‹ Les célebrités françaisesChapitre 175 sur 208 · BOUCHER · texte numérisé non relu

BOUCHER

NÉ fc* 1"(U — HOI1T EN 1770

Lemoiue, qui fût devenu un très-grand maître- s'il n'eût pas saeiïlié la pureté du style à l'éclat de la couleur, forma François Boucher, s'il est vrai que celui-ci ait pris des leçons ailleurs que dans sa fantaisie capricieuse. Regarder les tableaux roses et pimpants de François Boucher, eYsl lire les fadeurs de Remis, de Voisenon et de Gentil-Bernard. Nul donc plus que Boucher, qui cependant avait été; en Italie, n'a été le très-fidèle interprète de l'Olympe poudre du dixhuitième siècle. 11 devint le peintre à la mode; il s'habitua à travailler

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vile el parvint à gagner jusqu'à cinquante mille livres par an. Sur la lin, il gâta sa manière el chargea sa palette de Ions fades, qui ont fait dire que ses figures « étaient nourries de roses. » Il cessa de consulter le modèle et se fia à l'expérience de sa main.

« A voir un de ses tableaux, dit Arsène Houssaye, qui l'a si bien jugé dans sa Galerie du dix-huitième tiède, on sent tout de suite qu'il a habité les pierres et non les champs. 11 n'a jamais pris le temps de regarder ni le ciel, ni la rivière, ni la prairie, ni la forêt; on se demande n ême s'il a jamais vu sans prisme un homme, une femme ou un enfant, tels que Dieu les a faits. Boucher a peint un nouveau monde, le monde des fées, où tout s'agite, aime, sourit d'une autre façon qu'ici-bas. C'est un enchanteur qui nous distrait et nous éblouit aux déjiens de la raison, du goût et de l'art; il rappelle un peu ce vers de Bernis, digne poêle d'un tel peintre :

« A face d'art, Part lui-même i>st banni. »

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