TU II EN NR
à Turin, et, avant d'avoir trente ans, il tst nommé lieutenant général. Partout sos pas sont marqués par des succès; et dans les revers il sauve ses troupes à force de tactique et de prudence. Moins impatient que Condé, il ne livra jamais rien au hasard; et, s'il n'obtienl pas des triomphes aussi éclatants que son glorieux rival, du moins il sait mieux tirer parti de la victoire, et peut-être la préparer plus sûrement.
La hardiesse avec laquelle Turenne se joignit à l'armée suédoise contre l'ordre de Mazarin, les avantages marqués qu'il remporta en Allemagne, parcourant en vainqueur la Franconie, la Souabe et la Bavière, furent d'un poids immense dans les négociations de Munster, qui donnèrent l'Alsace à la France.
La première partie de la vie militaire de Turenne était achevée.
Si Turenne, égaré un moment, s'oublia au point de combattre à la tôte des Frondeurs et de recevoir des subsides de l'Espagne, nous devons nous empresser de dire qu'il rougit bientôt de faire la besogne des factieux, d'être le lieutenant du cardinal de Retz et du conseiller Broussel. Il revint complètement à ses devoirs. Quand la pacification fut opérée; quand Louis XIV régna par lui-môme, Tu renne se trouva l'arbitre des décisions les plus importantes. Le jeune souverain ne faisait rien sans le consulter, quelque jalousie qu'en ressentit M. de Louvois. Ce fut environ vers cette époque que Turenne, jusqu'alors protestant, se convertit à la foi catholique.
Il couronna sa vie glorieuse par deux immortelles campagnes sur le Hhin. Personne n'ignore que, le 27 juillet 1075, un malheureux boulet égaré alla frapper cet illustre capitaine, qui, à force d'habileté stratégique, avait amené son digne rival Piccolomini au point même où il voulait le terrasser.
Ix)uis XIV lui décerna les honneurs de la sépulture royale à Saint- Denis. Le grand roi ne pouvait faire moins pour celui qui lui avait donné l'Alsace.
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