‹ Les célebrités françaisesChapitre 138 sur 208 · STANISLAS ET MARIE LECKSINSKA · texte numérisé non relu

STANISLAS ET MARIE LECKSINSKA

Marienwerder, ville de Prusse où il fui accueilli avec empressement. Les armes de la France le vengèrent de l'empereur d'Allemagne Charles VI. Par le traité de paix qui fut conclu à Vienne, le 18 novembre 1758, il fut stipulé que Stanislas conserverait, en abdiquant, les titres et honneurs de roi de Pologne, et qu'il sertit mis en possession des duchés de Lorraine et de Bar, lesquels, après sa mort, reviendraient à la France.

Avec une pension annuelle de deux millions pour laquelle il avait abandonné les revenus des deux duchés, Stanislas pul suffire à des dépenses considérables, à des fondations charitables, à l'érection de palais, de châteaux de plaisance, de places et de casernes sjKicieuses. Nancy, l'une des plus belles villes de France, lui doil sa régularité el la création d'une académie où entrèrent la plupart des hommes de mérite célèbres à celle époque. Ce fut dans une des séances de cette académie que Stanislas reçut, à si juste litre, le surnom de bienfaisant.

Pendant ce temps, Marie Leckzinska traînait, au fond de Versailles, les ennuis du rang suprême. Les grandeurs l'avaient trouvée telle que l'avait faite l'infortune; partagée entre ses devoirs de chrétienne, d'épouse, de mère, elle était encore la providence des malheureux, et elle répandait sur une cour aux mœurs et aux maximes trop relâchées le charme supérieur de ses vertus. Mais le bonheur n'habitait pas son âme. Marie avait vu le roi, cédant à de méprisables conseils et écoutant l'appel de ses passions, se jeter dans les désordres de son siècle. Ce cœur, qu'elle avait rempli, ne lui appartenait plus que par l'estime... La noble femme souffrit et se résigna. Elle pleura en silence, se réfugia dans l'amour divin et pria pour le coupable. Les mains pures de cet ange, constamment élevées vers le ciel, protégèrent sans doute une société folle et impie, et détournèrent les châtiments qui n'éclatèrent que plus tard.

Une double catastrophe vint accroître les mérites de Marie Lcckzinska. Le Dauphin, espoir du royaume et orgueil de sa mère, s'éteignit le 20 décembre 1 765. Deux mois après, Stanislas, alors âgé de quatre-vingt-huit ans, périssait de la mort la plus déplorable : le feu prit à sa robe de chambre ouatée, présent de sa fille; le roi était seul,

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