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berg, a l'assaut de Fribourg, à celui du fort do Kehl, il fut le môme, un brave officier, n'hésitant jamais à payer de sa personne.
De la paix de Nimègue à la ligue d'Àugsbourg, Villars fut employé à des négociations diplomatiques en Allemagne. En 1689, il fut nommé maréchal de camp; il commanda un corps de quinze mille hommes, qui formait la réserve du maréchal de Luxembourg, et il eût rendu de plus nombreux services si son action n'avait été paralysée par l'inimitié du marquis de Barbezieux, qui, en succédant à Louvois, son père, avait hérité de ses préventions injustes conlre Villars. Cependant Louis XIV était personnellement favorable au brave général, et lui donna la plus grande preuve d'estime et de confiance en l'envoyant à Vienne, comme ambassadeur extraordinaire, au moment <:ù s'ouvraient les négociations si difficiles pour la succession d'Espagne. La position de Villars y fut vraiment critique. Un seul homme eut le courage de voir l'ambassadeur français; ce fut le prince Eugène. Sa mission dura trois ans, et il y déploya autant de patience que d habileté. Sa récompense fut d'aller rejoindre Catinat, qui avait le commandement de l'armée d'Allemagne. Une occasion favorable s'offrit à lui de commander enfin en chef, quand il fut envoyé au secours de l'électeur de Rivière. C'était en 1702; Villars avait alors quarante-neuf ans.
On peut dire qu'il fit une campagne merveilleuse. La manière dont il tourna les Impériaux, en évitant les défilés de la forêt Noire et passant le Rhin à Huningue; l'attaque de Neubourg ; l'occupation des hauteurs de Tulick ; la présence d'esprit avec laquelle Villars ressaisit la victoire, qu'une méprise des soldais allait lui faire perdre, tout donna à celte expédition le caractère vif et hardi de nos guerres modernes, où la baïonnette a tant de fois décidé Te succès. L<s soldats eux-mêmes acclamèrent Villars maréchal de France, et Louis XIV fit comme les soldats.
Après avoir eu à surmonter des difficultés inouïes, il opéra enfin sa jonction avec l'électeur de Bavière. Il voulait entraîner ce prince à marcher sur Vienne; mais les irrésolutions de son timide allié s'effrayèrent de ce plan énergique. D'ailleurs, Villars, qui comptait h Versailles une foule d'ennemis puissants, était paralysé par les
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ordres do la cour. Il demanda son rappel et l'obtint ; avant de quitter leleeteur, il lui avait gagné une bataille à Hochslett, nom si funeste à la France l'année suivante.
11 utilisa ses loisirs en domptant la révolte des Camimrds dans les Cévennes, révolte qui n'eût certes pas pris d'aussi grands développements si elle n'eût été secondée pnr l'Angleterre et la Savoie.
Les ennemis de Villars l'ont accusé d'avidité ; ce reproche tomberait devant l'offre généreuse qu'il fit au roi, en 1 704, d'abandonner les émoluments de ses places. Louis XIV défendit constamment le maréchal contre la haine, et eut le bon esprit d'utiliser ses talents extraordinaires partout où le péril pressait. Il l'envoya visiter les frontières de l'Est; Villars y forma le camp de Fronsberg, que Marlborough n'osa pas attaquer avec cent dix mille hommes. Après la bataille de Kamillics, que Villeroi perdit, Villars ramena la fortune par la prise des fameuses lignes de Slolhoflen, à quelques lieues de Strasbourg. Le soir même de cet immense succès il établissait son quartier général à Rasladt, le lendemain il occupait Stutlgard, et poussait en Franconie et en Souabe des partis qui mettaient à contribution plus de cinquante lieues de pays. Une seconde fois alors il conçut l'idée de marcher sur Vienne, et il offrit au roi de Suède Charles XII de s'unir à lui. Charles XII repoussa ce projet, qui eût mis fin à la guerre et prévenu bien des malheurs.
L'hiver de 1700 fut affreux; les soldats manquaient de. pain cl vendaient jusqu'à leurs armes pour s'en procurer. Envoyé comme un sauveur, Villars pourvoit aux besoins principaux; puis, le printemps venu, livre bataille à Malplaquet. On sait combien cette victoire coûta cher aux alliés , qui y perdirent trente-cinq mille hommes. Sans la blessure que reçut Villars, le dénoûmenl eût été tout autre. Ce ne fut qu'en 17H que Villars put reprendre d'une manière active non commandement. Tout semblait perdu alors; la mort avait moissonné la famille royale. Les calamités accablaient Louis XIV ; mais la Providence avait marqué à Denain le terme des maux de la France.
Personne n'ignore que les allies avaient établi un Camp retranché à Denain, sur l'Escaut, position formidable qui assurait leurs ap^