‹ Les célebrités françaisesChapitre 196 sur 208 · CU VI EH · texte numérisé non relu

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Dans la même année qui vit naître Humboldl, Wellington, Ganning, Waller Scott et Napoléon, le plus grand de tous, dans celle année mémorable Georges Cuvier reçut le jour à Monlbelliard, alors chef-lieu d'une princi]>auté appartenant aux ducs de Wurtemberg.

Issu d'une famille protestanle et pauvre, il fut élevé à l'Académie deSluttgard, espèce d'école polytechnique où l'on donnait une instruction à la fois normale et militaire. 11 en sortit capable de briller dans toutes les carrières, d'endosser l'uniforme d'oflicier ou la robe de professeur, d'être avocat ou médecin, ou même de mener la vie séduisante de l'artiste, grâce à la facilité de son crayon. Mais, contrairement à tous les hommes qui se sentent du mérite, il ne formait pas de rêves ambitieux : il commença donc par remplir les fonctions de précepteur auprès d'un jeune gentilhomme protestant d'une famille de Normandie1. C'est là, dans cette studieuse retraite, au bord de la mer, loin du séjour enivrant des villes et des orages politiques de cette époque, qu'il trouva un air fortilianl pour sa frêle santé. En outre, cette existence était favorable à ses éludes de naturaliste. Ajoutons que les relations de voisinage lui créèrent des amis savants et recominandables qui conçurent une haute opinion du jeune professeur, devinèrent son génie et l'engagèrent fortement à aller à Paris pour partager leurs travaux.

Dans la capitale, un homme tel que Georges Cuvier devait facilement se faire une position et donner l'essor à ses talents. Lui rjui avait tout appris sans maître et sans livres, au contact de tant d'intelligences éclairées, dans la société de l'abbé Tessin, de Jussieu, de Parmenlicr, de Millin et d'Etienne Geoffroy, il vit ses doutes se dis-

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siper, il arrêta le plan do ses travaux, et enfin, comme a dit un homme d'esprit en parlant des débuis de Guvicr, « il devint à l'instant l'égal de ses maîtres et le maître de ses égaux. » A force de discrétion et de modestie, il sut se faire pardonner sa supériorité. On l'admira sans jalousie, on l'applaudit sans réserve.

Bientôt, grâce à ses protecteurs, il fut nommé membre de la commission des arts, professeur à l'école centrale du Panthéon, et adjoint pour le cours d'anatomie comparée au Muséum d'histoire naturelle. Sa première leçon, au Jardin des Plantes, fut un véritable triomphe.

C'est alors que, rassemblant ses feuilles volantes, ses esquisses composées dans la retraite, filons précieux d'où sortirent tant d'reuvres importantes, il publia quelques essais qui parurent neufs et furent extrêmement goûtés : son Mémoire sur le larynx inférieur des oiseaux, des considérations sur une nouvelle classification des animaux, où se trouve l'ébauche de cette belle loi de subordination de coexistence, principe essentiel de ses découvertes.

Quelques ossements fossiles qu'il dut comparer à des os récemment dénudés donnèrent tout à coup à ses éludes une tendant précise vers un but déterminé. 11 alla chercher lui-même dans les mansardes du Muséum les vieux squelettes autrefois réunis jwrDaubenton, et que BuiTon avait fait entasser comme des fagots. 11 invita, par un programme qui fit sensation en Europe, les savants de tous les pays à lui envoyer les documents qu'ils pourraient se procurer pour venir en aide à ses idées sur les races détruites par un de ces cataclysmes dont la surface de la terre porte des traces éternelles. Cet appel, qui profitait à ses lumières comme à sa renommée, fut entendu de toutes les parties du globe, et eut pour résultat d'enrichir son musée d'osléologie, qui ent devenu si utile à la science paléonlologique. Il put réunir dans sa collection incomparable cent soixantedix espèces d'animaux ressuscites à force de patience et de sagacité, espèces si différentes des genres connus et qu'aucun naturaliste n'avait décrites avant lui. Après avoir éclairé l'histoire des fossiles, Cuvier s'occupa de géologie, science fort conjecturale à cette époque. Il publia, en collaboration de son ami Brongniard, son important

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