‹ Les célebrités françaisesChapitre 50 sur 208 · RABELAIS · texte numérisé non relu

RABELAIS

avait assez tàtéduChfttelet. La cour de Navarre le reçut fugitif ; mais bientôt Clément, ne se croyant pas en sûreté môme auprès de Marguerite, alla jusqu'en Italie demander un asile à la duchesse de Ferrare, Renée de France, fille de Louis XII. C'est là qu'il connut Calvin .

La bonté de François I" lui fournit encore le moyen de revenir à Paris, où deux méchants poètes, Sagon et la Huélerie, ameutèrent contre lui les anciennes haines du clergé et de la magistrature. Ce nouvel ouragan fut d'une telle violence, qu'il emporta le poète, désormais seul contre tout le monde avec ses épigrammes, qui lui avaient attire l'inimitié dangereuse de Diane de Poitiers, jadis encensée par lui.

Abandonné par le roi, qui peut-être était las de protéger celui qui n'avait pas su se sauvegarder lui-môme, Clément reprit le chemin de l'exil, et alla successivement de Savoie à Genève, où la légèreté de ses mœurs choqua le rigorisme religieux, et de Genève à Turin, où il mourut dans la pauvreté, n'ayant guère que cinquante ans.

Ses poésies ont un tour si aisé, un ton si aimable, qu'on les relit avec autant de plaisir que si elles dataient de la veille : la langue de Marot n'a presque pas vieilli, parce que le sens fait comprendre l'expression.

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