‹ Les célebrités françaisesChapitre 45 sur 208 · RAYA M · texte numérisé non relu

RAYA M

près la fameuse bataille de Marignan, gagnée sur les Suisses en 1515, le roi François I" voulut donner au noble capitaine un témoignage éclatant de son admiration en se faisant armer chevalier par lui... Laissons parler un des historiens du temps : « Alors Bavard prit son épée et dit : Sire, autant raille que si c'était Roland ou Olivier, Gode f roi ou Baudouin son frère. Certes, vous êtes le premier prince que ontques fais chevalier, I>ieu veuille qu'en guerre ne preniez la fuite! Et puis, par manière de jeu, cria, louée en la main dextre : Tu es bien heureuse d'avoir aujourd'hui à un si vertueux et puissant roi donné l'ordre de chevalerie! Certes, ma bonne épée, vous serez moult bien comme reliques gardée, et sur toutes autres honorée. Et ne vous porterai jamais, si ce n'est contre Turcs, Sarrasins on Maures. »

Quels guerriers étaient plus dignes que François 1" et Bavard de rendre ce dernier et solennel hommage aux traditions héroïques du moyen Age!

Bavard ne devait pas seulement combattre j*>ur la gloire de son pays, il devait aussi combattre pour sa délivrance et le sauver des horreurs d'une invasion. La ville de Mézières honore chaque année, dans une fête publique, la mémoire de l'intrépide capitaine qui, enfermé dans ses murs démantelés, résista, avec une poignée de braves, à une armée de trente-cinq mille impériaux, qu'il contraignit à lever honteusement le siège.

11 se rendit ensuite en Italie, où l'année française se trouvait compromise par suite de l'imprévoyance ou de l'incapacité de l'amiral Bonnivet. A peine arrivé sur le théâtre de la guerre, il reçut l'ordre d'occuper le village de Rebec avec deux cents hommes et quelques gens de pied, forces insuffisantes pour tenir tète à l'armée espagnole qui occupait déjà tout le pays. Le chevalier partit avec ses braves comjKignons, auxquels il eut soin de dissimuler les tristes pressentiments qui l'agitaient. Arrivé dans le village qu'il devait défendre, il disposa du mieux qu'il put sa petite troupe, et lui-même, par la pluie et le froid, il lit le guet durant trois nuits. Enfin, épuisé de fatigue et miné par la lièvre, il s'était jeté tout armé sur un lit, quand les sentinelles françaises surprises par l'ennemi, se replièrent

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