FRANÇOIS I
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Nous voici avec François 1" dans la splendide aurore de celle Renaissance des Lettres et des Arts, dont l'aube encore indécise datait de la prise de Constantinople et de la dispersion des Byzantins en Europe. Le commencement du règne nouveau a un grand air : ce n'est plus le souverain qui, dès l'abord, voit ses proches conjurés contre lui ; il ne s'agit plus d'arracher péniblement un serment de fidélité à de grands vassaux plus puissants que le roi. François est libre; il concentre dans ses mains tous les ressorts du gouvernement. 11 a celle belle gendarmerie que lui a léguée Louis XII ; il trouve les finances en bon ordre, et il peut sans effort préluder en envoyant, par delà les monts, une brillante armée sous la conduite du connétable de Bourbon, de Trivulcc, de la Trémouille, de Bayard, revendiquer le Milanais. Lui-même il gagne en personne la bataille de Marignan, la plus acharnée peut-être qu'eussent jamais livrée les Français.
Charles-Quint devient empereur d'Allemagne, et une rivalité de trente ans s'élève entre les deux souverains.
Quelques lignes peuvent résumer les malheurs de François 1". — Ixî Milanais, dont le gouvernement avait été confié au maréchal de Lautrec, est perdu. Les persécutions de Louise de Savoie, la mère du roi, lassent la patience du connétable de Bourbon et poussent et; redoutable général sous les drapeaux de Charles-Quint. Bourbon achève de chasser les Français d'Italie; son implacable ressentiment les poursuit en Provence, où il prend Aix, Toulon et met le siège devant Marseille. François 1" le repousse, et à son tour le suit en Italie. 11 rentre dans Milan; mais il avait contre lui la plus puissante confédération, contre lui s'étaient ligués Adrien VI, Charles-Quint, Henri VIII, qui lui avait si bien juré amitié dans la fameuse entrevue
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du Ifrap d'or. A cette coalition s'étaient jointes la république de Venise, Gênes, Florence, Lucques, etc. Les Espagnols avaient fait irruption àBayonne, les Allemands en Champagne, les Anglais en Picardie.
Divisant son armée et s'arrétant au siège de Pavie, François T voulut absolument livrer bataille au traître Bourbon, qui était accouru avec ses Allemands. Il pouvait être vainqueur s'il eût laissé son artillerie, si bien commandée par Galliot de Genouillac, continuer à ravager les rangs des Impériaux ; mais il se méprit à un faux mouvement de retraite exécuté par l'ennemi. Il n'écouta que celte valeur chevaleresque qui a tant de fois perdu les Français... Le nom de Pavie dit le reste. La Trémouille, Louis d'Ars, le maréchal de Foix, tombèrent autour de François I" ; lui-môme, couvert de blessures, mais se défendant jusqu'à la mort, il dut rendre son épée...
Avant d'être pansé, il entra, dit-on, dans une église de chartreux, voisine du champ de bataille, et trouva les religieux impassibles, chantant un psaume. S 'étant agenouillé, il récita à haute voix ce verset : Bonum tnihi quia humiliasti me, ul discam jmtificationes tua*.
Nous ne garantissons pas l'anecdote, non plus que l'exactitude parfaite du fameux mot : Tout est perdu, fors l'honneur ; mais ce mot est si vraisemblable, que nous voulons le tenir pour vrai. Le sang avait coulé par tous les porcs, mais l'honneur était intact.
Cependant la Providence avait permis que les souverains étrangers prissent quelque effroi de la grandeur démesurée de Charles-Quint, et que la victoire tournât contre celui qui l'avait remportée. Un peu de patience encore, et François I" n'eût pas, pour recouvrer plus tôt sa liberté, signé le traité honteux de Madrid et remis à l'Espagnol ses deux fils en otages. Il savait d'ailleurs que ce traité était inexécutable, et il avait bien conçu le projet de le faire casser par les notables du royaume.
Les hostilités recommencèrent, et une nouvelle armée française périt de la peste sans avoir même combattu. Le traité de Cambrai coûta à la France la prie de l'Artois et de la Flandre, sans compter une somme de deux millions d'écus d'or.
Ici se présente le Proteslantisme, d'abord favorisé par François Tr,
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qui n'était pas fâché de tirer des papes une revanche pour leurs nombreuses défections à son égard. II protégea donc les nouveaux religionnaires et en plaça môme quelques-uns dans le Collège royal qu'il venait de fonder ; il soudoya aussi en secret les protestants d'Allemagne pour créer un embarras à son heureux rival. C'était l'époque où Henri VIII, l'ancien défenseur du catholicisme romain, en devenait l'adversaire le plus implacable. Charles-Quint dénonça François 1" au pape, et, pour apaiser Rome, François ne trouva rien de mieux que de faire brûler vifs quelques protestants cl d'assister avec ses (ils à cet auto-da-fé.
Cette soumission n'empêcha pas un second envahissement de la Provence par les Impériaux. La belle défense du maréchal de Montmorency les força de se retirer avec de grandes pertes. Vint ensuite le jour où Charles-Quint eut besoin de traverser la France pour aller châtier les (ianlois révoltés. La loyauté de François 1" fut parfaite, mais fut-elle habile? Ne fut-ce pas aussi une faute d'avoir attendu |K)ur reprendre la guerre que Charles fût revenu de sa désastreuse ex|>édilion contre Alger?
Le traité de Crépy termina trente ans d'une lutte à peu près sans résultats, puisque l'empire de Charles-Quint demeurait debout dans sa grandeur colossale.
François I", pour qui le royaume avait fait tant de sacrifices et la noblesse versé sans murmure le plus pur de son sang, mourut à Rambouillet le 31 mars 1547. Son principal mérite, aux yeux de la postérité, est de s'être déclare le protecteur des arts et des lettres, suivant l'exemple si l>eau que lui donnait Léon X. Il sut apprécier et attirer les hommes de génie qui, à cette époque féconde, illustraient l'Italie . Il défendit même contre la fureur des parlements les savants soupçonnés d'hérésie, et étendit son indulgence aux Vaudois de Mérindol, dont la destruction était déjà décrétée. Clément Ma rot eut part à ses faveurs, car François aimait la poésie ot se piquait de composer des vers. On sait aussi quel accueil ce souverain lit a Léonard de Vinci et à Primatice. Il a élevé les châteaux de Chambord, de Fontainebleau, de Madrid, cl commencé le Louvre, qui ne devait être terminé qu'au bout de trois siècles.
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