‹ Les célebrités françaisesChapitre 137 sur 208 · STANISLAS KT MARIE LKCKZIXSK A · texte numérisé non relu

STANISLAS KT MARIE LKCKZIXSK A

Pâecteur deSaxe; Mnrio, on qui l'adversité avait fait germer les plus grandes vertus, était par sa candeur, par sa grâce naïve, digne d'être comparée à celte Esther que Racine a immortalisée. Comme Estlier, elle était touchante et belle; comme Esther, exilée de sa patrie. Devenir l'épouse d'un jeune roi dont on vantait l'esprit et les charmes naturels ! Marie refusait de croire à un si beau rêve. « Ah! vous redoublez mes alarmes !... » s'écriait la timide enfant, qui était la seule à ignorer ses perfections.

Le mariage fut célébré à Fontainebleau. Stanislas, bien traité en lin par le sort, alla habiter Chambord, puis Meudon, où les deux jeunes époux venaient quelquefois se délasser de la grandeur dans une intimité toute charmante et toute simple.

Qui n'eut pas cru les épreuves de Stanislas complètement terminées? Elles allaient, au contraire, recommencer plus terribles que jamais. Auguste II venait de mourir, et la couronne était briguée par son fils, qui avait l'appui de l'Autriche et de la Russie. Rappelé par ses anciens sujets, fort «le l'appui du cabinet de Versailles, Stanislas crut |)ouvoir accepter de nouveau un trône qui avait déjà croulé sous lui. Ce fut un drame et un roman. Tout le voyage, depuis la France jusqu'à Varsovie, fut accompli à travers des périls continuels. A peine acclamé dans sa capitale, le roi apprend qu'une armée russe est en marche pour le combattre. Il s'enferme dans la ville forte de Dantzig, tandis qu'à Praga les Russes élisent le prince saxon roi de Pologne. Dantzig, inébranlable dans sa fidélité, résiste à un siège terrible. Stanislas ne peut supporter davantage ce spectacle; il invile lui-même les assiégés à capituler, et sort de la place déguisé en paysan. Celle fuite fut accompagnée de toutes les aventures qui pouvaient la rendre périlleuse : tantôt il fallait marcher j»éniblcmenl sur des terres boueuses, tantôt traverser en nacelle des campagnes inondées ; des nuées de Cosaques parcouraient le pays; l'ombre de la nuit permettait seule d'avancer. Durant le jour, le royal pèlerin devait se cacher dans quelque cabane; une fois même, il fut obligé de se blottir «lans un grenier pour se soustraire aux regards d'une troupe d'ennemis qui remplissaient la maison. Ce fut sur un grossier chariot qu'au bout de sept jours de transes mortelles il gagna

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