I. MMIlAl.ni. ni
l'ji cHi'l. le lrnili'iii;iiii malin (iaiiliahli . Iiuiii|iaiil I riincnii . sr |a('sciili' aii\ |)(iiii's (le Palcniio, ciilliiilc les a\aiil -|)osl('s iiapolihiiiis . ri les poursuit la liainiiiicllc ilaiis les reins iiis(|iic dans les rues de celte vill(!, doiii ce hardi coup de iiiaiii le rend inaîlie. Oiielipics juiirs api'ès cette Iroisii'nie \icloire le Inrl de Mela/.zo et la citadelle de Messim' se l'ciident . Oaiiltaldi est maître du détruit; encore (pielqiies jours, et il eidrera à Naples. (l'est là i|u il conNient qne nous nous arivlioiis siii' le seuil, poui' ainsi diic, d nu iionveaii drame.
j\é en 1807, Garihaldi a aujourd'hui cinquante-trois ans. (l'est l'homme qui possède en ce moment la plus grande et la plus incontestable populai'ité. Ses cheveux et sa harlie sont fauves, le nez nn peu court et large, le front liien développé; sous sa profonde arcade sourcillière luit un reu^ard clair, doux et presque tendre, qne l'on sent pourtant devoir être terrible aux heures de l'action ; sa taille est assez élevée quoique le vigoureux développement des épaules la fasse paraître moyenne ; sa physionomie rappelle mi lion au repos ; tel est l'homme sur la tète duf[uel reposent en ce moment les destinées de l'Italie. A la douceur sympathique du regard se joint chez lui h^ charme non moins grand du sourire; on sent en causant avec lui qu'il est simple et bon. deux qualités précieuses et fort l'ares ; il fuit la pompe et l'appareil ; ses manières sont si peu théâtrales qu'on l'a v\i sur le navire qui le portait vers iXaples, attacher lui-même la tente destinée à abriter la dunette des rayons du soleil , et suivre la nuit, pour passer ;l l'avant, l'étroit sentier des bastingages pour ne pas réveiller les soldats endormis sur le pont.
Il y a deux grands moyens pour exercer une pt^ofonrle influence sur les hommes : la iniissance ou la bonté. Garibâldi n'a ni titres, ni décorations, ni largesses à distrilmer à ses soldats ; il ne leur promet au coùtrait'P que des peines, des souffrances, des privations qu'il partage avec eux ; il n'a pas d'autre costume que leur chemise rouge, il n'a pas d'auti'e habitatioli que leiil- tente, il se contente de leur nourriture ; c'est un volontaire et rien de plus ; il ne combat ni pour le pouvoir, ni pr)ur la gloire, ni pour la conquête, mais p(Hirl accomplissement d'une mission : la Ii])ération et la régénération de l'Italie. Depuis la fin du moyen âge on n'avait plus vu surair de ces grandes popularités où s'incarnent tous les instincts d'une nation ; on les croyait même devenues impossibles.
On s'est demandé quelquefois si Garibâldi avait vraiment le génie militaire. Nous ignorons ce (|ue |ieuveiit en penser les pédants de l'art de la guerre, mais si
;)■,) (iAlllllAl.lH.
(■<'lui i|iii Cire iiiic ariiirc iKiiulirtMisc. sdliiT, iiilaUj^iilili', ilcvoiirr, (|iii iiiarclic à son hul par 1rs iikinciis les plus laiiidcs cl (|iii lalti'iiil nVsl pas iiii ^caiid f^V'iirruI, lions a\(iu(tiis ne jias cimii)!'!'!!!!!!' en ipioi coiisislc < c lilrc.
,lus(|irici, liii rt'slt', le lilicialciir n'a iiiaii(|ii(' ni de •^vwït' inililairc, ni dcuV^nir polili(|in'; il a pinmt' (pi'il sa\ail auii- cl |)aiici'. Dans hml ce (pi'il lail. dans hail et' (pi il ccril. dans ses acics. cdiinnc dans ses paroles, on \oil nn air de poésie el di' t;raiideni' (pii esl le cacliel <les nainres pii\ilé,uié('s. Nous a\oiis cilé ipiehpiesnns de ses ordres du jour pour nioiiliei- l'éhKpience de son sl\le. (lelle éioipiciice coule (In cd'iir. <liie/. Ini, loul sori de là. Les lioiiiiiios oiil)liaieiil depuis trop loiiiik'ni[»s ipiecosl dans le (■(viir (jii Csl la lorcc \(''rilal»le. (iarihaldi \iciil le leur rappeler dans un nionieiil opporliin. Nous ne soiiinics ([lie li'op disposi's à croire à riuihilcté et à l'admirer. Il esl leni])s (pie le d('voiieineiil vienne lui l'aire concurrence »4 |)roiiver (pie rien de M'rilalileinenl t^raiid dans le monde ne s'accomplil sans lui.
Typ. Eruest Meyer, à Paris.