CARLE VANLOO
XK et 170» — BOUT EX !7«S
Les Vanloo, d'origine hollandaise, liront souche de bons peintres. Avant Carie, qui fut le plus illustre de tous, il y avait eu Jacques et Jean-Baptiste, dont les toiles ne sont pas à dédaigner.
Carie était né à Nice; son caractère, son tempérament, parlicipaient du midi et du nord : il était ardent au travail, qu'il prolongeait douze heures par jour, et froid d'extérieur et de langage.
Après avoir débuté par peindre des décors pour l'Opéra, il s'en alla en Italie, où il conquit, par son Festin de Balthazai', le prix que décernait l'Académie de Saint-Luc. En passant, au retour, par Turin, il peignit pour Charles-Emmanuel, duc de Savoie, quelques scènes
de la Jérusalem délivrée. A Paris, il fut reçu membre de l'Académie royale de peinture, sur la présentation de son tableau de Marsyas écorché par le» ordres d'Apollon; puis il devint rapidement professeur adjoint, professeur titulaire, recteur, directeur de I écolc des élèves, premier peintre du roi. la foule des amateurs frappait à sa porte; les plus beaux noms s'inscrivaient chez lui ; la protection éclairée de M. de Julienne et de M. de la Ferlé de Jully couvrait ses travaux. De la même main qui fil celte page merveilleuse de couleur, appelée la Halle de chasse, il peignit ses quatre tableaux de la chapelle de la Vierge, à Saint-Sulpice; son Vœu de Imiis XIII pour les Petits-Pères; son Saint Charles Rorromée pour Notre-Dame. Nous ne citons qu'une minime partie de ses ouvrages.
A le voir tant travailler, on a douté qu'il eût du génie. Mais c'était sa manière de le manifester. Carie Yanloo ne parlait pas, c'est vrai, — grand tort à son époque, — mais il pensait, il méditait ; el parfois, quand une idée lui venait, il passait la nuit à se promener dans sa maison, impatient de voir le jour lui permettre de réaliser une conception nouvelle.