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Reposons-nous un peu des batailles dans le sein de l'incomparable auteur de Y Imitation de Jémt-Chrisf.
C'est au quatorzième siècle, — le siècle des grandes violences et des grandes vertus, — qu'appartient l'honneur d'avoir vu naître, Jean Gerson, dans un village du diocèse de Heims. Il y a tout lieu de penser que les années d'enfance se passèrent pour lui au milieu des travaux utiles de la vie rustique; mais il dut probablement se révéler de bonne heure pour que ses parents aient fait le sacrifice d'une bonne partie de leur avoir afin de lui faire apprendre la «sainetc fioriture. »
Jean vint à Paris, au collège de Navarre où il prit ses grades en théologie. Sa vocation fut déterminée par la rencontre d'un opuscule de saint Bonavenlui-e : Itinerarium mentis in Deum1. Du jour
1 Chemin de T âme ver* Dieu.
JEAN GERSON (il
où il se fut nourri do cette lecture fortifiante qui lui fit abandonner les auteurs profanes, il senlit en lui le souffle de l'apostolat. Embrassant avec ardeur la vie religieuse, il s'astreignit aux plus rudes austérités.
A cette époque, l'Université avait atteint l'apogée de sa grandeur. Les mis, les papes eux-mêmes comptaient avec elle. Gerson en devint chancelier, à l'âge de trente-trois ans, en remplacement e! sur la désignation de Pierre d'Ailly, son ancien maître, que l'épiscopal enlevait à ce jxistc important. Jusque-là, il avait été professeur à la faculté de théologie, et chanoine de l'Église de Paris. Si Gerson avait désiré devenir chancelier, c'est qu'il savait quel bien il |iourrail faire el quels abus redresser, puisque alors l'influence de l'Université se mêlait aux affaires mômes de l'Etat.
Gerson s'était trompé en croyant qu'il lui .serait facile de corriger le mal dont il gémissait. Il ne se fut |>as plus tôt mis en devoir de rétablir la discipline dans les écoles et d'exiger des maîtres la science réelle et le bon exemple, qu'un concert de plaintes et de menaces s'éleva contre lui. Abreuvé de dégoûts, mais surtout craignant d'être au-dessous des obligations étroites que lui imjiosait sa dignité, il voulut se démettre de ses fonctions. Peut-être aussi aspirait-il ardemment aux contemplations de la vie cénobitique. Heureusement pour l'Université et l'Église, ses amis le contraignirent h rester chancelier.
Il aimait les j>otils enfants d'une affection presque maternelle. Il s'en entourait, il allait même leur faire le catéchisme, et il écrivit à leur sujet son traité: De Parrulis ad CkritUtm trahendix'. Ce fut, de la part de ses ennemis, un nouveau sujet d'incrimination. Un chancelier descendre à de jKireils soins! enseigner les enfants du menu peuple! Sûrement, ce ne pouvait être que par orgueil et pour se grandir parmi les petits. Que n'invente pas la haine? Cependant Gerson ne négligeait aucun devoir imjwirtant. Il combattait l'invasion des ordres mendiants, il éclairait les esprits sur les superstitions de l'astrologie et de la magie; il avait le courage de dénoncer à l'indignation publique ces saturnales favorisées par le bas clergé et nom-
1 De la direction des enfanta vers le Ckrtat.