‹ Les célebrités françaisesChapitre 124 sur 208 · MADAME DE MAINTENON · texte numérisé non relu

MADAME DE MAINTENON

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Nous avons rencontré déjà madame de Maintenon dans ce livre ; elle s'appelait alors madame Scarron. Mais, pour comprendre a quel point sa destinée fut ballottée et par quels merveilleux desseins de la Providence elle se vil portée si haut après un si humble commencement, il faut remonter jusqu'à l'enfance de Françoise d'Aubigné.

Son père, après s'être ruiné au jeuv avait été enfermé pour dettes dans une prison de Niort, où sa femme le suivit par dévouement. Ce fut dans cette prison (pie naquit Françoise, le 27 novembre 1755. A peine avait-elle quatre ans qu'elle lit le voyage de la Martinique, où Constant d'Aubigné était envoyé, selon une coutume du temps, qui permettait aux familles d'expatrier les jeunes gens de mauvaise conduite. Pendant la traversée, l'enfant tomba malade; on la crut morte... Sa mère demanda à l'embrasser une dernière fois, et elle reconnut que le cœur de sa fille battait encore.

Madame d'Aubigné dirigea l'éducation de Françoise avec un soin grave et pieux; elle en fit un esprit sérieux et parfaitement cultivé Mais le père avait gardé ses goûts funestes, et, en mourant, il laissa la misère au logis. 11 fallut revenir en France; madame de Yillette, sœur de madame d'Aubigné, prit Françoise et abusa de sa jeunesse

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ri dr sa pauvreté pour lui faire abjurer la religion catholique. Une autre pareille, madame de Neuillant, se chargea de ramener l'orpheline dans le sein de l'Eglise; celle-ci résista, et, pour la punir, madame de Neuillant l'envoya garder un troupeau de dindons. Us Ursulines de Niort, chez lesquelles la jeune lîlle fut mise ensuite en pension, réussirent mieux à la convaincre.

Nous avons dit comment mademoiselle d'Auhigné devint madame Scarron.

Elle avait vingt-cinq ans lorsqu'elle se trouva seule dans un monde qui la jugeait belle et spirituelle, qui l'aimait, la recherchait, mais ne songeait nullement à la secourir. Un jour elle se vit réduite à aller demander de la soupe à la porte d'un couvent. Le frère chargé de la distribution fut frappé de l'air noble et résigné de cette pauvre femme, et désormais il porta chez elle la portion due à son indigence. A ce même moment, madame Scarron ^conduisait les grands seigneurs, qui mettaient à ses pieds des offres éblouissantes. Cette conduite admirable arriva à la connaissance d'Anne d'Autriche, qui aussitôt fit inscrire au nom de la veuve de Scarron une pension de deux mille francs.

Celle ressource minime manqua par la mort d'Anne d'Autriche; la pension fut supprimée. Ni les placels de madame Scarron, ni le crédit de ses amis, rien ne put vaincre les préventions de Louis XIV

Madame Scarron, désespérée, allait suivre la princesse de Nemours, qui avait épousé le roi de Portugal, quand madame «le Thianges lui ht connaître sa sœur, la belle Athénaïs de.Mortemarl, marquise de ifonlespan. La marquise s'opposa au départ de madame Scarron et présenta elle-même au roi un placel pour le rétablissement de sa pension.

« Encore la veuve Searron ! s'écria le roi.

-- Sire, répondit madame de Montespan, vous devriez depuis longtemps ne plus en entendre parler. » La pension fut enfin rétablie.

Louis XIV avait eu des préventions contre madame Scarron ; ce fut lui pourtant qui la désigna pour élever les enfants de madame de Hontes|»an. Elle apporta aux soins d'une charge qui lui avait d'abord

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