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L'ABBÉ DE SAINT-PIERRE

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l^i physionomie honnête, naïve, sereine, de l'abbé de Saint-Pierre doit nécessairement se placer dans celte galerie; elle a, en outre, un caractère tranché. L'abbé de Saint-Pierre n'a été ni un de ces rimeurs de ruelles qui portaient le |>etit collet, ni un de ces déclamaleurs à la façon de Raynal 1 : ce fut un homme de bien, un grand cœur, épris d'unardenlamourdela vérité. H passa sa vie, qui, certes, fut longue, à rêver de nobles chimères, à poursuivre des utopies de gouvernement parfait et de paix perpétuelle. Qu'eùl-il dit et écrit, le digne homme, s'il eût été spectateur des guerres de la République et du premier Empire!

C'est en basse Normandie, au château de Saint-Pierre-Église, que naquit notre bon philanthrope. Dès le début, la vie lui fut facile : le vœu de ses parents, d'accord avec son propre goût, lui Ht embrasser l'état ecclésiastique. Libre de venir à Paris, il y amena son ami d'enfance, Varignon le géomètre. Ils s'établirent dans le faubourg Saint-Jacques. Le géomètre n'avait pas un sou vaillant; le revenu de l'abbé montait à dix-huit cents livres : ils partagèrent. L'un continua de s'appliquer aux sciences exactes, l'autre se jeta dans les théories économiques. Avec Vcrlol et Fontenelle ils se firent un petit cercle intime.

Il est remarquable que l'abbé de Saint-Pierre entra fort aisément, « Auteur de [Histoire pliilosophique des deux Indes.

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