TURENNE
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L'homme dont nous venons d'écrire le nom illustre peut être considère, à juste titre, comme le sauveur de la France. Au moment difficile où la royauté, attaquée de tout côté par les factionsdela Fronde, allait succomber, lui qui dans un égarement passager avait aussi été frondeur, il revint noblement au devoir et soutint le trône de Louis XIV. C'est à lui que furent dues les principales victoires qui firent la gloire du grand règne et établirent la prépondérance de notre pays. Otez la plupart des écrivains célèbres d'alors, le règne de Louis XIV est encore possible : sansTurenne, il n'eût pas môme eu lieu.
Le vicomte de Tu renne était le second fils du duc de Bouillon, Henri de la Tour-d'Auvergne, et d'Élisabeth de Nassau, fille de Guillaume I", prince d'Orange. Son enfance fut maladive; rien n'annonçait en lui l'homme de guerre, mais l'homme supérieur apparaissait déjà dans sa gravité. Sa vocation même n'éclata-t-elle point cette nuit où, à l'âge de dix ans, il s'échappa pour aller sur les remparts de Sédan se coucher et s'endormir sur l'affût d'un canon?— On l'envoya en Hollande faire l'apprentissage de l'art militaire, sous son oncle Maurice de Nassau, l'un des premiers tacticiens de l'époque. C'était une bonne école. 11 y apprit à fond l'art de faire les sièges : les sièges étaient alors le principal de la guerre.
Grand était son désir de servir la France : ce vœu fut exaucé. Nommé colonel par Louis XIII et placé sous les ordres du maréchal de la Force en Lorraine, Turennc gagna le grade de maréchal de camp par la prise du fort de la Molhe. Envoyé en Flandre, il prit Landrécies, Maubeuge : auparavant, il avait opéré en bon ordre la retraite de Mayence. Maintenant le voilà dans le Piémont, où il remplace la Valelle, ce cardinal guerrier. Il s'empare de Casai, il entre