LE CARDINAL MAURY
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lh'i> talents extraordinaires, une science étendue, une jwrole ardente, un sang-froid à toute épreuve; en un mot, toutes les qualités qui dénotent le grand orateur avaient été accordées par le ciel au (ils du pauvre cordonnier de Valréas'. Combien il est à regretter que le caractère de l'abbé Maury n'ait pas été constamment à la hauteur de ces dons précieux !
Quoi qu'il en soit, l'ensemble de sa vie et surtout ses débuts constituent une personnalité frappante. L'homme qui fut l'adversaire de Mirabeau doit trouver ici sa place.
Comme tous ceux qui, partis de* derniers rangs de la société, se 3entent tourmentés par une intelligence supérieure, Maury éprouvait le besoin de l'étude. Où reçut-il les premières notions? On l'ignore; ce qu'il y a de certain seulement, c'est qu'il acheva ses humanités au séminaire de Saint-Charles d'Avignon, puis à celui de Sainte-Garde, dans la même ville. Il était fort jeune encore lorsqu'il vint à Paris, où il n'apportait aucune ressource et ne connaissait presque personne. Mais il ne s'embarrassait pas pour si peu, et il eut bientôt trouvé moyen d'entrer comme instituteur dans une maison particulière. Le voilà fort occupé à écrire | il n'avait pas vingt ans lorsqu'il fit paraître VÉloge funèbre du Dauphin cl YÉloge de Stanislas. Les éloges étaient, en ce temps-là, un genre en crédit. Ceux-ci étaient plutôt bons que mauvais, vu l'âge de l'auteur. L'année suivante ( 1 767) Maury concourut pour deux sujets de prix proposés par l'Académie française». Ces premiers essais l'encouragèrent à se livrer à l'éloquence de la chaire; il prit les ordres sacrés et prêcha dans di* verses églises»
» Dans le tonilal d'Avignon.