‹ Les célebrités françaisesChapitre 115 sur 208 · C A TIN AT · texte numérisé non relu

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rendait cet hommage lorsqu'il eut été nommé maréchal de France : <( C'est la vertu couronnée; » Catinat, en un mot, fut le plus parfait modèle du héros chrétien. La France a sujet d'être fière de lui avoir donné le jour. Catinat a illustré nos annales, si riches cependant en mérites supérieurs.

Sa famille appartenait à la classe parlementaire. Nicolas de Catinat, né le seizième1, était destiné à ne pas sortir de l'enceinte du Palais ; ayant perdu une cause dont la bonté lui semblait incontestable, il se dégoûta du barreau et se fit soldat.

Une action d'éclat, pendant le siège de Lille, lui valut son entrée dans le régiment des gardes. Appartenir à ce corps, qui opérait sous les yeux du roi, c'était le meilleur moyen d'être remarqué. Catinat Ot plusieurs campagnes, fut blessé à la bataille de Senef, et donna de fréquentes preuves de sa valeur. A la paix de Nimègue il était commandant à Dunkerque, avec le grade de brigadier.

Il concourut à la prise de Philisbourg (1688) et à celle de toutes les places de l'électorat de Cologne. Deux ans après, envoyé en Savoie avec vingt mille hommes, il sut reconnaître que le duc Victor Amédée se jouait de la France pour gagner du temps et recevoir les renforts du prince Eugène; il devança l'attaque d'un ennemi nombreux, choisit son terrain et gagna la bataille de Staffarde. Si, par la faute de son lieutenant Feuquières, il se vit fermer la route de Turin, du moins répara-t-il cet échec par l'éclatante victoire de la Marseille.

La paix conclue, il se retira à Paris, dans une modeste maison de la rue de la Sorbonne. L'été, il vivait à Saint-Gratien, petite campagne qu'un banquier de nos jours rougirait d'habiter.

Se* campagnes de 1701 et 1702, en Italie, ne furent pas heureuses; il est vrai que les revers doifent être attribués uniquement à la présomption des généraux qui l'entouraient et dominèrent sa sagesse. Catinat ne faisait que travailler à réparer les fautes du maréchal de Villeroi.

Il rentra dans sa retraite de Saînt-Gratien, où le suivit l'amitié des •\P»ri8,tet" *Pt«mbrol6S7.

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Fénelon, drs Vantail, de mesdames de Sévigné et de Coulangcs. Uuclques fragments nous sont restés de ses réflexions sur les guerres d'Italie; on aime surtout à relire sa correspondance avec Vauban.

Sa noble vie est pleine de traits de modestie et de désintéressement. Dans les bulletins de ses victoires, il parlait de tout le monde, excepté de lui. Bon pour le soldat, il ne songeait à ses propres besoins que lorsque ceux des autres étaient satisfaits. Il eut des mots dignes d'être enregistrés par Plutarque. A l'affaire meurtrière de Chiari, comme il essayait de rallier encore les troupes, un officier lui dit : « Où voulez-vous que nous allions? A la mort?

— 11 est vrai, répondit le maréchal : la mort est devant nous, mais la honte est derrière ! »

Et quel trait de modestie encore il nous reste à citer ! En 1705, le roi voulut le faire chevalier de ses ordres; mais Catinal refusa. Comme sa famille se plaignait vivement du torique ce refus allait lui infliger : ;< Si je vous fais tort, répondit-il, rayez-moi de votre généalogie. »

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