‹ Les célebrités françaisesChapitre 40 sur 208 · M JEANNE D'ARC · texte numérisé non relu

M JEANNE D'ARC

publiquement. Entraînée parles soldats, elle s'écriait : « Ah! Houen, Rouen, seras-tu ma dernière demeure? » Au pied du bûcher, on ceignit sa tête de la mitre de l'inquisition. En face, il y avait un tableau portant ces mots : <« Jeanne, qui s'est fait nommer la Pucellc menteresse, pernicieuse, abuseresse du peuple, devineresse, superstitieuse, blasphémeresse de Dieu, mal créant de la foy de Jésus-Christ, vanteresse, ydolastre, cruelle, dissolue, in vuca tresse de diable, schismatique et hérétique. » Elle demanda instamment un crucifix, celle qu'on accusait d'être une idolâtre! Un Anglais rompit un bâton et lui en façonna une sorte de croix.

Étant montée sur le bûcher, Jeanne fut attachée à une colonne en plâtre, et l'on alluma le feu. Frère Martin Ladvenu, qui l'assistait, resta au pied de l'échafaud et continua à l'exhorter assez haut pour qu'elle pût l'entendre. Elle écoutait avec une telle piété, que la plupart des assistants versaient des larmes. A travers la fumée la douce voix de la victime murmurait : « Jésus! Jésus!... » El elle disait aussi : « Ha! Rouen, j'ay grant paour que tu ne ayes à souffrir de ma mort ! » Plusieurs des assistants, ne pouvant supporter ce douloureux spectacle, furent torcés de se retirer. Frère Isambard de la Pierre, qui, comme Martin Ladvenu, n'avait pas quitté Jeanne un instant, dit : « Qu'elle estant dedans la tlambe, oneques ne cessa jusques en la fin de résonner, confesser à haulle voix le sainct nom de Jhesus, en implorant et invocanl sans cesse l'ayde des saincts et sainctes de paradis; et encores, qui plus est , en rendant son esprit, et inclinant la teste, proféra le nom de Jhesus, en signe qu'elle estoil fervente en la foy de Dieu. »

Les Anglais eurent soin de jeter ses cendres dans la Seine, pour qu'il ne restât rien de l'héroïne qui avait porté un si rude coup à leur puissance.

Charles Vil, qui n'avait pas su ou n'avait pu défendre Jeanne, fit du moins poursuivre la révision du procès. L'iniquité des juges fut démontrée. L'affaire avait été instruite avec le soin le plus minutieux; elle dura toute une année. Le 7 juillet 1450, il fut statué définitivement. L'arrêt nouveau ordonna les réparations les plus solennelles en l'honneur de Jeanne d'Arc. Dieu lui-même voulut le

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