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yis à-vis de (îœrgey, (|u'il aiiniil <lù Iiriscr h lomps, Kossiitli iiioiilra une trop faraude faiblesse. Mais poun|uoi? Klait-ce simplement par mauque de cuiiraj^e personnel , conmie l'ont tant rt-péti' ses ennemis? N'élait-ee pas plutôt parce qu'il crut jusqu'à la dernière heure que (îœrpey •■tait indispensable, comme chef d'une habileté reconnue, pour conduire les optM-ations militaires; parce qu'il le supposa beaucoup plus influent sur l'armée (ju'il ne l'était réellement , et craignit de susciter des divisions précisément à l'heure où il fallait ([ue tous les fils de la patrie restassent indivisiblement unis en face de l'ennemi commun ?
Quoiqu'il eu soit , pour éviter que le gouvernement national ne se trouvât surpris entre l'armée de Paskiévitch et celle de Haynau , Kossuth quitta une seconde fois Bude-Pesth et transporta sa résidence à Seyged (10-11 juillet). Espérait-il encore ■ — comme on le croirait en lisant une de ses proclamations — que la Hongrie pouvait se sauver, et par son salut assurer à rp]urope entière la conquête et la liberté? — S'il espéra malgré tout, son illusion ne dura pas longtemps, car Gœrgey n'ayant pas opéré sa jonction avec les autres corps d'armée au moment opportun, les Russes et les Autrichiens purent couper les défenseurs de la patrie ; Dembinski perdit la bataille de Szœreg (3 août) , Bem , celle de Temesvar (9 août) . Retiré à Arad , le Gouverneur, croyant, malgré les avis de quelques-uns de ses ministres, la situation insoutenable, renonça tout à coup à son autorité et. transféra le pouvoir civil et militaire au général Gœrgey (11 août). Le surlendemain, le nouveau dictateur réunissait 30,000 soldats encore décidés à combattre , 'les conduisait au milieu des Russes, par lui-même avertis, et, dans les plaines de Vilegos, leur faisait mettre bas les armes. Bientôt la forteresse de Coraoru, commandée par Klapka , fut seule à maintenir héroïquement le drapeau tricolore, qu'elle dut enfin abattre de ses murailles le 5 octobre. Dès lors , l'ordre régna en Hongrie.
Cependant Kossuth était entré par Orsara sur le territoire turc (19 août). Il espérait se rendre immédiatement en Angleterre, en passant par Constantiuople. Mais la Porte, menacée par l'Autriche et la Russie, n'osa pas le laisser pai'tir et le retint à Woddiu, en Bulgarie. Craignant de ne point
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T'Irc ai)i)ii\('' [tar U's lioiivcriiriiiciits occidonlaiix, le Sultan lit |»i(»|i((scr aux proscrits hongrois de se conveilir à l'islainisnir d de dcvi'iiii' ainsi snjcis turcs. Kossuth refusa et écrivit à lord l»alnierston, le 20 septernt)re : — « Entre la mort e( les déshonneur, 1(! choix ne saurait être ni douteux, ni diflifile. » — Oràce à la protection de la France et de l'Angleterre, qui ordonnèrent à leurs vaisseaux d'aller mouiller dans les eaux du Levant, la Turquie garda ses hôtes, mais elle dut interner à Kutahia (Asie mineure) ceux d'entre eux qui étaient restés chrétiens. A la suite de l'éclamations trèspressantes de la diplomatie anglaise et américaine , Kossuth finit par être relâché le 22 août 1851. S'emharquaut aussitôt pour l'Occident, il toucha à Gênes, où l'Italie salua en lui le représentant d'une sœur infortunée, (;t à Maiseille, oti il \oulait prendre terre pour gagner Londres à tiavers la France: Mais le cabinet de Paris lui refusa celte faveur, et il poursuivit son voyage par mer, non sans avoir reçu de vives marques de sympathie des démocrates marseillais , représentant en cette circonstance la démocratie française. Quoique reçu à Londres avec le plus chaleureux enthousiasme, le proscrit ne tarda pas à faire voile pour l'Aniéricpie. Il y séjourna durant la majeure partie de l'année 1852, parcourant les grandes villes des États- Unis du nord, de meeting en meeting. Ses discours, ses lectures, au nombre de six cents, obtinrent un tel succès qu'elles lui rapportèrent, assure-t-on, plus d'un million.
De retour à Londres, l'ex-Gouverneur fut un moment, on se le rappelle, membre du comité révolutionnaire européen avec Ledru-Rollin et Mazzini. Mais, après l'émeute de Milan, en février 1853, ayaut nié sa participation à un appel aux armes, adressé sous son nom à la Hongrie, il se sépara du graud agitateur italien, et plus tard cessa aussi d'agir de concert avec les exilés français.
Il n'est pas nécessaire de chercher à cet isolement de l'agitateur hongrois des causes occultes. Nous avons assez répété et prouvé par ses actes que Kossuth est beaucoup plus patriote que républicain et plus politique que révolutionnaire. C'est à cause de cela que ses articles dans le Globe et ses lectures dans les principales villes de la Grande-Bretagne ont été si chaleureusement accueillis par les Anglais libéraux. C'est à cause de cela aussi qu'il put, en 1859, traverser la France, qui lui avait été fermée naguère, et, pendant que nos armées étaient en Italie, jouer contre l'Autriche un rôle, qui, sans la brusque paix de Villafranca, serait peut-être devenu très-important. Depuis lors, voyageant en France, en Italie, en Suisse, mais ayant sa résidence prin-
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cipale h Loiuli'es, il n'a pas ressé de parlei' et d'ajiir en favi'ur de sa patrie; ses discours, ses rapports avec les principaux lioninies d'État de l'Europe n'ont pas peu servi à assiiiiT les synipatliics du monde lihcral à l'aduàralile réveil qui s'est produit en Hongrie depuis l'année dciiiière.
Si au dehors de sa patrie, l'ancien Ciouverneui' a léussi à rester un personnaj^e important , dans sa patrie même, sa popularité est toujours immense. Il ne tant pas ùtre prophète pour prédire que, grâce aux circonstances, il ne tardera pas peiit-étre à recommencer] sa vie active, si fatalement interrompue. Nous avons tout lieu de croire que l'expérience du passé lui épargnera à lui et à sa patrie les fautes et les désastres de 1848-1849. Il est des nations que la servitude anéantit. La Hongrie prouve à cette heure même qu'elle n'est point morte, et quiconque s'est approché de Kossuth a reconnu que, s'il n'a rien oublié, il a beaucoup appris. Son talent, que l'âge n'a point affaibli, sera un jour prochain, capable de renouveler les miracles d'enthousiasme d'avril 1849, avec les deux mêmes mots : Patrie et Liberté.
Tjp. Eiuesl Mejer, à Paris.