MADAME DE MAINTENON
répugne* nn ièk« extraordinaire; mais ses occupations ne l'empêchaient pas <le eontinuer à répandre un charme exquis dans sa société, ce dont font foi plusieurs lettres de madame de Sévigné.
Peu à pu les dernières préventions du roi tombèrent, et alors madame de Monlespan conçut une violente jalousie à l'endroit de la gouvernante de ses enfants. Les rôles changèrent ; Louis XIV reconnut tout le mérite de madame Scarron, et, pour la récompenser des veilles qu'elle avait prodiguées à l'enfance maladive du duc du Maine, il lui lit présent d'une somme de cent mille livres, dont elle acheta le marquisat de Maintenon. Le roi voulut qu'elle portât ce nom et ce titre.
L'humeur dominatrice de madame de Monlespan devenait insupportable; ce fut le roi qui vint se plaindre à madame de Maintenon, en qui il trouva une conseillère dévouée et sincère. Loin de flatter les passions du mettre, elle lui représenta que son devoir était de mettre fin au scandale et de se rapprocher de la reine.
Madame de Maintenon avait quarante-huit ans quand la reine mourut. Quelle que fût si modestie, il fallut bien qu'elle s'avouât que le roi l'aimait. La haine et la calomnie ont cherché à noircir sa sagesse, ses intentions, à mettre la chrétienne fervente au-dessous des favorites orgueilleuses qui s'étaient disputé le cœur du fastueux monarque; mais aujourd'hui on sait ce qu'il faut penser de ces attaques.
Le mariage de Louis XIV et de madame de Maintenon fut célébré si secrètement, que la date en est demeurée incertaine. L'archevêque de Paris, M. de Harlay, donna la bénédiction nuptiale, et les témoins furent le comte de Montchevreuil, le chevalier de Forbin et Bontemps, valet de chambre du roi.
Désormais le conseil des ministres fut tenu dans la chambre de madame de Maintenon. Malgré les accusations qui ont poursuivi la mémoire de celle femme illustre, que le roi appelai! « Votre Solidité, » rien ne prouve que les rigueurs exercées contre les protestants doivent lui être imputées. N'est-ce pas elle qui dicla à l'auteur XEslher des accents de commisération en faveur d'un peuple persécuté? On lui a reproché également d'avoir poussé* le roi à entre-