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LE BAILLI DE SUFFREN

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On a droit de regretter l'Ordre de Malte quand on songe au nombre d'hommes valeureux qui sortirent de son sein. C'était la pépinière du courage et du mérite.

Pierre-André Suftïen fut de ce nombre. A lui appartint l'honneur de relever notre marine, qui avait sombre avec la puissance de Louis XIV, et de défier les Anglais, devenus sans partage les rois de In mer. Il était d'une famille noble de la Provence. Né en 1726, il s'embarqua à Toulon, en 1715, sur le Solide, et assista, pour son début, au combat que OC vaisseau eut à soutenir contre le Northumherland. Fait prisonnier à la suite d'un engagement qui eut lieu, à la hauteur de Belle-Isle, cnlre M. de l'Elanduère et l'amiral Hawk, il fut rendu à la liberté par le traité d'Aix-la-Chapelle.

Le premier emploi qu'il fit de son loisir fut de se rendre à Malte, alin de s'y préparer à prendre ses degrés dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Les hostilités, ayant recommencé en i 755, Suffren fit, comme lieutenant de vaisseau, parlie de l'escadre, aux ordres de la Galissonnière, chargée de protéger le siège de Manon1; il était sur l'Orphée et eut sa part de la glorieuse victoire remportée sur l'amiral Byng \

Il monta ensuite sur VOcéan et partit avec une escadre de sept vaisseaux destinée pour l'Inde. A la hauteur de Lagos, les Français rencontrèrent quatorze vaisseaux anglais. Ne pouvant lutter contre des forces aussi disproportionnées, ils se réfugièrent dans ce port, qui appartenait aux Portugais. Mais, sans respect pour la neutralité, les

• Celle ville fui prise par le mnrëclial de Richelieu.

* A la Miitc de h définie, Punira] anglais fut mis en jugement cl condamné à mort. Il subil son suppliée avec un courage lié roupie.

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