MADAME DE MA INTENON
prendre la guerre ruineuse de la succession d'Espagne. Or le principe de celte guerre n'élait-il pas bon?
Madame de Main tenon serait absoute par la postérité sur le seul souvenir de sa belle et touchante fondation de Sainl-Cyr, où deux cent cinquante demoiselles pauvres furent appelées à recevoir la meilleure éducation, sous les yeux vigilants de leur digne protectrice. Saint-Cyr sera l'éternel modèle des maisons d'enseignement. L'institution impériale de Saint-Denis n'a fait qu'en copier les règlements.
On a encore reproché à madame de Ma in tenon d'avoir assombri la vieillesse du grand roi par les pratiques d'une dévotion minutieuse et ascétique. On oublie combien de calamités publiques et privées frappèrent la fin de ce règne éclatant et y jetèrent le deuil. Louis XIV n'était plus amumble.
Jamais la dignité, la modération, l'ordre, la prudence de madame de Maintenon ne se démentirent. S'il lui arriva une fois d'écrire : ce Je n'y tiens plus, je voudrais être morte, » c'est qu'elle avait mesuré le néant des grandeurs humaines, et qu'elle sentait trop bien le frôlement de la haine et de l'ingratitude.
Après la mort de Louis XIV et quand l'insulte eiït été si facile et eut trouvé peut-être tant d'écho dans les passions populaires, le Régent rendit hommage à madame de Maintenon par la manière dont il lui conserva sa pension de quarante-huit mille livres sur la casselle du roi.
Lorsque, à son tour, la veuve du grand souverain expira à l'Age de quatre-vingt-quatre ans, elle eut la meilleure de toutes les oraisons funèbres, — les larmes des pauvres1.
1 On iiiliiiinn tiiiiildiiic de Maitilfiinn ;iu milieu ilu cllUJUt île l'église de SoîuMjjr. ltélruilt» ni 171».-. sa 10.1.1* lut rétablie en I81T2.
LA CHAIRE CHRÉTIENNE