‹ Les célebrités françaisesChapitre 179 sur 208 · LA TOUR · texte numérisé non relu

LA TOUR

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Celui-là sut mieux vivre et mieux travailler; il peut servir d'exemple aux jeunes artistes qui cherchent leur voie. Ils trouveront dans cette longue et honorable existence le secret des succès mérités et durables. Son jièrc était musicien du chapitre de la collégiale. Jusqu'à dix-huit ans, la Tour apprit le latin et le grec, comme doit le faire tout écolier studieux; ce fut alors que la vue d'un pastel de Hosalba lui révéla sa vocation. Il ne songea plus qu'à s'en aller à Paris « jwur y devenir le premier peintre du roi. »

D'abord, il lit une sorte d'apprentissage à Reims, où il y avait une

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école. De Reims il se rendit à Cambrai, y connut l'ambassadeur d'Angleterre, et partit avec lui pour Londres. De Londres, où il fil merveille, il arriva à Paris, où il se donna pour un peintre anglais, ce qui ne nuisit pas à son sucés, car l'anglomanie débordait dans les idées et les mœurs. Bientôt il n'y eut pas une dame titrée qui ne voulût poser devant lui : durant cinquante ans la Tour écrivit avec ses pastels l'histoire du dix-huitième siècle: hommes de cour, hommes d'Église, hommes d'épéc, hommes de lettres, femmes du monde, femmes de théâtre, tout passa par cet atelier d'où la beauté sortait plus charmante, le génie plus rayonnant. La Tour vit deux règnes et fut admis à la faveur des deux rois.

11 avait quatre-vingt-deux ans quand le mal du pays le ramena à Saint-Quentin. Ses bienfaits s'étaient déjà répandus sur sa ville natale : il y avait fondé une école gratuite de dc>.sin ; il avait consacré plus de cent mille livres à des œuvres de charité. La population tout entière l'accueillit avec enthousiasme, et le corps municipal lui offrit une couronne de chêne.

De nos jours, sa statue en bronze a été érigée sur une des places de Saint-Quentin, et le Musée la Tour porte fièrement le nom du grand pastelliste.

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