KOSSUTH
(les ;irm(''PS autrichiennes et rendit possihle la concenl ration fies arm(''cs hongroises; Gœrgey lui-même, par sa belle retraite d'hivisr; tous les <^{'r\{tr&ux et, soyons justes, tous les soldats, sans doute, eurent la plus lar^e pai't dans l'accomplissement de l'œuvre nationale. Mais la gloire particulière de Kossuth, c'est d'en avoir pris l'initiative et de l'avoir rendue possihle en réussissant, par l'irrésistible enthousiasme qui débordait d(! son cœur dans ses proclamations et dans ses actes, à réunir un moment toutes les volontés si divergentes avant et après ce moment sublime.
Si, — ne recherchant pas les intrigues qu'ourdissent déjà b's Pacifiques et Gœrgey, et qui plus tard produisent de si funestes résultats, — on se rappelle la glorieuse campagne d'août 1849, la guerre de Hongrie devient un poOme épique, oîi, pendant que la foule anonyme agit, deux grandes voix répondent, tantôt annonçant la victoire et tantôt la célébrant, celle du poète de Petœfi, celle de l'homme d'État, de Kossuth; l'une et l'autre criant : £";« avant! En avant l
« S'il faut mourir, eh bien! soit, mourons tous! « Et que par nous vive notre Patrie!
En avant !
Ainsi chante le Rouget de l'Isle hongrois; et le président du comité de défense s'écrie à son tour :
(( Hongrois, libres citoyens du pays d'Arpad, indépendant depuis mille 1) ans, salut!
(( ... Il existe un Dieu juste, qui a veillé sur nous avec sa sollicitude 1) paternelle, avec sa bonté infinie. Il nous a envoyé des jours de souffrance )) afin que se réveillât dans nos cœiu'S l'amour de la patrie, afin que fût 1) épuisée chez nous cette patience, avec laquelle nous supportions depuis 1) plusieurs siècles l'oppression et l'esclavage. Ce Dieu nous a plongés dans » l'infortune, pour nous apprendre à connaître le prix d'une indépendance « menacée ; il a voulu nous conduire dans la voie de la félicité suprême, » après nous avoir contraints auparavant cà exercer notre force, et à le » mériter par notre dévouement et notre énergie...
»... Dans quelques jours la Hongrie sera libre, et aucun ennemi ne )) viendra plus nous molester sur notre territoire. Recevez cette agréable I) nouvelle, mes frères! »
Pendant ce temps-là, l'armée nationale a repassé la Tisza; elle s'est
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heurU''e à Kapulna coulrc los luiisscs (paisses ries Aulrioliioiis et elle s'est trouvée, — cette arniéo improvisée d'hier, — capable de simtciiir le clioc. Puis à Hatvan. elle a pris son ('laii, et do Tapio-Bicske à Isaszegen (îœdœllœ, de Vacz à Mapy-Sarlo, les llonveds n'attaquant plus qu'à la baïonnette, les hussards assommant à coups de poings leurs caricatures Croates, elle a débloqué (^omorii, délivré la capitale , et refoulé l'ennemi dans Presbourg. Un j)as de |)lus, la patrie est déli\réc.
... En avant! crie encore Kossuth. Le général en chef, Gœrgey, crie aussi en avant l
A la fin d'avril 1849, la question était enfin franchement pesée entre l'Autriche et la Hongrie. Le premier usage que le président du Comité de défense crut devoir faire de son autorité, fut de répondre aux attentats commis par le nouvel empereur François-Joseph , qui décrétait la suppression de l'autonomie hongroise au mépris des serments jurés depuis trois siècles par ses ancêtres, en faisant prononcer par l'Assemblée nationale la déchéance de la parjure maison de Habsbourg-Lorraine et l'indépendance de la nation hongroise, rentrant dans la plénitude de ses droits. Le grand acte du 14 avril, admirable résumé des griefs de la Hongrie contre l'Autriche, monument destiné à servir de base <i la reconstitution de la nationalité hongroise , fut presque entièrement écrit sous la dictée de Kossuth. Cette œuvre , la plus belle à laquelle il pût attacher son nom, que ne l'exécuta-t-il une année plus tôt ! Certainement il en aurait eu le pouvoir, et, grâce à lui, l'Autriche n'aurait pas survécu à la crise de 1848. En avril 1849, la. Déclaration de l' indépendance ne reçut ^oin\ en Europe l'accueil qu'elle méritait. Quoi(|u'il n'y fût point question de république, mais uniquement de nationalité, les peuples libres eux-mêmes restèrent sourds à la voix de la Hongrie , n'ouvrirent point leurs rangs pour l'admettre parmi eux. A l'intérieur, bien qu'acclamée par la presf|ue unanimité des populations , la rupture complète avec l'Autriche servit de principal prétexte aux intrigues militaires des pseudo-constitutionnels , du traître Gœrgey, et ce fut aussi du décret de la Diète de Debreczen que le cabinet de Vienne se servit pour dissimuler aux yeux des puissances occi-
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dentales l'iniquité de l'intervention russe, décidée, commencée niènu', aulérieurement, en Transylvanie.
No\is n'avons pas l'cspiirc lu'icessairo poiii' rcndic ((imptc dans hjus ses détails de la condiiilc (|U(' (lui Kossutli dans ces Icirihics ciiconstances. Élevé au rang suprême de Gonconiciir, le 14 avril, il s'elî'orça (nul d'ahord d(i rallier toutes les opinions en ne se prononçant pas .sur la fnrinc du gouvernement, en n'acceptant le pouvoir (|ue pour assurer les droits de la nation, décidé à n'èti'e plus tard — comme il dit dans son serment — <i qu'un pauvre et modeste citoyen de la Hongrie affranchie. » Sa modération, dès le déljut, n'empêcha pas le général Gœrgey, tiré par l'ex-président du Comité de défense de la foule des officiers secondaires et successivement élevé au rang de généralissime, d'ameuter contre lui les esprits timorés et de tramer un coup d'É(at nulitaire, (jui avait pour Itut apparent de maintenir l'ancienne Constitution jous le roi légal. Ce coup d'État réussissant, Georgey , dont c'était le but principal, se serait empressé de prendre la place d'un rival. Pour exécuter son projet, il pensa qu'il devait , non pas laisser son armée poursuivre sa marche victorieuse sur Vienne, mais la ramener vers Bude et l'attarder au siège, pour le moment inutile, de cette forteresse. En perdant deux ou tiois semaines à la prendre, le vainqueur avait permis à l'Autriche d'appeler la Russie à son secours et de barrer définitivement la route de Vienne aux Hongrois; et pourtant quand, le 3 juin, Kossuth put faire rentrer son gouvernement à Pesth , complètement délivié, le peuple, ivre de joie, mêla dans ses acclamations son nom à celui de Gœrgey.
Le gouverneur, depuis que le général de l'armée du Danube avait lancé la proclamation anti-parlementaire du G janvier, avait pu se rendre compte du caractère et des desseins du général en chef. Il aurait donc dû se préparer à agir contre lui à la première occasion favorable et dès que le salut public exigerait la punition du rebelle. Au contraire, on vit toujours Kossuth, sans- doute parce qu'il admirait trop les talents militaires de son ennemi, s'efforcer de le ramener à lui en l'accablant d'honneuis. .\u commencement de la campagne d'avril, il lui sacrifie Dembinski. Devenu chef de l'État , il en fait son ministre de la guerre , et , lors même que désobéissant formellement à ses ordres , il le voit s'acharner à livrer autour de Comorn , pendant que les Russes avançaient , les plus malheureux combats, il ne le destitua un instant que pour lui rendre quelques jours après ses dignités et le laisser libre, hélas! de perdre la Hongrie.