‹ Les célebrités françaisesChapitre 136 sur 208 · STANISLAS ET MARIE LECKZINSKA · texte numérisé non relu

STANISLAS ET MARIE LECKZINSKA

Parler de Stanislas Leckzinski, roi do Pologne, doses malheurs, de ses revers; dire comment ce monarque bienfaisant et pacifique, deux fois élu, deux fois détrôné, trouva en France une seconde patrie, c'est raconter la vie de Marie Lcckzinska, un ange de pureté qui fut, par une étrange anomalie, mêlée aux frivolités coupables du dix-huitième siècle.

Nous ne pouvons ici retracer les luttes cruelles que Stanislas eut h soutenir depuis que, sous la protection et par l'influence des Suédois, il eût été appelé à la royauté de Pologne, luttes contre une partie de ses sujets, luttes contre son compétiteur l'électeur de Saxe, Frédéric-Auguste, et le czar Pierre, qui appuyait ce dernier. La partie était devenue trop inégale, surtout depuis la déroute de Charles XII à Pultawa. Stanislas, abreuvé de toutes les tristesses possibles, proscrit dans son pays, privé par une diète de ses biens patrimoniaux, obligé de quitter la principauté de Deux-Ponts, où il s'était réfugié, n'eut enfin d'autre ressource que d'implorer la générosité du Régent.

La France sera toujours l'étoile polaire vers laquelle se tourne l'infortune. L'hospitalité la plus honorable fut accordée à Stanislas dans la ville de Weissembourg. Il commençait à y goûter quelque repos, lorsqu'il eut connaissance des intrigues tramées par son éternel ennemi, Frédéric-Auguste, pour le faire éloigner de l'asile que la pitié lui avait octroyé. Après avoir usé sa résignation, il finit par se laisser accabler par la douleur, et il était sérieusement malade quand lui parvint une nouvelle extraordinaire : sa fille Marie, la princesse la plus pauvre, la plus humble de l'Europe, lui était demandée pour le roi Louis XV!...

Marie, qui tout enfant avait été perdue, abandonné*- dans une écurie, un jour où son père fuyait devant la poursuite acharnée de

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