CLÉMENT MAROT
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C'est à Clément Marol qu'appartient l'honneur d'avoir jusqu'à un certain \nm\i iixé les règles d'une poésie qui allait à l' aventure, cl surtout d'avoir cm* le genre à la fois gracieux et naïf où il a excellé.
Il fut heureux pour lui de n être aucunement initié aux lettres grecques et latines, et d'échapper par son ignorance à cette recherche |>édantesquc, à ce néologisme dont Konsard hérissa ses vers, au point d'en rendre la lecture presque inintelligible pour quiconque n'y était pas préparé par de fortes études classiques. La langue que Marol écrivit était un résumé, ou pour mieux dire un miel qu'il recueillait dans les entretiens des dames de la cour. Marguerite de Navarre, qui lui octroya sa bénigne faveur et lui inspira en échange ses meilleures poésies, ne fut pas sans exercer une inlluence marquée sur ce génie tout français. Ainsi peut-être les bons vers de cet auteur vraiment national ont-ils vécu précisément par ce cachet de grâce non imitée, de naturel et de facilité aimable, que leur a donné une inspiration libre.
Il eût été à souhaiter pour Clément Marol qu'il bornât son rôle à rimer ses jolies petites pièces et à jouir en paix de la protection du roi et de celle de sa sœur, sans se jeter à travers les intrigues de la cour et le mouvement tumultueux «le la réforme. Mais le |>oëtc de Cahors avait L'allure trop indépendante pour se mettre en jieine des conséquences de ses actions, lui qui, dans sa première jeunesse et avant d'entrer comme page chez M. de Yilleroy, s'était engagé dans la joyeuse troujK* des Enfants sans souci, les comédiens de ce lemps-là. Il se trouva à la bataille de Pavieet s'y comporta bravement, aux côtés de François I", avec qui il eut l'honneur d'être fait prisonnier. Ainsi il avait gagné, l'éjtée à la main, ses litres de noblesse. Mais à peine étaît-il revenu à Paris, qu'il s'avisa de tromper dans les conciliabules