VALENTINE DE MILAN
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Figure doua* et plaintive, Valenline de Milan jkissc encore devant nous dans de longs vêtements de deuil. Nous sommes accoutumés à ne voir sur son visage qu'une seule expression, celle du regret, à n'entendre tomber de ses lèvres que les paroles de la mélancolie. Elle est surtout pour nous la veuve de Louis d'Orléans, le type de la veuve lidèle et inconsolée, rien de plus; car sa vie est bien courte et elle tient dans un moment immortel, le seul moment où Valentine soit sortie de son ombre modeste, où elle se soit montrée aux hommes, sublime de douleur et de tendresse, pour rentrer ensuite dans son silence et dans sa solitude. Son existence inelïaçable tient dans un mot que l'on n'oubliera jamais : « Rien ne m'est plus, plus ne m'est rien. »
Elle nous venait d'Italie, celte princesse humble de cœur qui s'est plu à vivre ignorée, à une époque où tout semblait emporté dans un bruyant vertige, et où l'hallucination s'étendait véritablement du roi aux sujets. Fille de Galéas Visconli, elle avait épousé Louis, duc d'Orléans, frère de Charles M. Elle ne trouvait que peu de plaisir à suivre son mari dans les ftlcs turbulentes «le la cour où le duc d'Orléans donnait l'essor à sa fantaisie insensée. Ces mascarades, ces danses effrénées, ces modes bizarres cl monstrueuses, cette gaieté frénétique, tout cela n'était guère fait pour plaire à une jeune femme qui n'avait que des goûts nobles et simples. Elle marqua du dédain pour celle cour ensorcelée, qui s'en vengea en la calomniant. On s'en prit à ses vertus mômes, à sa douceur, à sa bonté. On lui fit un crime de se consacrer à Charles VI, le pauvre fou, de lui tenir compagnie et de le charmer sans que l'on sût comment. Plus d'un la traita de sorcière, sans qu'elle eût d'autre enchantement que celui de sa piété pour attirer vers elle le triste malade. Seule il la reconnaissait, seule il l'aimait, et