS.S?!

Et enfin la princesse Chariotfe, née le 7 juin 1840 et mariée en 18o7 à l'archiduc Maximilien , qui fut gouverneur de la Lombardo-Vénétie et frère de l'empereur régnant.

Ainsi le roi Léopold est allié par les liens du sang à l'Angleterre, à la France et à l'Autriche; mais c'est vers cette dernière puissance que l'(^ntraîneraient plutf.f ses sympathies personnelles s'il ne s'était fait une loi d'obéir, avant tout, aux intén:'ts de son peuple.

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i.KoiMii.n. iKM i)i;s uKi.c. i;s.

L'alluaiiilcli (illicii'l (le (inllia (Idiiiic à [.roiMild les lilics de : » Win des 15t'l^('s.' (lue (le Saxe, prince de Saxc-Cohourf^-Gtillia, pioprirlairc du réj^iiiiciil (riiiraiitciic aiiliicliicii ii° 27.» Léopdld csl l'cld-inaiTclial d'AiifilcIcri'i; ; il ne pKMid plus nriicicllciiiciil ce lilrc cl il a ((uiscrvr celui de iiiit/irii''/iiij'c d'un ivL;itueu( auliicliieu.

Mous mciilionnoMs celle pailicularilé sans y allaclier plus d'iiupoi'lance qu'elli» n'eu uiérile. Audicliieu ou non, le Uoi Léopold est IJelf^e avant loul, il est i(ii couslilulioiiuel, il oI)serve lidèleuu'ut le pacio l'oïKlanienlal qu'il a juré de inainlouir. Loin de porter atteinte aux di'oits et aux libectés de son peuple, il les a développ<^s avec sajïesse ; sous son règne la IJelfiique s'est (!'le\(V à un très-liaul degré de prospérité; elle a été hospitalière pour nos proscrils et c'élail jioui' nous un devoir d'honorer le prince qui a ainsi compris ses hautes el difliciles Innclions.

Tjp. Ernest Meyer, à Paris.

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