HUGUES CAPET
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L'existence toute guerrière et politique de Hugues Capct n'aurait qu'un médiocre intérêt pour nos lecteurs, si elle ne se rattachait à un fait de premier ordre qui fut un des jalons principaux de notre histoire nationale.
C'est que ce prince, descendant de Robert le Fort, fut le chef de la troisième dynastie à laquelle il donna son nom; c'est qu'avec les Cajolions un peuple nouveau se leva, un peuple qui n'avait pas encore de mœurs et d'institutions proprement dites, un jwuple qui, affaibli, divisé, morcelé par l'anarchie féodale depuis le déplorable règne de Charles le Chauve, avait besoin de se former en un corps compacte et de devenir véritablement la France. Car, sous Charlemagne, la France avait été la Germanie, ou plutôt l'Europe.
Ce n'est pas que, pendant ses dix ans d'autorité, Hugues CajK»t n'ait eu des luttes acharnées à soutenir. Désigné d'avance pour la royauté par l'illustration de M race, par ses titres de Comte de IV
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vis et d'Orléans et de duc de France, il s'élail en outre rendu cher aux évoques el aux |>euples par sa j)îélé. On se rap|>clait qu'après avoir conquis la châsse de saint Riquier sur Arnould III, comte de Flandre, il avait voulu porter les précieuses reliques sur ses épaules el pieds nus jusqu'à l'église de l'abbaye... et le saint, disait-on, lui avait prédit qu'il deviendrait un jour roi de France.
11 le devint; mais Charles de Lorraine, oncle de Louis V — le dernier earlovingien — se porta prétendant à la couronne et reçut l'appui du duc d'Aquitaine. Hugues avait eu soin de s'associer son lils Robert, et de le faire sacrer à Orléans. Charles m- trouva «loue on (ace de deux rois, n'ayant guère pu s'emparer que de la ville de L'ion : il est vrai qu'il fil ensuite quelques progrès et entra mémo à Reims parla complicité de l'archevêque Arnould. Au bout de trois ans de lutte, Hugues se présenta devant Laon dans la nuit du jeudi saint, |M:nélra dans la ville en escaladant une muraille el lit prisonnier Charles de Lorraine avec sa femme, Agnès de Vermandois, el l'archevêque de Reims. Quelque temps après, Charles mourut de chagrin dans sa prison. Dès ce moment, Hugues resta paisible possesseur de la royauté, et il eut l'habileté «l'affermir sa dominalion par la paix el de laisser les grands vassaux user largement du droit, dont ils étaient si jaloux, de se faire la guerre enlre eux. Ses successeurs s'appliquèrent à suivre sa ligne politique, c'est-à-dire à affaiblir el ruiner la féodalité, et ils firent sagement : la féodalilé, c'est le morcellement à l'infini; la royauté ferme, c'est la nation.
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