S KOSSUTH
l't'clK'i'flier radlicsioii du idi aii.\ hiis do saliil piililif, \oU''L'S par la Diète. Dans ootU' omivi'o ahsiu-dc du uiaiutini do la lôf,'alitt', — alors que loute l(''fj:alito olail violoo [lar l'Aiitricho (|ui romoulait, soldait, armait los insurgés serbes, roumains, saxons, croates, — Kossuth se compromit en défendant contre l'opposition avancée des États la conduilo do ses collègues, n'osant pas e.xiger le rappel des régiments liongi'ois d'Italie et même voulant promettre un secours à l'empereur d'Autriche, pour le cas où le roi de Hongrie laisserait ses fidèles sujets lever les troupes et les forces nécessaires à leur propre défense et de sa propre autorité coopérerait avec eux à l'apaisement des luttes intestines des nationalités. Pendant que le cabinet de Pesth attendait ainsi qu'il plût à l'Autriche de lui permettre de sauver le pays, Radetzky reprenait Milan et forçait Charles-Albert à signer l'armistice de Salasco (4-6 août) ; et aussit(M « le roi aimé » refusait nettement de sanctionner les lois ([ui lui avaient été présentées par « son peuple fidèle. » Ce défi fut jeté le 9 septembre, dans l'audience qui fut accordée à Schœnbrunn aux 100 délégués de la Diète de Pesth, et deux jours après, le 1 1 , Jellachich franchit le Drave, au nom de l'empereur d'Autriche, envahissant le territoire du roi de Hongrie !
A la séance du 11 septembre, le président avertit la Diète que le ministère Batthvany avait donné sa démission et l'invita à pourvoir à la nécessité d'un gouvernement. Des cris de: ((Vive Kossuth» éclataient. Le ministre de l'intérieur annonça alors qu'il n'avait pas encore abandonné son portefeuille, ayant jugé nécessaire que, dans une crise aussi grave, un ministre responsable restât au moins en fonctions. Cet acte de patriotisme ayant été fort applaudi, Kossuth déclara qu'il se considérait aussi comme obligé de conserver ses fonctions jusqu'à la nomination de son successeur légal et, retournant à son banc, il s'écria : — ((Je reprends ma place, et je voudrais voir celui qui m'en chassera! »
Il était en effet à craindre que le roi, qui avait accepté la démission de Batthyany, et qui déjà, dans un mémorandum, protestait contre les réformes de mars, ne voulût point instituer un nouveau ministère, et qu'ainsi la Hongrie, en s'obstinant à rester dans la légalité, demeurât sans gouvernement en présence d'une invasion. L'attitude de Kossuth et de la Diète contraignit le Palatin à charger Batthyany de la composition d'un nouveau ministère, mais à peine celui-ci eût-il été présenté que le Palatin, qui venait de se faire refuser une entrevue par l'envahisseur Jellachich, crut devoir prendre la fuite. La constitution du nouveau cabinet étant devenue impossible, la cour de
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Vienne poussant lillépalité jusqu'à mettre la Hongrie on .'tal de sirge sous le commandetnent du général Leniherg, la Diète, même sans \i(ilcr la légalité à laquelle elle restait attachée ave« une sorte de folie, dut, mais seulement pour ((Sauver la patrie et ses droits sanctionnés par la loi de 1848, » instituer un comité de défense, — 22 septembre, — qui, réorganisé le 8 octobre, sous la présidence de Kossuth, fut ilf's lors le vrai gouvernement de la Hongrie.
Grâce à sa popularité, à son activité, à son génie, Kossuth concentra dès ce moment presque en lui seul, tous les pouvoirs du comité qu'il présidait, et raconter sa biographie, c'est raconter la Révolution hongroise elle-même. En face de .lellachich, marchant sur Pesth, fies Croates, des Serbes, des Saxons, des Valaques transylvains, insurgés au nom de l'Empereur, l'ardent tribun trouve instantanément la puissance de réparer les fautes commises durant tant de mois. A sa voix, les régiments de hussards, encore au service de l'Autriche, accourent former le noyau de la cavalerie de leur pays. La jeunesse, trop longtemps retenue, s'ébranle, et des volontaires qui jurent de servir jiisqiià la victoire, Jusqu'à la mort, sont rangés par milliers dans les bataillons de Honveds (défenseurs de la patrie). Des compagnies d'artillerie et de génie sont improvisées, ainsi que des manufactures d'armes , de munitions , d'équipements et d'habillements militaires. Bientôt la Hongrie, surprise, sera de force à lutter contre les vieilles troupes autrichiennes, à les battre, à les écraser. Mais déjà, — en septembre, — avant que l'armée nationale puisse être formée, — on voit Kossuth parcourir tous les grands villages de la P««v/« (steppe), en lancer toutes les populations, jusqu'aux vieillards, contre Jellachich qui, arrêté à Palvozo, s'enfuit honteusement vers Vienne, poursuivi par des paysans à peine armés! Si le magnifique élan , excité par le grand orateur , n'avait pas été encore une fois fatalement entravé par crainte d'enfreindre la légalité, de violer la frontière autrichienne quand les Habsbourg-Lorrains venaient de faire violer le territoire hongrois, certainement les vainqueurs de Jellachich auraient pu arriver dans les premiers jours d'octobre sous les murs de Vienne, opérer leur jonction avec les insurgés viennois, et du même coup sauver la Hongrie et l'Autriche démocratique. Par malheur, Kossuth ne triompha des hésitations des timides que le 28 octobre, l'armée hongroise alla se heurter à Schwechat contre Jellachich, Auersperg et Windischgraets réunis, perdit la bataille et ne put empêcher la mitraille impériale d'écraser les Viennois.
MO KOSSLTH.
Pour avoir nianqii('! l'occasion d'achever sa première victoire, la Hongrie se trouva plac(''e dans une situation que l'Europe entière crut désespér('!e : quatre de ses forteresses intérieures étaient au pouvoir de l'ennemi, dans le Banal sévissait l'horrible guerre des Serbes contre les Magyars, le général Schlick avait déjà envahi la partie septentrionale du pays, les Impériaux, unis aux Valaques et aux Saxons, s'emparaient de la Transylvanie ; Jellachich augmentait ses hordes Croates , Windischgraets rassemblait toutes les forces autrichiennes, excepté celles employées h bloquer Venise; en un mot, comme disait Kossuth, la Hongrie était vraiment « attaquée de huit côtés ù la fois, » étreinte dans un immense réseau de fer et de feu. Certes, lorsque le 2 décembre 1848, François-Joseph reçut la couronne de son oncle Ferdinand II et chargea son généralissime de réunir le royaume rebelle en un tout unitaire avec le reste de la monarchie autrichienne, qui n'eût cru que c'en était fait pour jamais de la vieille constitution de Saint-Étienne. de la nationalité hongroise elle-même? En voyant le généralisisme Windischgraetz avancer presque sans éprouver de résistance, prendre Bude et Pesth sans bataille; en voyant le comité de défense, la Diète, l'armée, reculer jusque derrière le Tisza, autour de Debreczen, qui eiit rêvé, durant ce terrible hiver de 1848-1849, qu'au printemps suivant, avec les premières fleurs, s'épanouirait triomphante la liberté hongroise?...
Ce miracle fut dû, d'abord, au peuple, qui, — lorsque tant de lâches magnats passaient derrière l'ennemi, se mettaient même à son service; lorsque tant de députés désespérés hésitaient à aller occuper leurs sièges à Debreczen; lorsque, jusque dans l'année, se produisaient tant de défections intéressées, — ne douta pas un seul instant du triomphe de la cause nationale et, sans élever le moindre murmure, persista ;i verser et son sang et son or dans l'espoii- d'une victoire presque impossible. Mais qui exprima alors avec le plus d'exactitude, qui entretint le mieux de sa propre foi la foi du peuple? Ce fut Kossuth. Bem, qui d'un bond, reconquit la Transylvanie, considérée comme perdue, Damjanich et Perczel , qui étouffèrent l'insurrection serbe, Klapka qui, eu battant Schlick, empêcha la jonction