‹ Les célebrités françaisesChapitre 128 sur 208 · LF MA II KO II AL DE SAXK · texte numérisé non relu

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armes sous les ordres du prince Eugène et de Marlborough. Dès l'âge de douze ans il portait l'épée. Follard, Polybe et son génie furent ses maîtres. Toute gloire excitait son émulation ; il courut au siège de Riga pour voir de près Pierre le Grand. Il demanda au tzar la permission d'aller combattre Charles XII, qui venait de sortir de sa retraite de Bender. Il revint pénétré de vénération pour le héros suédois.

Lorsque la paix générale fut rendue à l'Europe, Maurice pensa à se faire de la France une patrie d'élection. Le Kégent s'empressa de lui expédier un brevet de maréchal de camp, et l'on peut dire que Maurice justifia celle faveur enviée des courtisans par la profondeur et la solidité de ses études spéciales.

Cependant la France faillit le perdre. La Courlande, ancien duché qui avait jadis appartenu à l'ordre teutonique, voulant, par le choix d'un souverain énergique, garantir sa liberté contre les prétentions des Polonais, élut Maurice de Saxe duc souverain, le 5 juillet 1720. Celte nomination fut contestée à la fois par les Polonais et les Russes. Entouré d'ennemis, qui, à plusieurs reprises, voulurent l'enlever, Maurice dut céder à la force et se retirer en laissant derrière lui des protestations inutiles.

Après une paix de vingt ans, la succession du trône de Pologne enflamma l'Europe. Ici le comte de Saxe prouva son attachement à la France; car son frère, l'électeur de Saxe, lui avait offert le commandement général de ses troupes, et il refusa. Chargé par Berwick de passer le Rhin, il accomplit merveilleusement celte entreprise. Il se trouva aux assauts de Trarbach, de Philipsbourg ; il décida la victoire à Eslinghem, en guidant lui-même les grenadiers. L'année suivante (1755), il eut mission d'arrêter le prince Eugène, qui avait formé le dessein de traverser le Rhin à Manheim et d'envahir le pays Messin. Ses dispositions firent complètement échouer ce projet.

II n'est que trop vrai que souvent les souverains ont des funérailles sanglantes ; telles furent celles de Charles VI. La Prusse, la Bavière et la Saxe disputaient à Marie-Thérèse l'héritage de son père; la France se joignit à la Bavière. La Bohême devint le théâtre de la guerre. On n'oubliera jamais comment Maurice prit d'assaut la ville

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de Prague, défendue par une garnison nombreuse, et presque en vue de trente mille hommes qui arrivaient au secours de la place. Au bout de quelques jours de tranchée, il s'empara aussi d'Egra, succès considérable qui assurait sa libre communication avec la Bavière.

Une coalition nouvelle s'était formée contre la France, sur qui retombait tout le poids de la guerre. La France opposa à l'Europe Maurice de Saxe, et Maurice de Saxe gagna la bataille de Fontenoy, à la suite de laquelle presque loutes les villes de la Flandre ouvrirent leurs portes aux vainqueurs. Une seconde victoire était nécessaire ; ce fut celle de Rocoux. A son tour, la Flandre hollandaise est envahie, et le maréchal de Saxe est encore victorieux à Lawfeld, le 2 juillet 1747. Berg-op-Zoom, l'imprenable, qui avait résisté au prince de Parme et à Spinola, est pris d'assaut par M. de Lowendahl, d'après les ordres du maréchal de Saxe, qui lui-même s'empare de Macstrichl, à la vue de quatre-vingt mille hommes.

Il semble que la mission du maréchal dût être terminée avec cette guerre. A peine s'était-il retiré dans son château de Chambord, où l'on allait l'admirer, qu'une courte et violente maladie l'emporta le 50 novembre 1750. Son corps fut embaumé et transporté avec la plus grande pompe à Strasbourg, pour y être inhumé dans l'église luthérienne de Saint-Thomas. Maurice de Saxe avait toujours refusé de changer de religion ; ce qui a donné lieu à ce mot connu : « C'est dommage qu'on ne puisse dire un De profundis pour celui qui a fait chanter tant de Te Deum. »

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