‹ Les célebrités françaisesChapitre 204 sur 208 · CXI. VI · texte numérisé non relu

CXI. VI

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Sur la place du champ de foire, à Nancy, s'élève une statue do bronze que tous les étrangers aiment à contempler, non moins que celles de Stanislas et de Mathieu de Dombaslc. Ces traits fiers et doux «à la fois, cette sérénité de l'homme d'honneur, du brave qui illustra sa ville natale, tout s'accorde chez Drouot avec les souvenirs d'une longue existence où il n'y eut pas une tache. Bien des gloires militaire de notre époque ont été plus éclatantes ; mais peu de noms brillent autant dans les fastes de la vertu antique. Drouot fut ce qu'on appelle une figure : il appartient de droit à ce livre, où nous avons voulu placer surtout les hommes dont la mémoire fut irréprochable.

Un simple boulanger de Nancy avait douze enfants, et l'on peut dire que les familles nombreuses sont bénies, si l'on songe qu'Antoine Drouot était le troisième dans cette florissante lignée. Il reçut la meilleure éducation, celle de la pauvreté; nous devons croire que la douleur n'accompagnait point ses privations, puisque plus tard il ne cessa de se rappeler avec regret ce foyer paternel vivifié par la foi et la tendresse.

Il avait trois ans à peine quand il demanda avec instance à être admis chez les frères de la doctrine chrétienne. Son ûge le fil refuser, au grand désespoir de l'enfant ; aussi, dès qu'il put suivre les cours, lit-il des progrès tellement rapides, que ses parents jugèrent nécessaire de s'imposer des sacrifices pour le mettre à un plus haut enseignement.

Mais la culture qu'on donnait à son esprit ne le dispensait pas de s'associer à la besogne manuelle, aux corvées de famille. Antoine, dans les intervalles «les classes et aux heures où les écoliers dégourdissent leurs jambes et délassent leur esprit, devait aller par la ville

porter le pain aux pratiques. Avec quelle joie il revenait à l'élude ! et pourtant c'était au milieu du bruit de ses frères et sœurs, et d'un va-et-vient continuel, qu'il faisait ses thèmes et ses versions. Le soir, pas de lumière; Antoine emprunta plus d'une fois ses rayons à la lune. Vers deux heures du matin, le travail de la boulangerie commençait, à la lueur d'une mauvaise lampe : le jeune homme profitait de celte clarté douteuse pour reprendre ses travaux et suivre la lecture de ses auteurs favoris, Tile-Live, César et Plutarquc.

Cependant il n'était pas tellement sensible aux grands faits de l'antiquité, qu'il ne fût avant tout un chrétien fervent. Son ambition se fut bornée à prendre la robe de chartreux. La Révolution en ordonna autrement.

On était en 1793, et Drouot avait dix-neuf ans. Une circonstance fortuite détermina sa vocation. Laissons-le raconter lui-même dans une lettre à un ami ce fait qui lui ouvrit la carrière militaire.

« Un jour, je lus une affiche qui prévenait les jeunes gens qu'un examen pour entrer dans l'artillerie allait avoir lieu à Chàlons ; j'obtins de mon père la permission d'y aller. Ma famille n'était pas riche, et je reçus six francs pour faire mon voyage. Je partis, bien entendu, à pied, et, arrivé à Chàlons, j'allai tout droit dans la salle où se passaient les examens. J'y fus reçu par un immense éclat de rire. Il faut dire que j'étais petit, maigre, chétif, que je me présentais tout poudreux encore de ma route, un b:\ton à la main et chaussé de gros souliers. Un peu interdit, je m'arrêtai, lorsque l'examinateur1 me dit avec une bonté qui me rendit un peu de courage :

« — Vous vous trompez sans doute, mon ami ; que demandezvous?

« — Je voudrais subir l'examen, monsieur.

« El un nouvel éclat «le rire retentit dans toute la salle.

« — Mais , reprit l'examinateur, vous savez que c'est un examen pour l'artillerie; vous connaissez donc les matières indiquées au programme ?

« — Monsieur, je les ai étudiées.

« — Eh bien, mon ami, asseyez- vous, et, lorsque voire lotir viendra, je vous appellerai.

« J'allai m'asseoir dans un pelit coin, poursuivi par les sourires moqueurs des jeunes gens qui, comme moi, venaient se faire examiner. Cependant j écoulais les questions (le l'examinateur, les réponses de c»* jeunes gens, et le courage me revenait, car je me disais : « J'en sais bien autant qu'eux. » Enfin mon tour arriva. La salle, qui sciait dégarnie, fut bientôt pleine de curieux qui venaient assister à l'examen du petit paysan. L'examinateur commença palme demander les principes de l'arithmétique; il poursuivit ses questions, et bientôt je le vis s'arrêter et me regarder étonné.

a — Où avez-vous suivi votre cours «le mathématiques? me dit-il.

« — J'ai presque toujours travaillé seul, monsieur, lui répondis-je; Cl, si vous voulez bien m examiner sur les matières qui ne font pas partie du programme, j'espère pouvoir y répondre.

<• Mon examen dura deux heures; lorsqu'il fut terminé, l'examinateur se leva, vint m'embrasser, et me dit :

<« — Recevez mon compliment; dès aujourd'hui vous pouvez vous regarder comme faisant partie du corps de l'artillerie.

« Un plus grand honneur m'attendait encore : les jeunes gens qui m'avaient d'abord accueilli le matin avec des huées m'entourèrent, cl, malgré moi, me portèrent en triomphe dans les rues deChâlons. Ce fut le plus beau jour de ma vie. »

Un mois à peine après son entrée à l'école, Drouot était appelé I faire partie du corps de troupes envoyé par la République au secours de Dunkerquc. Cette ville, assiégée par les Anglais et les Hollandais, dut son salut à une terreur panique qui s'empara de l'ennemi. Celui-ci décampa subitement et alla se retrancher près de la pelile ville d'Hondschoote, à quatre lieues delà. On l'attaqua à trois reprises; le succès de la troisième affaire fut dû à Drouot, qui établit une batterie avec une rare dextérité. Comme, pour ménager les troupes fatiguées, l'on ne poursuivait pas les Anglais, il dit ce beau mol: « Des Iroupes victorieuses n'ont pas besoin de repos. »

Drouot, dès sa troisième année de service, avait conquis le grade de capitaine. Au témoignage du général Moreau, sa compagnie d'ar-

lillerie était une des plus belles qu'on eut jamais vues. En 4799, à la UUe de celle seule compagnie, il protégea et couvrit la retraite de Macdonald, qui tentait vainement de se frayer un passage à travers les Russes et les Autrichiens. Macdonald n'oublia point ce service.

En 1804, Drouot fit partie de l'expédition destinée aux Antilles.

En 1808, parvenu au grade de major de l'artillerie de la garde, il concourut à la prise de Madrid. Mais ce fut surtout à la bataille de Wagram qu'il se signala en assurant le succès de l'armée française dans le moment le plus critique. Cette journée lui valut le grade d'officier de la Légion d'honneur, celui de colonel et le tilre de banni de l'Empire.

Les distinctions étaient venues le chercher; elles le trouvèrent toujours indifférent.

Où il faut surtout admirer Drouot, c'est dans la campagne de Russie. Il donnait l'exemple de la patience, du courage; indifférent pour sa part aux souffrances, il ne s'occupait que de ranimer le moral du soldat. 11 eut le bonheur de ramener toutes ses batteries en Pologne sans avoir perdu un seul canon. Ce fut alors que l'Empereur le nomma général de brigade d'artillerie, et l'attacha «à sa personne en qualité d'aide de camp. A Lutzen, à Bautzcn, à Wachau, Drouot organisa avec la rapidité de l'éclair des batteries de cent à cent cinquante bouches à feu. Mais, selon la belle expression d'un historien, < la victoire était mélancolique et découragée, parce qu'elle donnait i gloire sans donner le salut. »>

Fidèle compagnon de l'Empereur, à qui il semblait plus attaché à mesure qu'il le voyait plus malheureux, il le suivit dans sa retraite de l'île d'Elbe. Combien il souffrit lorsqu'il apprit, des lèvres mêmes de Napoléon, son téméraire projet de retour en France! Pour sa part, il avait accepté le sacrifice de l'exil et s'était résigné à finir ses jours loin de sa patrie. Lui faudrait-il se rendre complice d'une tentative qui allait replonger la France dans les terribles hasards île la guerre? Il essaya toutes les représentations; puis il se dit qu'il ne pouvait abandonner dans un effort suprême le héros que l'Europe entière avait accablé...

Il fut donc de cette troupe de quatre cents hommes qui débarqua

au golfe Juan, et arriva à Paris sans avoir eu à brûler une amoree. Il fut aussi du nombre des braves de Waterloo; et, si sa voix eût été écoutée à Paris, la défense nationale se fût prolongée. Il dut se retirer sur la Loire avec la garde.

Compris par le gouvernement rojal parmi les généraux proscrits, il quitta son commandement, accourut à Paris et demanda des juges. 11 eut beaucoup de peine à se faire recevoir comme prisonnier à l'Abbaye. Sa captivité dura huit mois; le procès se termina par un acquittement. Le lendemain même, Louis XVIII l'envoya chercher, le traita avec beaucoup de bonté et loua la fidélité qu'il avait montrée à Napoléon. Mais vainement le roi chercha-t-il à le faire rentrer dans les rangs de l'armée; Drouot avait dit adieu aux honneurs et aux emplois.

Ce fut le 24 mars 1847, après trente ans passés dans la retraite, que Drouot, l'honneur de Nancy, le bienfaiteur des anciens soldats, des sourds-muets, des pauvres, le srige de la grande armée, rendit son âme à Dieu. Toute son humilité religieuse éclatait dans son leslament. « Mon intention, y était- il dit, est que mes obsèques se fassent sans pompe; qu'aucun honneur militaire ne me soit rendu, el qu'aucun discours ne soit prononcé sur ma tombe. »

L'autorité locale refusa de reconnaître celte clause du testament; elle voulut, outre les honneurs militaires usités en pareille cireonsUince, rendreà ses dépouilles des hommages inaccoutumés; jamais, depuis la translation des cendres de ses dues, la Lorraine n'avait vu de cérémonie funèbre comparable; jamais la douleur publique n'avait été plus sincère ni plus générale. Elle s'exhalait de toutes les bouches et ne laissait dans tous les cœurs qu'une seule et même pensée «l'admiration et de regret.

C'est que le général Drouot avait été le héros chrétien par excellence, l'homme de bien par-dessus tout. Pas un seul jour il n'avait démenti les principes d'une piété ferme et solide. Aux camps, il emportait la Bible et la lisait sans se cacher; toujours préparé à la mort par l'exercice de la foi, il avait offert le constant exemple d'un calme que n'altère aucun danger; d'autant plus fort contre l'ennemi qu'il était plus fort contre les passions. Lorsque les circonstances el le déclin de sa santé l'eurent amené à se retirer de la vie active, il se

LE GÉNÉRAL DROl'OT

consacra tout entier à des œuvres charitables. Habitué au régime le pins modeste, il se trouvait trop riche encore avec deux mille cinq cents francs de rente. A la suite de la mort de l'Empereur, — événement qui remplit Drouot d'une douleur profonde, — l'illustre général se trouva, tant par sa pension de retraite que par un legs de Napoléon, à la léïe d'un revenu de douze mille francs environ. Il ne changea rien à sa manière de vivre; ce qui lui semblait le superflu fui par lui consacré à la fondation de quelques litsà l'hôpital de Saint- Julien, en faveur des vétérans de nos armées. C'étaient autant de frères pour cet homme si bon et si généreux; il compatissait à leurs misères, cl il allait si grand train dans la bienfaisance, que ses amis se croyaient obligés de lui faire des représenta lions à cet égard. «Eh bien, disait-il, je finirai mes jours dans un des lits que j'ai fondés, et je ne serai pas si à plaindre. »

L'estime, c'est trop peu dire, la vénération générale le suivit dans la retraite qu'il voulut se donner sur la paroisse même où il avait reçu le baplème. La, ayant fiour unique serviteur un vieux soldat, il aimait à interroger ses souvenirs, à les dicter même; mais, le soir venu, il brûlait les pages écrites dans la journée. Sa modestie, son horreur du bruit, étaient telles, qu'il priva ainsi la postérité de Mémoires qui eussent été consultés avec fruit. Du moins il ne put enfouir le souvenir de ses grandes actions : l'histoire a été plus équitable envers lui qu'il ne le fut lui-même.

En plus d'une occasion, il reçut d'éclatanis témoignages d'admiralion. Voici, entre mille, une anecdote que rapporte un de ses biographes.

« Un jour, un régiment de dragons traversait Nancy. Rompus par quatre, les escadrons, encore élendus par la marche, occupaient un espace immense. La circulation transversale, interrompue longtemps, avait accumulé aux embouchures des voies de communication une masse de spectateurs. La musique attirait le peuple, les fenêtres s'ouvraient, et, joyeux, tous les citoyens semblaient saluer le régiment. Poudreux comme on l'est en voyage, les dragons caressaient du regard ce gîte d'étape qui est l'affaire principale de la journée. Le colonel des dragons avait laissé filer quelques pelotons de la tète

LE f.ÉNKRAL, DROUOT

de colonne. Son cheval, arrêté précisément au délwiuché d'une rue, permetlait au chef d'apercevoir au loin. Dans le prolongement de celle rue , un homme âgé , ou plutôt accablé par les fatigues et les souffrances physiques, venait avec lenteur. Le colonel vit cet homme, le reconnut, et d'une voix éclatante lit foire halle au régiment. lies rangs s'ouvrirent, le vieillard se découvrit, salua le régiment, el franchit celte longue chaîne d'hommes el de chevaux. Etonné, le peuple regarda : celait Drouol, à qui le régiment rendait hommage. Alors ce furent des applaudissements, des cris de joie, qui s'élevaient de la foule, qui sortaient des maisons et envoyaient à la piété des jeunes soldats pour le vieux général la bénédiction des familles. On se disputa le plaisir de loger les dragons ; chacun d'eux fut fêté par ses hôtes, comme si Drouot eût présidé à chaque foyer domestique. El le lendemain, lorsque les trompettes sonnèrent la marche, le peuple accompagna les dragons, parce que les dragons connatssaiml le (/itérai Drouot. »

Dans les quatorze dernières années de sa vie, Drouot fut atteint de cécité. On eut alors le spectacle de sa résignation parfaite. Guidé par une main fidèle, il traversait chaque matin les rues pour se rendre à la messe; chacun le saluait à son passage, bien qu'il ne pût s'apercevoir de ces hommages pieux. Pour se promener dans son jardin, il avait fait tendre des fils de fer le long des allées. (l'était, avec la prière el la société de quelques vieux compagnons d'armes, la distraction de cet homme si simple que décoraient les litres de pair de France, comte de l'Empire, commandant de la garde impériale, grand-croix de la Légion d'honneur.

Nous avons dit de quels honneurs furent entourées les funérailles de celui que M. le préfet de la Meurthe proclama héroïque comme soldat, sublime comme citoyen. La religion vint aussi au bord de cette tombe, et ce fut le P. Lacordaire qu'elle prit pour interprète.

L'orateur chrétien fut à la hauteur du héros chrétien. Citons quelques-unes de ses belles paroles :

« Rien n'est plus difficile, même aux hommes supérieurs, que de supporter le repos. Quand l'àme el le corps se sont habitués au travail solennel îles grands événements, ils ne peuvent plus souffrir la

MO

simple et pacifique succession des jours. Cette paix froide leur est un tombeau. Ils regrettent le bruit, l'agitation, les alternatives des revers avec les succès, et toute cette tragédie de choses humaines où ils avaient naguère leur part et leur action. L'histoire ne compte qu'un très-petit nombre d'hommes qui aient passé de la vie publique à la vie privée en conservant avec la tranquille possession d'euxmêmes la plénitude de leur grandeur. La plupart se consument dans un ennui vulgaire; d'autres demandent aux passions des sens l'oubli d'eux-mêmes et de leur dignité ; les plus élevés succombent au poison mystérieux du chagrin. À regarder les vicissitudes qui avaient enlevé le jeune Drouot de la boutique de son père pour le porter au pied d'un trône et aux côtés d'un conquérant, il semble que nul plus que lui n'aurait dû éprouver, dans l'affaissement subit de sa destinée, le désespoir des souvenirs et l'impuissance de vivre avec soi. Qui avait vu davantage et plus vite? Qui avait passé en moins de temps par plus de contrastes et d'émotions? 11 est vrai; mais cette ûrae était plus grande encore que les événements dont la Providence lui avait donné le spectacle ; elle revenait, fortifiée et non pas abattue, donner elle-même au inonde un spectacle capable de l'instruire et de le consoler...

« Vous avez vu pendant trente années le général Drouot, descendu des hautes charges, oublier tout seul ce qu'il avait été, n'en parler jamais qu'avec l'alarme d'une exquise pudeur, ne se souvenir enfin du passé que pour élever les services des autres et honorer la mémoire du héros dont il était le serviteur et l'ami. Vous l'avez vu, content d'une maison dans un faubourg de votre ville, réduire ses besoins avec l'austérité d'un Spartiate et le calcul d'un chrétien qui aime les pauvres avec la pauvreté. Vous l'avez vu, pénétré d'une foi sincère, rapporter à Dieu tout le cours de sa vie, et donner de la vérité de sa religion une preuve que les camps eux-mêmes n'avaient point affaiblie. Vous l'avez vu se suffire à lui-même dans une solitude presque constante, non par l'éloignemenl d«»s hommes, mais par une certaine force intérieure qui lui faisait de la retraite un besoin et comme un devoir. Vous l'avez vu pendant vingt ans, assiégé d'inlirmités douloureuses, totalement aveugle les quatorze dernières années de sa vie,

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et néanmoins toujours calme e( serein, ne parlant de son suri que pour le bénir et s'estimer plus heureux qu'aux jours de sa jeunesse et de sa prospérité. On n'approchait de sa maison que comme d'un sanctuaire, pour y chercher les plus saintes leçons de la vie ; on n'y entendit jamais que des actions de grâces et des louanges pour Dieu. In parfum d'honneur, de sincérité, de justice, de droiture, de piété et de joie, s'en exhalait à toute heure, et y appelait une gloire que le temps ne diminuait pas

« Si le général vécut (rente années dans le silence et la retraite; si, à l'âge de quarante-deux ans à peine accomplis, il disparut de la scène «lu inonde, c'est qu'il le voulut fermement par un acte de souveraine élection. Pourquoi le voulut-il, et quel était le mystérieux aliment de ce! le vie auparavant si agitée, tout à coup si calme? C'est, messieurs, le secret que je dois vous dire, sous peine de ne vous avoir montré que le dehors de ce grand homme, et de trahir à la fois, avec votre admiration, votre juste et sainte curiosité. Ouvrons donc, il en est temps, ouvrons ce cœur dont nous venons de suivre pendant un demi-siècle les actes magnanimes et jamais démentis ; pénétrons jusqu'au sanctuaire, et cherchons-y la flamme où s'alluma toute cette généreuse vie. Vous l'avez deviné ou pressenti, un triple amour en était l'incorruptible et immortel foyer : l'amour des lettres, l'amour des hommes, l'amour de Dieu. »

Ces paroles éloquentes vivront aussi longtemps que le souvenir de 1 homme qui les inspira. liésumons-nous en répétant qu'il y a eu dans l'histoire militaire française des gloires plus éclatantes que celle de Drouot, mais non une plus belle âme.

oV2 QUELQUES FICIUES DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

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