‹ Les célebrités françaisesChapitre 10 sur 208 · ROLLON · texte numérisé non relu

ROLLON

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Li Scandinavie devait être, par une mystérieuse loi de la Providence, la pépinière féconde cl inconnue d'où sortiraient les conquérants de la dernière heure, les Normands, ces guerriers farouches et pillards qui ne craignaient pas de remonter dans leurs barques le cours des fleuves et de pénétrer ainsi jusqu'au cœur des Étals, où ils répandaient la terreur et la destruction.

fitail-ce donc que les Franks, par eux assaillis tant de fois, avaient pordu ce bouillant courage qui, à Poitiers, triompha des innombrables Sarrasins d'Abdérame? N'étaienl-ils plus de la race de ceux qui, sous la conduite deCharlemagnc, avaient détruit la nation féroce des Huns? Les Normands eux-mêmes ne rencontrèrent-ils pas Robert le Fort, le vaillant comte d'Anjou, noble tige de la maison de Bourbon?

Mais, las de vaincre, Robert le Fort avait péri dans une escarmouche, et ses exploits avaient pu être compares à ceux de Macchabée. Son fils, le comte Eudes, gardait Paris, lorsqu'en 845 les Normands parurent h l'embouchure de la Seine, remontèrent le fleuve sur une flotte de six cents voiles et vinrent assiéger la Cité. Ayant échoué contre l'énergie de la défense, ils débarquèrent et ravagèrent les environs de la ville. Les abbayes de Saint-Germain, de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain des Prés furent saccagées. C'était pitié de voir Ira barbares emporter les ornements sacerdotaux, les calices, les croix d'argent.

Eudes fut proclamé roi, et, pour son avènement, il tailla en pièces les Normands dans la plaine de Monlfaucon. Pendant vingt-cinq ans la France fut délivrée de ces redoutables pillards.

Un chef nouveau s'élance du fond de la Scandinavie, Rollon, que les chroniques appellent Wwu. Il est jeune, impétueux dans les combats, prudent et rusé dans le conseil.

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Pour son coup d'essai, il aborde en Angleterre cl ravage plusieurs comtés. Mais un songe le décida à tourner ses armas contre la France, pour la conquérir et se faire baptiser ensuite. D'ennemi, il devint l'allié du roi Alfred, qui lui donna un corps de troupes anglais. Au printemps, les Scandinaves partirent. Battus par l'orage, ils parvinrent aux rivages du Rhin.

Voici comment un vieil historien décrit la lutte que les hardis aventuriers eurent à soutenir contre la mer :

« Le printemps n'eut pas plus tôt fondu les glaces et déridé l'Océan, que Rhou abandonna l'air de la cour pour respirer celui des eaux. Un vent à désir portoit déjà sa flotte vers la Neuslrie, quand les malins esprits, qui désiraient plutôt voir noyer ces infidèles dans les flots de la mer que leurs péchez dans les eaux du baptême, mutinèrent les vents, remplirent l'air de foudres et la mer de tempêtes si grandes que ces infidèles n'espéraient plus rien que le naufrage et la mort. Mais Dieu, qui tient la bride des vents et calme l'air et la mer à son plaisir, à la simple prière de Rhou, qui dans l'Angleterre avoil reçu quelque petite lumière de la foi chrétienne, aplanit les ondes et permit que toute la flotte parvînt aux rivages du Rhin. »

Conquérir la Frise fut un jeu pour Rollon. Le Hainaul devint également la proie des Normands. Ensuite Rollon fit voile vers l'embouchure de la Seine, et il arriva majestueusement devant Rouen, qui, dépourvu de moyens de défense, ne put que lui ouvrir ses portes. Deux victoires remaniées par Rollon sur Renaud, duc d'Orléans, et Ilastenc, comte de Chartres, le conduisirent jusqu'aux murs de Paris: deux fois Rollon attaqua cette ville et deux fois il fut rej>oussé.

Pour se consoler de cet échec, il retourna en Angleterre, où il raffermit l'autorité du roi Alfred; puis il revint plus formidable que jamais, avec trois flottes cl trais corps d'armée. Tandis qu'il poussait ses conquêtes jusqu'à Trêves, ses lieutenants Bolhon et Gélon dévastaient la Bretagne, la Touraine, l'Anjou et s'avançaient jusqu'à Clermont, en Auvergne.

Charles le Simple régnait alors : écrire ce nom, c'est tout dire. Le faible monarque céda aux instances des Etats du royaume : il traita avec le Normand et lui céda la Neustrie; Rollon voulut en outre la

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