AMYOT
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Ou pense généralement que Jacques Atnyol eut pour berceau l'humble logis d'un corroyeur, dans la bonne ville de Melun; d'autres disent qu'il fut le lils d'un petit mercier. La passion de l'élude le prit dès ses plus jeunes années; il nous semble le voir assis sur un escabeau, ayant près de lui une écritoire de plomb et déchiffrant du grec; car il fut son premier maître. Aucune main exercée n'avait soulevé devant lui le voile qui couvrait ses yeux ; mais il sentait bien ce qui lui manquait, et, s'il n'avait point parcouru le champ de l'intelligence, ce n'était pas foule de l'avoir mesuré.
On rapporte que, s'élant rendu coupable d'un petit délit, et craignant une correction, il s'enfuit de la maison paternelle. Nous croyons plutôt qu'il obéit à celle voix instinctive qui lui criait : « C'est à Paris que tu trouveras le savoir. »
Il marcha d'abord courageusement, étouffant en lui le regret cl le remords ; mais la roule était longue, les ressources manquaient au fugitif. Il s'égara el se trouva un jour dans les plaines de la Beauce; or, comme la faim l'avait tué à moitié, il advint qu'un gentilhomme, qui passait par là, eut compassion de lui, le mit en croupe et le pria à l'hospice d'Orléans. Amyot, soigné el guéri de son épuisement, sortit de l'hôpital avec seize sous qu'on lui mil dans la poche, el s'en vint à Paris. 11 allait y trouver une nouvelle misère, mais une misère studieuse ; sa première affaire fut de voler là où il était appelé par les cours de grec, de latin, de mathématiques. Il parlait de grand matin pour assister aux leçons; l'œil tendu sur le professeur, il sem-