‹ Les célebrités françaisesChapitre 15 sur 208 · M £ IX IOÏ8 — MORT EX · texte numérisé non relu

M £ IX IOÏ8 — MORT EX

Cette race des Normands est peut-être celle que les poèmes chevaleresques devaient chanter de préférence à toute autre ; car les faits d'armes qu'elle a accomplis tiennent du prodige. Nous avons esquissé la figure de Rollon, puis celle 'de Robert Guiscard, ces aventuriers que n'effrayait aucun obstacle et qui unissaient si étroitement la ruse à la plus bouillante valeur. Ils trouvent l'Europe entièrement occupée et gardée, ce qui ne les empêche point de s'y tailler des royaumes. Un troisième exemple, non moins surprenant, va se produire.

On a nommé le duc Guillaume, le fils de Robert le Diable.

Il n'avait que sept ans lorsque son j>ère, pour expier les fautes qui lui ont valu son terrible surnom, voulut partir pour Jérusalem. Les seigneurs jurèrent fidélité à l'enfant. Mais une brigue puissante ne tarda pas à se former contre lui, et à se changer en révolte sitôt qu'on eut appris la mort du duc Robert, empoisonné à Nicée. Turold, précepteur du jeune prince, et Osbern de Crespon son intendant, furent massacrés auVaudreuil, dans la chambre même de Guillaume, pendant que celui-ci, averti par le bruit des pas des assassins, s'enfuyait presque nu. Les barons fidèles se choisirent pour chef Raoul de Guacé, que Guillaume nomma son tuteur et son connétable. Tour à tour le jeune duc eut pour compétiteur Guy, comte de Bourgogne, pour adversaire Henri, roi de France, pour ennemi Martel, comte d'Anjou.

A l'âge de vingt-deux ans, il avait surmonté tous les dangers, étouffé tous les ressentiments, et il épousait Mathilde, fille de Baudouin le Pieux, comte de Flandre. Entre deux guerres, il faisait d'u-

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