‹ Les célebrités françaisesChapitre 105 sur 208 · KA.N II UT II · texte numérisé non relu

KA.N II UT II

Der la mesure du mérite fit- ces ouvrages écrits au courant de la plume, pour satisfaire des comédiens peu scrupuleux.

Dès son début, Hotrou s'efforça de trouver un meilleur système dramatique, et l'on peut dire qu'il fraya le chemin à Corneille. Lié d'amitié avec le futur auteur du Cid, il lui donna, de la manière la plus désintéressée, la plus généreuse, des conseils que celui-ci sul mettre à profit. Lorsque le Cid parut, Hotrou eut seul le courage de le défendre, courage d'autant plus grand que celle pièce sublime avait excité la jalousie du cardinal de Richelieu ; mais, en même temps que Hotrou admirait sans réserve cl soutenait l'œuvre de son jeune émule, lui-même en tirait profit en renouvelant, pour ainsi dire, sa manière, comme il le fit dans Ycnccslas et dans son nainl Gênât, qui, en quelques passages, |khi( soutenir la comparaison avec PolycurU '. La grandeur du style, l'élévation de la pensée, l'énergie des moyens, la beauté des caractères, eussent dû maintenir à la scène ces deux ouvrages, dont, au reste, il a élé fait d'intéressantes reprises.

Il est à regretter que Hotrou, doué d'une àme noble, mais peulêtre faible de caractère, ail été jeté trop jeune dans une société corrompue; il y prit le goût des dés et des cartes. La tradition rapporte qu'il allait dans un grenier semer sur des fagots l'argent que lui donnaient les comédiens, afin «l'avoir, à un moment critique, une réserve toute prête. Gqiendant il se rangea el acheta la charge de lieutenant particulier au bailliage de Dreux, sa ville natale. Là, il se consacra tout entier aux devoirs de son emploi; malheureuscmeiil, une violente épidémie, s'étant déclarée à Dreux, emporta Hotrou.

1 Témoin ta beaux von de ami Gciu-si, au moment où il va marcher au &u|>|ilii«':

J'aurai Lion peu vécu si l'Ape m; mesure

Au seul nombre des ans prescrit par la nature;

Mais l'âme qu'au martyre un tyran nous ravit

Au séjour de la gloire à jamais se survit.

Se plaindre de mourir, c'est se plaindre d'dlre homme:

Chaque jour le détruit, chaque instant le consomme;

Au moment qu'il arrive A part pour le retour.

Kl commence de perdre en recevant le jour.

Toute perte »?l IrgèlC- i qui s'acquiert un Dkn.

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qui, malgré les pressantes instances de sa famille et de ses amis, n'avait pas voulu quitter son poste. Rotrou succomba le 28 juin 1650; il n'avait que quarante ans.

En 1811, l'Académie française proposa la Mort de liotrou pour sujet du prix de poésie. Millevoye remporta la couronne; mais ce poëme était-il donc à faire? Il était dans le sujet même.

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